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   <title>L'ALSACIEN</title>
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   <description>Escorteur Rapide, L'ALSACIEN, g&#233;n&#233;alogie</description>
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   <managingEditor>pierre.evelyne@orange.fr (Pierre MARTIN)</managingEditor>
   <webMaster>pierre.evelyne@orange.fr (Pierre MARTIN)</webMaster>
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     <title>Les Marsouins - par Pierrot le 07/02/2008 @ 01:10</title>
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     <description>Les Marsouins Tout le monde conna&#238;t le soldat d'infanterie de marine. Petit, trapu, le teint bronz&#233; par le soleil des colonies, il porte un uniforme des plus pratiques: K&#233;pi bleu, vareuse bleu fonc&#233;, le pantalon bleu clair, &#224; passe poil rouge, les &#233;paulettes jaunes. Dans la plupart des colonies, le k&#233;pi est remplac&#233; par le casque colonial, recouvert de toile blanche, en forme de champignon et import&#233; de Cochinchine. Le soldat d'infanterie de marine, le marsouin, comme le d&#233;signent nos troupiers dans leur langage, est un soldat &#224; part. Grave silencieux, r&#233;fl&#233;chi, comme un homme qui a vu les quatre parties du monde, rien ne l'&#233;tonne, rien ne l'&#233;meut.L'infanterie de marine regorge d'engag&#233;s volontaires : des ambitieux jaloux d'&#233;changer promptement les galons de laine contre l'&#233;paulette d'or, des faubouriens qui ont voulu voir du pays. On y trouve de tout: des m&#233;decins, des artistes, des peintres, des avocats.Le costume des officiers est le m&#234;me que celui des soldats. La plupart sont jeunes : on avance vite dans ce corps d'&#233;lite o&#249; les fi&#232;vres coloniales font encore plus de ravages que les balles ennemies. A trente ans, on est capitaine ou on est mort.L'origine de ce corps est des plus ancienne. En 1622, Richelieu cr&#233;a sous le nom de Compagnies ordinaires de la mer, cent compagnies destin&#233;es &#224; servir en mer. Supprim&#233;e sous le premier Empire, l'infanterie de marine fut reconstitu&#233;e par la Monarchie de Juillet et port&#233;e &#224; quatre r&#233;giments dont les &#233;tats majors sont &#233;tablis &#224; Cherbourg, Brest, Rochefort et Toulon.Sous le second Empire, elle s'est comport&#233;e de fa&#231;on la plus brillante et la plus glorieuse.En 1854, les soldats d'infanterie de marine prennent part &#224; la prise de Bomarsund, et leurs fusils font taire les carabines ray&#233;es des redoutables tirailleurs finlandais.Pendant le si&#232;ge de S&#233;bastopol, les &amp;quot;marsouins&amp;quot; partagent dans les tranch&#233;es les p&#233;rils et les fatigues de l'arm&#233;e de terre. A l'attaque des ouvrages blancs, en f&#233;vrier 1855, la brigade du vaillant g&#233;n&#233;ral Monet, qui, un instant cern&#233; par les troupes russes, sut s'ouvrir un passage &#224; la ba&#239;onnette, &#233;tait compos&#233;e de soldats d'infanterie de marine et des zouaves du 2&#232;me r&#233;giment.En 1859, &#224; la prise de Canton, c'est un sergent-major, M. des Palli&#232;res, qui p&#233;n&#232;tre le premier les rangs ennemis.En 1860, &#224; l'exp&#233;dition de Chine, les marsouins traversent les rizi&#232;res du P&#235;-Ho sous le feu d'innombrables ennemis et plantent l'&#233;tendard de la France sur les retranchements chinois.Au S&#233;n&#233;gal, pendant 20 ann&#233;es, d&#233;cim&#233;s par les fi&#232;vres, se battant journellement contre les naturels du pays, les soldats de ce corps d'&#233;lite assurent la possession de cette colonie &#224; la France.Au pont de marbre de Paliko, ils dispersent les &amp;quot;tigres&amp;quot; de la cavalerie tartare, entrent les premiers dans P&#233;kin et dans le Palais-d'Et&#233;, o&#249; ils enl&#232;vent le costume de guerre du Fils du Ciel, qui fut offert &#224; Napol&#233;on III.C'est au S&#233;n&#233;gal que le vaillant colonel Faron conquit son grade de g&#233;n&#233;ral au pris de plus de vingt blessures dont son corps &#233;tait litt&#233;ralement cribl&#233;. C'est ce m&#234;me g&#233;n&#233;ral qui commandait, en 1870, &#224; la bataille de Champigny, la division qui enleva &#224; la ba&#239;onnette le village de Petit-Bry aux saxons et aux Wurtembergeois.Au Mexique, les &amp;quot;marsouins&amp;quot; prirent part, en 1862, &#224; la premi&#232;re attaque de Puebla, et se firent d&#233;cimer sous les murs du fort Guadalupe.En Cochinchine, chaque pli de terrain enlev&#233; aux Annamites est marqu&#233; par le sang de ces valeureux soldats.En 1870, lors de nos premiers revers, l'infanterie de marine fut appel&#233;e &#224; Ch&#226;lons et forma une division du 12&#232;me corps. Point n'est besoin de rappeler l'h&#233;ro&#239;que combat de Bazeilles o&#249; ces braves gens tinrent t&#234;te, pendant deux jours, &#224; l'arm&#233;e enti&#232;re des Bavarois, &#224; laquelle ils tu&#232;rent plus d'hommes qu'ils ne comptaient eux-m&#234;mes de combattants.Chacun conna&#238;t l'immortel tableau &amp;quot;Les Derni&#232;res Cartouches&amp;quot; du peintre de Neuville. Cet &#233;pisode vrai de Bazeilles eut lieu dans la maison de Bourgerie, sur la route de Balan. Ces quelques h&#233;ros avaient &#224; leur t&#234;te un chef de bataillon d'infanterie de marine.Plus tard, &#224; l'arm&#233;e du Nord, les &amp;quot;marsouins&amp;quot; firent merveille &#224; Bapaume, &#224; Pont-Noyelles et &#224; Saint-Quentin, et, pendant le second si&#232;ge de Paris, ce fut encore eux qui enlev&#232;rent le P&#232;re-Lachaise, le dernier refuge des bandes de la Commune.De nos jours, une poign&#233;e de &amp;quot;marsouins&amp;quot; a su &#233;touffer la redoutable r&#233;volte des Canaques, et quelques compagnies ont enlev&#233; &#224; la ba&#239;onnette les multiples fortifications de Hu&#233;, en Cochinchine.Enfin, dans les exp&#233;ditions du Tonkin, du Dahomey et de Madagascar, nos braves &amp;quot;marsouins&amp;quot; ont fait admirer &#224; la g&#233;n&#233;ration pr&#233;sente leur vaillance pouss&#233;e jusqu'&#224; la t&#233;m&#233;rit&#233;, ainsi que leur merveilleuse endurance. C'est &#224; tous &#233;gards, un corps d'&#233;lite, o&#249; chefs et soldats se valent. </description>
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     <title>Historique g&#233;n&#233;ral - par Pierrot le 07/02/2008 @ 00:57</title>
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     <description>HISTORIQUE GENERALQuelle est l'origine de la marine? Quels hommes hardis ont os&#233; les premiers confier leur vie aux flots sur des navires plus qu'imparfaits? La question est difficile &#224; r&#233;soudre. Quoi qu'il en soit, les gal&#232;res commenc&#232;rent &#224; &#234;tre en usage vers l'an 600 avant J.C.. Les Ph&#233;niciens, les Ath&#233;niens, les Corinthiens, les Rodhiens, les Carthaginois ont pass&#233; tour &#224; tour pour les meilleurs marins. Th&#233;mistocle confia le sort de sa patrie &#224; des murailles de bois et sauva la Gr&#232;ce &#224; Salamine. Carthage mena&#231;a Rome et la fit trembler ; c'est alors que la ma&#238;tresse du monde cr&#233;a une marine sans autre raison que sa haine contre ses ennemis. La France est un des Etats les plus avantageusement situ&#233;s pour la navigation. Baign&#233;e au nord et au couchant par l'Oc&#233;an, au midi par la M&#233;diterran&#233;e, elle peut porter son commerce et ses armes par toute la terre. Ses c&#244;tes sont garnies d'excellents ports, de places commodes, de rades s&#251;res.A cette situation se joignent beaucoup d'autres avantages : notre pays produit avec abondance toutes les choses n&#233;cessaires &#224; la construction, &#224; l'armement, &#224; l'&#233;quipement des vaisseaux. Les historiens grecs et latins parlent avec &#233;loges de la navigation des Gaulois. Sidoine Apollinaire, &#233;v&#234;que de Clermont, vers l'an 472, &#233;crit : Chez les Gaulois, chaque matelot est aussi adroit et aussi instruit que les meilleurs pilotes des autres nations. S'il faut en venir &#224; l'abordage, ils ont saut&#233; dans le vaisseau ennemi et renvers&#233; ceux qui se pr&#233;sentent &#224; eux avant qu'on ait le temps de se pr&#233;parer &#224; la d&#233;fense. Poursuivent-ils un vaisseau, quelque bon voilier qui soit, ils s'en emparent infailliblement. Oblig&#233;s de battre en retraite, ils mettent tant d'ensemble de hardiesse dans les manoeuvres, qu'on ne peut leur reprocher la honte de la fuite. En un mot, on dirait qu'ils se jouent des vents, des flots et de la mort m&#234;me.Lorsque les Romains eurent conquis la Gaule, les Gaulois soumis ne furent plus ce qu'avaient &#233;t&#233; les Gaulois libres, la marine fut longtemps n&#233;glig&#233;e dans les Gaules, qui prirent plus tard le nom de France. Les audacieux pirates du Nord, connus sous le nom de Northmands (ou Normands) ne pouvant tirer leur subsistance des terres arrides qu'ils habitent, la cherchent dans la p&#234;che, parcourent d'abord les mers qui les environnent, s'enhardissent et avancent au-del&#224;. Quelques-uns osent descendre sur les c&#244;tes qu'ils rencontrent et les pillent. Le butin avec lequel ils retournent dans leur pays excite la cupidit&#233; de leurs compatriotes ; ces barbares forment des associations, &#233;quipent des vaisseaux, se r&#233;pandent de tous c&#244;t&#233;s, pillent les marchands, ravagent toutes les c&#244;tes maritimes et bravent m&#234;me la puissance des Romains.Charlemagne parut ; ce grand homme, malgr&#233; les embarras que lui causait la guerre contre diff&#233;rentes nations, sut &#233;tablir une marine, mettre les c&#244;tes de son empire &#224; l'abri des invasions et des ravages ; il fit r&#233;parer les anciens ports, en ouvrit de nouveaux, s'attacha par des bienfaits les plus habiles marins de son temps, entretint des vaisseaux gardes-c&#244;tes bien &#233;quip&#233;s et bien arm&#233;s. A l'entr&#233;e de chaque fleuve, il fit &#233;lever une tour, du sommet de laquelle le gardien qui apercevait une voile suspecte devait donner l'alarme, afin que des gens de guerre et matelots se r&#233;unissent pour d&#233;fendre l'acc&#232;s du pays. Craignant d'&#234;tre mal servi par des ministres infid&#232;les ou peu &#233;clair&#233;s, il parcourait ses Etats et visitait les c&#244;tes. Le moine de Saint-Gall, qui a &#233;crit la vie de Charlemagne, dit que ce prince &#233;tant un jour dans une ville maritime du Languedoc, aper&#231;ut d'une des fen&#234;tres de son palais plusieurs vaisseaux qui cherchaient &#224; aborder. Les courtisans les prirent pour des vaisseaux marchands, mais Charlemagne n'y fut pas tromp&#233; ; il dit que c'&#233;taient des corsaires venus du Nord et qu'ils avaient plus d'armes que de marchandises. Les chaloupes qu'on envoya &#224; la d&#233;couverte vinrent annoncer que c'&#233;taient effectivement des corsaires ; mais les mouvements qu'ils virent faire sur le rivage, leur firent conna&#238;tre qu'on se tenait sur ses gardes, que l'Empereur &#233;tait l&#224; ; ils n'os&#232;rent descendre et prirent le large.Charlemagne dit alors en versant des larmes : &amp;quot;Si ces gens-l&#224; osent, moi vivant menacer nos provinces, que ne feront-ils pas apr&#232;s ma mort !&amp;quot; Ses successeurs n'eurent ni son g&#233;nie, ni ses talents : tout languit, tout se ruina entre leurs mains ; les ouvrages qu'il avait &#233;bauch&#233;s rest&#232;rent imparfaits, les projets qu'il avait form&#233;s furent abandonn&#233;s. On vit alors les Normands remonter la Seine, piller et ravager la France jusqu'&#224; Paris, qu'ils os&#232;rent m&#234;me assi&#233;ger.Ces barbares n'annon&#231;aient leur marche que par le feu, le sang et le carnage, ils jetaient partout la consternation et la terreur. Les rois, tremblants sur leur tr&#244;ne, rendaient des ordonnances pour obliger les peuples &#224; d&#233;fendre les c&#244;tes, personne n'ob&#233;issait ; il fallut enfin traiter avec des ennemis si redoutables, se soumettre aux conditions qu'ils imposaient et leur c&#233;der une partie du royaume pour conserver l'autre. On les laissa s'&#233;tablir dans la Neustrie, qui, de leur nom, s'appela Normandie. Charles le Simple s'arr&#234;ta au seul parti qui p&#251;t mettre fin aux maux de l'invasion. Il offrit au chef des Normands, Rollon, la main de sa fille Gis&#232;le et la souverainet&#233; h&#233;r&#233;ditaire de tout le pays situ&#233; entre la rivi&#232;re d'Epte et la Bretagne, &#224; la condition de devenir chr&#233;tien et de vivre en paix avec le royaume. Le trait&#233; fut sign&#233; en 911 et Rollon re&#231;ut au bapt&#234;me le nom de Robert. La conversion de Rollon eut pour la Normandie les m&#234;mes effets que la conversion de Clovis pour la Gaule enti&#232;re : elle attacha les Normands au sol qu'ils avaient conquis, adoucit leurs moeurs et pr&#233;para leur assimilation compl&#232;te avec les vaincus. Sous l'administration vigoureuse et inttelligente du Duc &amp;quot; Robert &amp;quot; la Normandie devint bient&#244;t la province la plus florissante du royaume. Guillaume le Conqu&#233;rant, qui &#233;tait de race normande, aborda en Angleterre avec 3000 b&#226;timents, dont plus de 500 barques arm&#233;es en guerre. On sait qu'au moment o&#249; il touchait la terre anglaise il tomba et toucha le sol de ses deux mains. L'arm&#233;e regardait cette chute comme un mauvais pr&#233;sage; mais le rus&#233; Normand se releva et dit d'une voix forte : &amp;quot; Je prend possession de ma terre, et, avec l'aide de Dieu et la v&#244;tre, mes amis, je l'aurai bient&#244;t conquise. &amp;quot; Guillaume ne se trompait pas, bient&#244;t il se rendit ma&#238;tre de l'ile enti&#232;re. Sous le r&#233;gime f&#233;odal, les rois de France eurent peu de marine. Philippe Auguste fut oblig&#233; d'emprunter une flotte aux G&#233;nois pour la premi&#232;re croisade. La d&#233;couverte de la boussole, qu'on fait remonter &#224; cette &#233;poque, contribua beaucoup &#224; faciliter les exp&#233;ditions lointaines, en donnant de la hardiesse aux navigateurs qui ne craignaient plus autant de perdre les c&#244;tes de vue. La rivalit&#233; qui s'&#233;tablit entre la France et l'Angleterre, la haine qu'elle excita entre les deux nations alluma de nombreuses et sanglantes guerres. On se battit sur mer, on fit des prodiges de valeur, mais les Fran&#231;ais, ou moins habiles ou moins heureux, eurent souvent le d&#233;savantage. Charles V dit le Sage, ferme au milieu des plus grandes temp&#234;tes, se raidissant contre les difficult&#233;s, prouva qu'avec du courage et du g&#233;nie on peut se mettre au dessus des revers. Pour arr&#234;ter les efforts des Anglais, il r&#233;solut d'&#233;quiper une flotte formidable, fit alliance avec le roi de Cas&#173;tille qui lui fournit des vaisseaux, confia le soin de sa marine &#224; Jean de Vienne, d'une des plus anciennes familles de la Bourgogne, et lui donna la dignit&#233; d'amiral de France. Quand mourut Charles V, les Fran&#231;ais &#233;taient ma&#238;tres de la mer. Charles VI, tomb&#233; en d&#233;mence, hors d'&#233;tat de se conduire lui-m&#234;me, ne put achever ce qui avait &#233;t&#233; commenc&#233; pour la marine. Le royaume &#233;tait affaibli par l'incapacit&#233; du ma&#238;tre, d&#233;chir&#233; par les intrigues et les brigues, les Anglais en avaient conquis une partie, sa ruine semblait &#234;tre certaine, lorsque l'h&#233;ro&#239;que Jeanne d'Arc, la vierge inspir&#233;e de Dieu, vint relever les courages abattus et mit en fuite les Anglais si souvent vainqueurs. Charles VII rentra dans sa capitale. mais, uniquement pour songer &#224; la marine. Pourtant, sous son r&#232;gne, le c&#233;l&#232;bre commer&#231;ant fran&#231;ais, Jacques Coeur, envoya ses vaisseaux dans presque toutes les parties du monde alors connu ; ses b&#226;timents &#233;changeaient des marchandises, et le commerce maritime commen&#231;a &#224; devenir pour la France une source de richesses. Plus tard, le c&#233;l&#232;bre armateur de Dieppe, Jean Ango, fit construire &#224; ses frais une v&#233;ritable flotte et en envoya la moiti&#233; aux Indes et l'autre en Am&#233;rique pour y faire le commerce. Il acquit une fortune colossale et put rivaliser avec les rois. Il tira vengeance des insultes faites par les Portugais &#224; plusieurs de ses navires ; il bloqua le port de Lisbonne et ne cessa ses hostilit&#233;s que lorsqu'ils eurent envoy&#233; un ambassadeur en France pour obtenir la paix. (Il vivait sous Fran&#231;ois 1er.)La marine se ranima sous Charles VIII ; ce prince voulut revendiquer ses droits sur le royaume de Naples, il fit sortir de ses ports une flotte de soixante-dix-sept vaisseaux, dix-huit gal&#232;res et plusieurs autres b&#226;timents ; elle &#233;tait command&#233;e par le duc d'Orl&#233;ans. Ce prince fit des conqu&#234;tes rapides mais infructueuses, il fut oblig&#233; de revenir en France apr&#232;s avoir d&#233;pens&#233; des sommes immenses et perdu beaucoup de monde. Louis XII voulut continuer les projets de Charles VIII contre l'Italie, il mit une flotte formidable sur la M&#233;diterran&#233;e, mais elle fut inutile parce qu'il n'y avait sur cette mer aucun vaisseau ennemi. Bient&#244;t Henri VIII, roi d'Angleterre, d&#233;clara la guerre &#224; la France, il envoya vers nos c&#244;tes une flotte consid&#233;rable dont il confia le commandement &#224; l'amiral &#201;douard Howard. L'amiral anglais ayant entendu raconter des merveilles d'un marin breton, appel&#233; Pr&#233;gent de Bidoux, g&#233;n&#233;ral des gal&#232;res, voulut se mesurer avec lui. Lorsqu'il l'eut rencontr&#233; et fut &#224; sa port&#233;e, il s'&#233;lan&#231;a avec dix-sept hommes seulement, sur la gal&#232;re que montait Pr&#233;gent. Les deux gal&#232;res furent attach&#233;es l'une et l'autre par un c&#226;ble ; mais ce lien ayant &#233;t&#233; coup&#233;, sans qu'on s&#251;t par qui, l'embarcation qui avait amen&#233; l'amiral anglais s'&#233;loigna, pendant que les deux adversaires com&#173;men&#231;aient la lutte. Elle fut terrible. Howard se d&#233;fendit avec fureur; Pr&#233;gent l'ayant plusieurs fois terrass&#233;, lui offrit la vie ainsi qu'&#224; ses matelots. Il la refusa et voulut recommencer le combat ; mais ses hommes, cribl&#233;s de blessures, se jet&#232;rent &#224; la mer, et lui-m&#234;me les y suivit, en appelant sa gal&#232;re d'un coup de son sifflet de commandement. Elle ne put ob&#233;ir, et l'amiral p&#233;rit dans les flots.Le roi d'Angleterre jura de tirer vengeance de la mort de son de son amiral, et, quatre mois apr&#232;s, le 10 ao&#251;t 1513, les flottes des deux nations ennemies se trouv&#232;rent &#224; la hauteur de Saint-Mah&#233; ou Saint-Mathieu en Basse-Bretagne. La flotte anglaise, forte de quatre-vingts vaisseaux, attaqua celle de France, qui n'&#233;tait que de vingt. Les Fran&#231;ais suppl&#233;&#232;rent au nombre par le courage et l'adresse ; ils avaient l'avantage du vent, all&#232;rent ainsi &#224; l'abordage et coul&#232;rent &#224; fond plus de la moiti&#233; des vaisseaux ennemis. L'intr&#233;pide Herv&#233; de Portzmoguer, appel&#233; aussi Primauguet, l'un des plus braves capitaines de toute la Bretagne, montait la Cordeli&#232;re. Ce vaisseau, construit &#224; Morlaix par les ordres de la reine de France, Anne de Bretagne, &#233;tait si grand qu'il pouvait contenir douze cents soldats, outre l'&#233;quipage. Il fut attaqu&#233; par douze vaisseaux anglais, se d&#233;fendit avec un courage qui tenait de la fureur, coula &#224; fond plusieurs vaisseaux ennemis et &#233;carta les autres. Un capitaine anglais osa s'en approcher et y mit le feu. Primauguet pouvait se sauver dans une chaloupe, comme faisaient la plupart des officiers et des soldats; mais cet homme valeureux ne voulut pas survivre &#224; la perte de son b&#226;timent, il ne songea qu’&#224; vendre cher sa vie et &#224; &#244;ter aux Anglais le plaisir de jouir de la d&#233;faite des Fran&#231;ais. Soudain, dit M. L&#233;on Gu&#233;rin, la Corde&#173;li&#232;re avise la R&#233;gente, de mille tonneaux, sur laquelle Thomas Knevet, &#233;cuyer de Henri VIII, remplissait les fonctions de vice-amiral d'Angleterre ; comme un volcan flottant, va sur elle, vaste torche incendiaire, impitoyablement l'accroche et la rev&#234;t de sa robe enflamm&#233;e. La poudri&#232;re de la R&#233;gente saute, et avec elle le vaisseau ennemi, celui qui le commande, et des milliers de membres br&#251;l&#233;s et en lambeaux, tandis que la Cordeli&#232;re, satisfaite et superbe dans son d&#233;sastre, &#233;clate aussi, et, comme une trombe de feu et de fum&#233;e, s'&#233;vanouit dans les flots, avec son immortel capitaine Portzmoguer, qui, de la hune, s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233; tout arm&#233; dans la mer. Plus de trois mille hommes p&#233;rirent dans cette action.Les vaisseaux de Dieppe couraient un grand danger, quand ils furent secourus fort &#224; propos par trois ou quatre b&#226;timents du Croisic, qui donn&#232;rent la chasse &#224; l'ennemi. La flotte anglaise prit la fuite et fut poursuivie jusque sur les c&#244;tes d'Angleterre, o&#249; l'illustre Pr&#233;gent de Bidoux op&#233;ra une nouvelle descente aussi glorieuse que la pr&#233;c&#233;dente.Fran&#231;ois 1er forma aussi des projets sur l'Italie et fit des pr&#233;paratifs formidables pour conqu&#233;rir le royaume de Naples ; on sait quelles furent les suites de cette entreprise. Ce prince essaya de r&#233;g&#233;n&#233;rer la marine, il parvint &#224; r&#233;unir un certain nombre de gal&#232;res dont il donna le commandement &#224; Doria le plus c&#233;l&#232;bre marin de son temps, celui-ci battit plusieurs fois la flotte de Charles-Quint. En 1534 et 1535, un simple matelot de Saint-Malo, Jacques Cartier, prit possession du Canada au nom du roi de France. Fran&#231;ois 1er fit creuser le Havre de Gr&#226;ce, aujourd'hui Le Havre.Henri II entretint une flotte assez consid&#233;rable sur la M&#233;diterran&#233;e et sur l'Oc&#233;an, il reprit Boulogne dont les Anglais s'&#233;taient empar&#233;s. La marine de France commen&#231;ait &#224; &#234;tre formidable ; les Fran&#231;ais trafiquaient en Afrique, en Am&#233;rique et apprenaient l'art de naviguer ; ils seraient devenus redoutables sur mer si les funestes guerres de religion n'&#233;taient venues d&#233;truire notre marine. A cette &#233;poque, Philippe II, roi d'Espagne, donna cette instruction secr&#232;te &#224; son fils Philippe III en ses termes: &#171;&#160; Ne vous laissez point entamer sur la navigation des deux Indes, la s&#251;ret&#233; de vos &#201;tats, votre propre r&#233;putation en d&#233;pendent. La France ne doit vous causer aucun ombrage ; d&#233;chir&#233;e au dedans, impuissante au dehors, elle n&#233;glige enti&#232;rement les affaires de la mer : mais d&#233;fiez-vous des Anglais, craignez les rebelles des Pays-Bas. Eux seuls ont le d&#233;sir et le pouvoir de vous nuire. &#187;Henri IV, toujours occup&#233; des guerres intestines de son royaume, ne put r&#233;tablir la marine en France ; il en sentait cependant l'importance. Ce roi chargea le pr&#233;sident Jeannin, qui passait, aupr&#232;s des Etats g&#233;n&#233;raux, en qualit&#233; d'ambassadeur extraordinaire, de prendre de justes &#233;claircissements sur la marine et d'amener avec quelques officiers qui eussent fait des voyages de long cours. On voit, dans le Recueil des n&#233;gociations de ce sage ambassadeur, mesures qu'il prit pour remplir les intentions de son ma&#238;tre. On voit encore, dans les Economies royales et politiques de Maxi&#173;milien de B&#233;thune, duc de Sully, que la marine de France &#233;tait r&#233;duite &#224; un tel degr&#233; de faiblesse que cette monarchie ne pouvait se venger des outrages qu'on osait lui faire. Sully se rendit &#224; Calais pour passer en Angleterre avec des instructions secr&#232;tes; il s'embarqua sur le vaisseau de M. de Vic, vice-amiral et gouverneur de cette place. Deux fl&#251;tes anglaises vinrent au devant de lui, comme par honneur, et pour le conduire &#224; Londres ; mais les officiers anglais voulurent, avant de le recevoir, que M. de Vic baiss&#226;t son pavillon, pour rendre, disaient-ils, &#224; celui de leur ma&#238;tresse l'honneur qui &#233;tait d&#251; &#224; la Souveraine mer. Les circonstances oblig&#232;rent l'ambassadeur et 1e vice-amiral &#224; subir cette injonction dure et humiliante. Henri IV fut enfin dans une si grande disette de vaisseaux que le cardinal de Richelieu dit &#224;, Louis XIII, son fils, que le feu roi son p&#232;re n'en avait pas un seul &#224; sa disposition. Le grand cardinal ressuscita la marine. Ayant achet&#233; de Henri de Montmorency la dignit&#233; de grand amiral (1626), il se mit &#224; la t&#234;te de la marine sous le titre de grand ma&#238;tre surintendant de la navigation. Il activa la construction des vaisseaux, eut bient&#244;t deux flottes sur l'Oc&#233;an et sur la M&#233;diterran&#233;e, &#233;tablit &#224; Brouage, au Havre et &#224; Marseille des fonderies de canons, cr&#233;a en r&#233;alit&#233; le port de Brest, institua dans tous les ports des &#233;coles gratuites de pilotes, institua le r&#233;giment royal des vaisseaux (1639) et fixa l'organisation des &#233;quipages (1641). Apr&#232;s la mort de Richelieu, la marine d&#233;clina sous Mazarin. Louis XIV comprit de quelle utilit&#233; la marine &#233;tait pour la France, et il en fit un des principaux objets de son attention la marine contribua pour une large part aux succ&#232;s &#233;clatants qu'il obtint pendant le cours de son r&#232;gne glorieux. Des ports furent r&#233;par&#233;s, des vaisseaux de guerre furent construits de toutes parts, soixante mille matelots furent enr&#244;l&#233;s, des compagnies de gardes-marines furent &#233;tablies. Louis XIV visita lui-m&#234;me les ports. La France seule r&#233;sista aux arm&#233;es navales de l'Espagne, de l'Anglettere, de la Hollande r&#233;unies pour l'&#233;craser, et souvent elle les battit. Ajoutons encore que sous l'administration de Colbert, on cr&#233;a des arsenaux &#224; Rochefort, &#224; Brest, &#224; Toulon ; on fortifia le Havre et Dunkerque ; le canal du Languedoc mit en communication l'Oc&#233;an et la M&#233;diterran&#233;e ; la marine marchande fut encourag&#233;e&#160;; &#160;la compagnie des Grandes Indes et celle des Indes furent fond&#233;es; la marine militaire de la France tint sous ce r&#232;gne un haut rang dans le monde.Sous Louis XV, la marine tomba en pleine d&#233;cadence ; la fin du r&#232;gne de ce prince fut attrist&#233;e par de nombreux d&#233;sastres.Louis XVI fit tous ses efforts pour relever notre marine. On commen&#231;a le port de Cherbourg, on creusa les ports de Bouc et de Port-Vendres; ceux de La Rochelle, du Havre, de Dieppe et de Dunkerque furent am&#233;lior&#233;s. On construisit des navires sur tous les chantiers. Les amiraux d'Orvilliers, de Grasse, d'Estaing, et le Bailli de Suffren, Lamotte-Piquet port&#232;rent haut notre pavillon, surtout dans la guerre de l'Ind&#233;pendance de l'Am&#233;rique ; enfin Bou&#173;gainville et La P&#233;rouse firent leurs d&#233;couvertes &#224; jamais c&#233;l&#232;bres.La R&#233;publique n'eut pas le temps de s'occuper de la marine, d&#233;sorganis&#233;e par l'&#233;migration de la plupart des officiers, et, par malheur, l'Angleterre nous opposa Nelson, un de ses plus grands hommes de mer. Aussi, sauf &#224; Alg&#233;siras, notre flotte n'&#233;prouv&#226;t-elle alors que des revers &#224; peu pr&#232;s constants, dont le plus terrible fut celui d'Aboukir.L’Empire ne fut pas plus heureux. Le d&#233;sastre de Trafalgar (1805) porta &#224; notre flotte un coup dont elle ne put se relever. Toutefois, Napol&#233;on ordonna de construire des navires dans diff&#233;rents ports, fit am&#233;liorer les ports de Dieppe, Calais, Graveline, Dunkerque, ainsi que les ports &#233;trangers, alors en notre pouvoir : Anvers, Ostende, Flessingue, etc.Sous la Restauration, notre marine se distingua &#224; Navarin (1827), et Alger tomba en notre pouvoir (1830).Sous le r&#232;gne de Louis-Philippe, commen&#231;a &#224; s'ouvrir une &#232;re nouvelle pour la marine qui, depuis lors, a subi des transformations et a fait des progr&#232;s consid&#233;rables. Vers 1844, on commen&#231;a &#224; appliquer sur une vaste &#233;chelle la vapeur &#224; la marine militaire, et &#224; refondre tout le mat&#233;riel de construction ou d'armement des anciens vaisseaux &#224; voile. On vit peu apr&#232;s appara&#238;tre le vaisseau de ligne &#224; vapeur et &#224; grande puissance, d'abord &#224; roues, puis &#224; h&#233;lice. Le Napol&#233;on, construit par M. Dupuy de L&#244;me (1848-1852), produisit, dans notre marine, toute une r&#233;volution, et, gr&#226;ce &#224; notre flotte, celle-ci put, en 1854, franchir les Dardanelles, malgr&#233; les courants et les vents contraires qui retenaient la flotte anglaise &#224; l'entr&#233;e du d&#233;troit. On s'occupait de transformer nos vaisseaux &#224; voile en vaisseaux &#224; vapeur, lorsque apparut le b&#226;timent cuirass&#233; dont un des premiers sp&#233;cimens fut la fr&#233;gate la Gloire.La r&#233;volution accomplie dans la construction et l'armement des vaisseaux a appel&#233; forc&#233;ment de profondes modifications dans la tactique navale. Jusqu'ici aucun grand combat sur mer n'a permis de formuler des r&#232;gles pr&#233;cises &#224; ce sujet. C'est la France qui, la premi&#232;re, pendant la guerre de prim&#233;e, a employ&#233; la batterie cuirass&#233;e avec un succ&#232;s complet. Pendant la guerre de la S&#233;cession, aux &#201;tats-Unis, on a vu aux prises des b&#226;timents cuirass&#233;s, et le combat du Merrimac et du Monitor notammenta vivement pr&#233;occup&#233; les esprits.Depuis, nous ne sommes pas rest&#233;s en arri&#232;re; nous poss&#233;dons d'&#233;minents ing&#233;nieurs des constructions navales, et notre marine de guerre est une des plus consid&#233;rables du monde entier.La marine militaire fran&#231;aise a eu, de tout temps, une grande renomm&#233;e, renomm&#233;e acquise au prix des plus brillants exploits. Depuis 1848, on l'a employ&#233;e dans toutes nos exp&#233;ditions loin&#173;taines, en Chine et au Japon, sans qu'elle trouv&#226;t n&#233;anmoins l'occasion de se signaler par un grand fait de guerre. Lorsque &#233;clata, en 1870, la guerre avec la Prusse, on put croire un moment que notre marine nous serait d'une puissante utilit&#233; en allant attaquer l'ennemi sur ses c&#244;tes, et en permettant de faire une heureuse diversion ; mais, par malheur, rien n'&#233;tait pr&#234;t ; nos vaisseaux durent rester immobiles, et l'on employa &#224; la d&#233;fense du sol les marins, qui se conduisirent d'une fa&#231;on si brillante en toute occasion et se signal&#232;rent par une rare intr&#233;&#173;pidit&#233;.Nous ne relaterons pas ici les brillantes exp&#233;ditions de ces der&#173;ni&#232;res ann&#233;es, auxquelles la marine prit une grande part, elles sont pr&#233;sentes &#224; tous les esprits. Elles ont prouv&#233; que l'h&#233;ro&#239;sme de nos officiers et de nos marins n'a pas d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; : la France peut compter sur eux, au jour du danger national !Le territoire maritime de la France est divis&#233; en cinq arrondissements, dont les chefs-lieux sont plac&#233;s dans les grands ports militaires : Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon. Chacun de ces arrondissements se subdivise en sous-arrondissements. A la t&#234;te de chaque arrondissement se trouve un pr&#233;fet maritime charg&#233; de diriger tous les services de la marine compris dans sa circonscription. Il a ordinairement le rang de vice-amiral.L'arm&#233;e navale se recrute par l'inscription maritime et par les enr&#244;lements volontaires. Voici ce qu'on entend par inscription maritime. Tous les gens de mer, c'est-&#224;-dire ceux qui se livrent &#224; la p&#234;che ou &#224; la navigation, sont inscrits sur des registres sp&#233;&#173;ciaux et peuvent &#234;tre requis par l'&#201;tat, depuis l'&#226;ge de 18. ans jusqu'&#224; 50. En temps de paix, tous les inscrits maritimes &#226;g&#233;s de vingt ans doivent faire, &#224; bord des navires de l'&#201;tat, un service de trois ans, qui leur est compt&#233; comme service militaire. Le droit de p&#234;che et de navigation appartient exclusivement aux inscrits maritimes. L'arm&#233;e navale re&#231;oit aussi une part d&#233;termin&#233;e dans le contingent annuel, part r&#233;gl&#233;e de concert entre le ministre de la guerre et le ministre de la marine.Les diff&#233;rents grades de l'arm&#233;e navale correspondent aux grades de l'arm&#233;e de terre ; en voici l'&#233;num&#233;ration : vice-amiral, contre-amiral, capitaine de vaisseau, capitaine de fr&#233;gate, lieu&#173;tenant de vaisseau, enseigne de vaisseau, aspirant.Les hommes de l'&#233;quipage et les sous-officiers portent les noms de : mousse ou apprenti-marin, novice, matelot, quartier-ma&#238;tre, second-ma&#238;tre, ma&#238;tre, premier-ma&#238;tre.</description>
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     <title>Tourville - par Pierrot le 07/02/2008 @ 00:52</title>
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     <description>Anne Hilarion de Cotentin, comte de Tourville, naquit en 1642, au ch&#226;teau de Tourville en Normandie. Plusieurs de ses anc&#234;tres servirent l'Etat avec distinction. Ayant eu le malheur de perdre son p&#232;re &#224; l'&#226;ge de cinq ans, ce fut sa m&#232;re, Lucie de La Rochefoucault, femme de m&#233;rite et du plus noble caract&#232;re, qui prit soin de son &#233;ducation et d&#233;v&#233;loppa en lui ses talents naturels et les plus belles qualit&#233;s de coeur.Il fut re&#231;u chevalier de Malte &#224; quatorze ans; mais il n'en fit pas les voeux, quoiqu'il e&#251;t fait, suivant l'antique usage, ses caravanes maritimes avec beaucoup de distinction. Il s'embarqua &#224; dix-huit ans sur une fr&#233;gate de Marseille, command&#233;e par le chevalier d'Hocquincourt. A peine sortis du port, ils rencontr&#232;rent des corsaires alg&#233;riens. Ceux-ci saut&#232;rent &#224; l'abordage, mais furent si rudement re&#231;us qu'ils se h&#226;t&#232;rent de quitter la partie et battirent honteusement en retraite. Tourville, dans cette premi&#232;re affaire, donna des preuves du courage le plus intr&#233;pide et de la plus rare bravoure. &amp;quot; Que ferai-je de cet Adonis&amp;quot; avait dit son capitaine, oblig&#233; de le recevoir &#224; son bord d'apr&#232;s la recommandation tr&#232;s pressante du duc de La Rochefoucault. Tourville, en effet, avais les cheveux blonds, les yeux bleus mais tr&#232;s vifs, les traits fins et r&#233;guliers, le teint si beau qu'on le prenait plut&#244;t pour une fille que pour un gar&#231;on. Ses camarades, plus d'une fois, l'appel&#232;rent en souriant la Demoiselle !L'Adonis, croyait-on alors, plus propre &#224; servir les dames de la cour qu'&#224; supporter les fatigue de la mer, fut bless&#233; trois fois dans le combat, &#224; la t&#234;te de l'&#233;quipage. Quoi que bless&#233;, il ne para&#238;t pas s'apercevoir que son sang coule. Ce n'est plus le beau jeune homme &#224; la figure f&#233;minine; l'agneau s'est tout &#224; coup chang&#233; en lion : ses yeux lancent des &#233;clairs, son bras semble &#234;tre un bras de fer et il se fait rudement sentir aux ennemis. A cette vue, d'Hocquincourt change d'opinion et il d&#233;clare qu c'est surtout au jeune Tourville qu'est due la prise du vaisseau. Durant les six ann&#233;es qui suivirent, il participa &#224; plusieurs combats contre les Turcs, les Alg&#233;riens, fit une chasse active et fructueuse aux corsaires et purgea l'archipel. En 1666, le doge de Venise lui remit un brevet d'honneur qui le qualifiait de protecteur du commerce maritime, d'invincible; il &#233;tait accompagn&#233; d'une m&#233;daille et d'une cha&#238;ne d'or, d'un grand prix. En 1667, Tourville fut pr&#233;sent&#233; &#224; Louis XIV, qui lui fit le plus aimable accueil, lui adressa les plus vives f&#233;licitations et le nomma capitaine de vaisseau. En 1669, il fut envoy&#233; au secours de Candie, assi&#233;g&#233;e par les Turcs; mais, malgr&#233; des efforts h&#233;ro&#239;ques, cette ville ne put &#234;tre d&#233;livr&#233;e.Tourville servit avec une rare distinction sous d'Estr&#233;es et Duquesne. Sous les ordres de ce dernier, il encourut au gain de la bataille de Stromboli, dans laquelle l'amiral hollandais Ruyter fut tu&#233; (21 avril 1676). En r&#233;compense de ses services, Louis XIV le nomma chef d'escadre. Il prit part ensuite aux brillantes exp&#233;ditions de Duquesne contre les Alg&#233;riens et les Tripolitains et purgea la M&#233;diterran&#233;e de ses corsaires (1683). Il eut aussi la plus grande part au bombardement d'Alger ainsi qu'&#224; celui de G&#234;nes et &#224; l'exp&#233;dition contre la Hollande (1688). Et ici, comme on l'a dit avec raison, commence, dans la carri&#232;re de l'illustre marin, une seconde phase qui ne sera pas moins glorieuse. Maintenant presque toujours charg&#233; du commandement en chef de grandes escadres ou de flottes consid&#233;rables, s'il temp&#232;re sa fougue, s'il remplace le courage d'&#233;lan qui convient au corsaire, au simple capitaine, c'est pour montrer, avec le sang froid le plus intr&#233;pide, avec le calme imperturbable au milieu des plus grands p&#233;rils, une habilet&#233; pratique, une connaissance de la tactique, une g&#233;nie merveilleux dans l'art de remuer les masses, comme cette s&#251;ret&#233; de coup d'oeil qui sait tout voir et ne veut rien abandonner au hasard.Apr&#232;s de nombreux services rendus &#224; l'Etat, Tourville fut nomm&#233; vice-amiral (1689). Lam&#234;me ann&#233;e, il &#233;pousa Louise Laugeois, veuve du marquis de la Popelini&#232;re. Le roi, apr&#232;s avoir sign&#233; son contrat de mariage, lui adressa ces paroles flatteuses : &amp;quot;Je souhaite que vous ayez des enfants d'un m&#233;rite aussi distingu&#233; que le v&#244;tre et qui soient utiles &#224; l'Etat.&amp;quot; Lorsque Louis XIV voulut r&#233;tablir l'infortun&#233; Jacques II sur son tr&#244;ne, il donna &#224; Tourville le commandement de la plus belle flotte qu'e&#251;t jamais poss&#233;d&#233;e la France. Ce commandement ne pouvait tomber en plus dignes mains; Tourville avait alors acquit toutes les qualit&#233;s d'un g&#233;n&#233;ral consomm&#233;. Il se r&#233;unit au comte de Cha&#226;teau-Renaud, et avec 77 vaisseaux battit une flotte de 112 navires anglais et hollandais, en vue de l'&#238;le de Whigt (le 10 juillet 1690). Ce fut un jour bien glorieux pour notre marine; l'amiral fran&#231;ais ne perdit pas un seul b&#226;timent dans cette bataille navale. La consternation fut grande &#224; Londres, car les Fran&#231;ais, ma&#238;tres de la mer, descendirent &#224; Tingmouth dans le Northumberland, o&#249; ils br&#251;l&#232;rent douze vaisseaux anglais. Les marchandises qu'ils contenaient furent transport&#233;es &#224; bord de l'escadre fran&#231;aise.La campagne qui suivit, celle de 1691 dite &amp;quot; du Large &amp;quot; dans l'Oc&#233;an, fut le chef-d'oeuvre de Tourville comme tactique navale. Tout en conservant la flotte fran&#231;aise intacte, il avait tenu &#224; l'abri les c&#244;tes de France et prot&#233;g&#233; les convois d'Irlande. Ce sont l&#224; les plus belles victoires, parce qu'elles ne co&#251;tent aucun sacrifice au pays.Bataille de La Hogue Louis XIV, ayant vu &#233;chouer l'exp&#233;dition qu'il avait dirig&#233;e sur l'Iralnde pour le r&#233;tablissement de Jacques II, r&#233;solut de frapper l'Angleterre en face et au coeur, et il pr&#233;para un armement formidable, destin&#233; &#224; favoriser une descente chez cette &#233;ternelle ennemie de la France. Il comptait non seulement sur le nombre et la force de ses vaisseaux, mais aussi sur le revirement d'opinion qui semblait se prononcer en Angleterre contre le roi Guillaume. Louis XIV arr&#234;ta donc le plan d'une exp&#233;dition navale, qui devait jeter 30 000 hommes sur les c&#244;tes d'Angleterre. Tourville recut l'ordre de partir de Brest pour entrer dans la Manche, le roi lui disait: &amp;quot;Allez chercher mes ennemis et combattez-les, forts ou faibles, partout o&#249; vous les trouverez, quoi qu'il puisse arriver. &amp;quot; Tous les beaux projets, toutes les esp&#233;rances durent s'&#233;vanouir devant la force des &#233;l&#233;ments dont on avait fait la part. Les vents retinrent Tourville pendant un mois dans les eaux de Brest, et les deux escadres de Rochefort et Toulon, qui devaient le rallier, ne purent le rejoindre &#224; temps. Tourville jugeant alors que les m&#234;mes vents qui avaient contrari&#233; sa sortie de Brest devaient faciliter la jonction des alli&#233;s, demanda au ministre de le laisser &#224; Brest jusqu'&#224; ce que la flotte f&#251;t au complet. Ponchartrain lui r&#233;pondit&amp;quot; Ce n'est point &#224; vous, &#224; discuter les ordres du roi, c'est &#224; vous de les ex&#233;cuter et d'entrer dans la Manche; mandez-moi si vous voulez le faire, sinon le roi mettra &#224; votre place quelqu'un plus ob&#233;issant et moins circonspect que vous. &amp;quot; Voil&#224; sur quel ton insolent un ministre ignorant commandait au plus grand homme de mer qu'ait produit la France : mais ce n'est encore l&#224; qu'un faible &#233;chantillon de son urbanit&#233; administrative. Tourville s'&#233;tant plaint que la poudre &#233;tait mauvaise et ne portait pas le boulet, un commis de bureau de la marine lui r&#233;pondit : &amp;quot;que s'il trouvait que la poudre ne portait pas assez loin, il n'avait qu'&#224; s'approcher plus pr&#232;s des ennemis. &amp;quot; Ici le grotesque s'allie &#224; l'incapacit&#233; et &#224; la morgue bureaucratique. Tourville mit &#224; la mer avec trente-sept vaisseaux seulement au lieu de soixante-dix-huit qu'on lui avait promis. Apeine quelques jours s'&#233;taient &#233;coul&#233;s que Louis XIV re&#231;ut l'avis que les flottes hollandaises et anglaises avaient op&#233;r&#233; leur jonction. Il donna aussit&#244;t l'ordre d'exp&#233;dier des corvettes dans toutes les directions, afin de pr&#233;venir Tourville qu'il e&#251;t &#224; se rabattre sur Ouessant, pour y atteindre les autres escadres. Malheureusement aucune de ces corvettes ne r&#233;ussit &#224; le rencontrer; il s'avan&#231;ait alors sur le cap de Barfleur, et, le 29 mai 1692, au point du jour, entre ce cap et celui de La Hogue, il se trouva en pr&#233;sence de la flotte alli&#233;e, la plus puissante qui e&#251;t jamais paru sur les mers. Elle se composait de pr&#232;s de cent vaisseaux et de quarante-deux mille hommes d'&#233;quipage. La France ne pouvait y opposer que quarante-quatre vaisseaux et un peu moins de vingt mille hommes d'&#233;quipage. Tourville assembla le conseil de guerre de son bord. Tous les officiers g&#233;n&#233;raux furent d'avis d'&#233;viter la bataille, Tourville exhiba l'ordre du roi. Alors tous ces vaillants, qui s'appelaient La Galissonni&#232;re, Gabaret, Go&#235;tgon, d'Amfreville, etc., n'eurent qu'un cri: &amp;quot;Il faut ob&#233;ir, il faut combattre ! &amp;quot;Quelques moments plus tard, la flotte fran&#231;aise se laissait porter &#224; toutes voiles sur l'immense masse ennemie, qui semblait devoir l'engloutir au premier choc; les alli&#233;s n'en pouvaient croire leur yeux. Le signal du branle-bas fut donn&#233;; Tourville, mont&#233; sur Le Soleil Royal &amp;quot; portant pavillon blanc et le guidon de l'amiral, commandait le corps de bataille, compos&#233; de seize vaisseaux. La cannonade, dont un vaisseau hollandais avait donn&#233; le signal, commen&#231;a, et, pendant quatorze heures, elle continua toujours aussi violente. Vers les huit heures du soir, une brume suspend le combat; mais &#224; peine est-elle dissip&#233;e qu'il recommence au clair de la lune avec plus d'acharnement qu'auparavant. La sombre lueur de cet astre ajoute encore &#224; l'horreur du combat. Le feu du canon, la fum&#233;e, les cris des mourants de des bl&#233;ss&#233;s, les manoeuvres sava,tes et multipli&#233;es des combattants, tout se r&#233;unit pour rendre cette action la plus terrible comme la plus remarquable dont l'histoire de la marine moderne ait conserv&#233; le souvenir. Vers les dix-heures du soir les Anglais prirent le parti de rejoindre le gros de leur flotte, il se retir&#232;rent avec une fiert&#233; apparente et os&#232;rent passer par les intervalles des vaisseaux fran&#231;ais. Par cette manoeuvre, les Anglais renonc&#232;rent &#224; l'immense avantage de tenir leur adversaire entre deux feux. Cette grande journ&#233;e, dit un historien, se termina ainsi sans aucun d&#233;savantage pour ceux qui avaient combattu &#224; peine un contre deux. Les ennemis avaient perdu deux vaisseaux, les Fran&#231;ais pas un seul. La nuit la flotte fran&#231;aise appareilla. Le 30 mai, au point du jour, Tourville rallia autour de lui trente-cinq vaisseaux, les neuf autres s'&#233;taient &#233;cart&#233;s. S'il y avait eu un port militaire &#224; La Hogue ou &#224; Cherbourg, comme l'avaient voulu Colbert et Vauban, la flotte fran&#231;aise restait sur sa gloire. La bataille de La Hogue n'en est pas moins une des plus glorieuses de celle qui enrichissent les Annales de la France. Les Anglais ne comptaient pas moins de 2000 morts et 3000 bless&#233;s. Les vaisseaux fran&#231;ais, in&#233;galement trait&#233;, ne purent faire route de concert, et se dispers&#232;rent en diff&#233;rents ports de Bretagne et de Normandie. Ceux qui accompagnaient Tourville se virent contraints de rel&#226;cher dans des ports sans d&#233;fense et o&#249; ils s'&#233;chou&#232;rent volontairement. Bient&#244;t les Anglais parurent et incendi&#232;rent quinze de ces vaisseaux, mais apr&#232;s que leurs capitaines en eurent retir&#233; les canons; les munitions et les agr&#232;s. Les Anglais essay&#232;rent alors de mettre &#224; profit la consternation profonde qu'avait r&#233;pendue leur victoire pour tenter un d&#233;barquement sur plusieurs points du littoral, mais partout ils furent repouss&#233;s. Quand Louis XIV apprit le d&#233;sastre de La Hogue, il demanda aussit&#244;t : &amp;quot;Tourville est-il sauv&#233; ? ... car pour des vaisseaux on peut en trouver; mais o&#249; trouver des officiers comme lui ? &amp;quot; Et quand l'amiral vint &#224; Versailles, le roi l'accueillit comme s'il avait &#233;t&#233; vainqueur et lui dit avec bienveillance : &amp;quot; Comte de Tourville, j'ai plus de joie d'apprendre qu'avec quarante-quatre de mes vaisseaux vous avez battu cent de mes ennemis pendant un jour entier, que je ne me sens de la perte que j'ai faite.&amp;quot; Louis XIV n'oublia jamais que Tourville n'avait livr&#233; la bataille que pour ob&#233;ir &#224; ces ordres, et qu'il n'&#233;tait nullement responsable de l'echec qu'il avait subi. Un jour qu'il &#233;tait &#224; son balcon de Versailles, il vit passer Tourville, et le montrant au mar&#233;chal de Villeroi, il lui dit: &amp;quot;Voil&#224; l'homme qui m'a ob&#233;i &#224; La Hogue !&amp;quot; Et pour prouver que la d&#233;faite du grand marin n'avait point affaibli sa gloire, il le fit mar&#233;chal de France l'ann&#233;e suivante (1693) et lui fournit les moyens de prendre sa revanche. Tourville, la m&#234;me ann&#233;e, fit une admirable campagne navale; il rencontra la flotte nombreuse des alli&#233;s (anglaise et hollandaise) &#224; la hauteur du cap Saint-Vincent, dans la baie de Lagos, et lui fit &#233;prouver des pertes &#233;normes. On &#233;value &#224; plus de cent navires pris ou d&#233;truits, et &#224; environ trente-six millions la valeur des marchandises perdues pour l'ennemi. Ce fut la derni&#232;re grande action en mer &#224; laquelle Tourville assista, et il vengea ainsi les d&#233;sastres de La Hogue. Apr&#232;s la paix de Ryswick (1697), la sant&#233; affaiblie de Tourville ne lui permit pas de supporter les fatigues de la mer, et il termina sa glorieuse carri&#232;re dans la retraite. Il mourut &#224; Paris, le 28 mai 1701, &#224; l'&#226;ge de 59 ans. La marine faisait en lui une perte irr&#233;parable; aussi sa mort causa des regrets universels. Tourville laissa deux enfants, un fils et une fille. Son fils, Louis Hilarion, devint colonel d'infanterie et trouva la mort &#224; la bataille de Denain, en 1712. Tourville ne s'est pas moins distingu&#233; par l'&#233;tendue de ses connaissances que par sa valeur et son intr&#233;pidit&#233;. Il perfectionna la science des signaux marins, organisa les classes et r&#233;unit en un corps les principes de la tactique navale. Saint-Simon, malgr&#233; sa malveillance habituelle et sa malignit&#233;, a trac&#233; ce portrait flatteur du grand marin : &amp;quot; Il poss&#233;dait en perfection toutes les parties de la marine, depuis celle de charpentier jusqu'&#224; celle d'un excellent amiral. Son &#233;quit&#233;, sa douceur, son flegme, sa politesse, la nettet&#233; de ses ordres, les sigaux et beaucoup d'autres d&#233;tails particuliers tr&#232;s utiles qu'il avait imagin&#233;s, son arrangement, sa justesse, sa pr&#233;voyance, une grande sagesse aiguis&#233;e de la plus naturelle et de la plus tranquille valeur; tout contribuait &#224; faire d&#233;sirer de servir sous lui et d'y apprendre.&amp;quot;</description>
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     <title>Mon arbre - par Pierrot le 06/02/2008 @ 17:52</title>
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     <description>Mon arbreMa g&#233;n&#233;alogie ascendante avec 2 degr&#233;s de collateraux</description>
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     <title>Equipage - par Pierrot le 02/02/2008 @ 10:48</title>
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     <description>Equipage de L'ALSACIEN(Al'inscription, n'oubliez pas de me communiquer les &#233;l&#233;ments pour remplir les champs)(il me faut votre accord, pour faire para&#238;tre votre adresse e mail)NOMPr&#233;nomSp&#233;GradeDatesContactPseudo&#160;ALCACER&#160;&#160;SECU&#160;&#160;&#160;&#160;ARNDT&#160;Richard&#160;MECAN&#160;1965-1968&#160;&#160;1965Arnd&#160;ATTAL&#160;J.M.&#160;MOTEL&#160;1977-1978&#160;&#160;&#160;ATTARD&#160;&amp;quot;Tatayo&amp;quot;&#160;MECAN&#160;1979&#160;&#160;&#160;AUDIBERT&#160;&#160;SECU&#160;&#160;&#160;&#160;AURAMBOUT&#160;Daniel&#160;EXT&#160;&#160;&#160;&#160;BAHEL&#160;Jean Michel&#160;DEASM&#160;1978-1979&#160;&#160;&#160;BARRET&#160;&#160;SECU&#160;&#160;&#160;&#160;BAS&#160;&#160;TELSON&#160;&#160;&#160;&#160;BAUDREN&#160;Jean Michel&#160;&#160;&#160;1966-1969&#160;&#160;&#160;BAYOL&#160;TRAFI&#160;&#160;&#160;&#160;BECHTOLD&#160;CharlesMANEU&#160;&#160;&#160;&#160;BEIL&#160;Andr&#233;&#160;&#160;1978-1979&#160;&#160;&#160;BELAIS&#160;DET&#160;&#160;&#160;&#160;BERAUT&#160;ThierryMOTEL&#160;&#160;1980-1881&#160;&#160;&#160;BESSE&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;BESSIN&#160;&#160;ELEC&#160;&#160;&#160;&#160;BETRANCOURT&#160;Serge&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;BIASUTI&#160;Bruno&#160;DET&#160;&#160;&#160;&#160;BLANCHARD&#160;Michel&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;BLANCHOUD&#160;&#160;TIMO&#160;&#160;&#160;&#160;BOILLOT&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;BOISSEAU&#160;Herv&#233;&#160;TELSON&#160;1977-1979&#160;&#160;herve54&#160;BONNET&#160;Patrick &amp;quot;Papix&amp;quot;&#160;MISSI&#160;1974-1975&#160;&#160;&#160;BOURDEAU&#160;Pascal&#160;MANOEU&#160;&#160;&#160;&#160;BOURDEL&#160;&#160;MANOEU&#160;1978-1979&#160;&#160;&#160;BOURTON&#160;Patrick&#160;MECAN&#160;&#160;1975-1976&#160;&#160;&#160;BOUTIN&#160;&#160;TIMO&#160;&#160;&#160;&#160;BRANELEMEC&#160;Pacha&#160;&#160;CF&#160;1980&#160;&#160;&#160;CALANDA&#160;MichelMECAN&#160;1978-1979&#160;&#160;&#160;CARDOLACCIA&#160;&amp;quot;Marius&amp;quot;MECAN&#160;1976&#160;&#160;&#160;CHAMPION&#160;TRANS&#160;&#160;&#160;&#160;CHAPEAU&#160;DanielRADIO&#160;1976&#160;&#160;&#160;CHAPUIS&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;CHAPUY&#160;PascalMOTEL&#160;1977-1978&#160;&#160;&#160;CHAUMERLIAC&#160;&#160;FUS&#160;&#160;&#160;&#160;CHAUVIN&#160;FOURRIER&#160;&#160;&#160;&#160;CHAVANNE&#160;FrancisDETEC&#160;1978-1979&#160;&#160;Francis59&#160;CHAZEIX&#160;MISSI&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;CLERC&#160;Cmdt Machines&#160;&#160; 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Thierry&#160;MECAN1976-1979&#160;&#160;guerinet&#160;GUYOT&#160;&#160;TRAFI&#160;&#160;&#160;&#160;HELIN&#160;&#160;CHEQUA&#160;&#160;&#160;&#160;HUBERT&#160;Francis&#160;DSM&#160;1976-1977&#160;&#160;FRHUBERT&#160;HUET&#160;Jean Yves.&#160;DEASM&#160;&#160;1968-1971&#160;&#160;&#160;HUOT-MARCHAND&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;HURTHAULT&#160;Michel&#160;TRANS&#160;&#160;1974-1977&#160;&#160;&#160;IZQUIERDO&#160;Christian&#160;TOUBIB&#160;&#160;1974-1975&#160;&#160;&#160;JAMOIS&#160;William&#160;ELARM&#160;&#160;1975-1977&#160;&#160;&#160;JARDIN&#160;Denis&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;JOURDAN&#160;&#160;TRANS&#160;&#160;&#160;&#160;KASMIRSIAK&#160;&#160;DET&#160;&#160;&#160;&#160;KELLER&#160;&#160;DET&#160;&#160;&#160;&#160;KONIOR&#160;&#160;SECRE&#160;&#160;&#160;&#160;KRAUS&#160;Guy&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;KRAUS&#160;KRUSZEWSKI&#160;Maryan&#160;&#160;&#160;1975-1977&#160;&#160;&#160;KRYSIECKI&#160;Eric&#160;&#160;&#160;1976-1978&#160;&#160;&#160;KULEJ&#160;&#160;FUS&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;LABESQUE&#160; (†)&#160;Claude&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;LABUSSIERE&#160;Philippe&#160;MISSI&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;LAFONT&#160;&#160;MISSI&#160;&#160;&#160;&#160;LAFORET&#160;Jean-Claude&#160;MECAN&#160;1979-1982&#160;&#160;LAFORET&#160;LALLAUS&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;LAMY&#160;&amp;quot;Boby&amp;quot;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;LANCEREAU&#160;&#160;CUISTO&#160;&#160;&#160;&#160;LAROCHE&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;LARROUX&#160;Jean Marc&#160;MISSI&#160;&#160;1977-1978&#160;&#160;Larouille&#160;LASCAUX&#160;Michel&#160;&#160;&#160;1965-1968&#160;&#160;&#160;LE HUEDE&#160;&#160;&#160;Cmdt en 2&#160;&#160;&#160;&#160;LEBLANC&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;LECAR&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;LEDU&#160;Cmdt Machine&#160;&#160;EV1&#160;&#160;&#160;&#160;LEFFLOT&#160;Jo&#235;l&#160;MECAN&#160;1979-1981&#160;&#160;&#160;LEFEVRE&#160;Pacha&#160;&#160;1974-1976&#160;&#160;&#160;LEOSTIC&#160;Fran&#231;ois&#160;&#160;&#160;1963-1967&#160;&#160;&#160;LEPROVOT&#160;Didier&#160;FOURRIER&#160;&#160;&#160;&#160;LEROY&#160;&#160;TRAFI&#160;&#160;&#160;&#160;LIONEL&#160;&#160;RADIO&#160;&#160;&#160;&#160;LISSILOUR&#160;&#160;MANOEU&#160;&#160;&#160;&#160;LLORDA&#160;&#160;MISS. ART.&#160;&#160;&#160;&#160;LHOMEDET&#160;Yannick&#160;&#160;&#160;1970-1972&#160;&#160;&#160;MACHARD&#160;Thierry&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;MACHET&#160;&#160;DET ?&#160;&#160;&#160;&#160;MARSHALL&#160;&#160;COMMIS&#160;&#160;&#160;&#160;MARTIN&#160;Pierre&#160;MECAN&#160;1976-1981&#160;&#160;Pierrot&#160;MAZOKI&#160;&#160;FUS&#160;&#160;&#160;&#160;MENILO&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;MERTZ&#160;&#160;ARMURIER&#160;&#160;&#160;&#160;MONCHALIN&#160;Serge&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;MONNERAY&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;MONTSAINTJEAN&#160;&#160;OPASM&#160;&#160;&#160;&#160;MOREL&#160;Michel&#160;MECAN&#160;1979&#160;&#160;Morelf776&#160;MOTTE&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;MOUTOU&#160;&#160;MANOEU&#160;&#160;&#160;&#160;MULLER&#160;&#160;TRANS&#160;&#160;&#160;&#160;NAWRACALA&#160;Francis&#160;DET&#160;&#160;&#160;&#160;NEU&#160;Roland&#160;FUS&#160;1975-1978&#160;&#160;&#160;OLIVIER&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;PELLEGRINO&#160; dit &amp;quot;PP&amp;quot;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;PERDRO&#160;Michel&#160;MECAN&#160;1980-1981&#160;&#160;&#160;PERRETTE&#160;&#160;MANOEU&#160;&#160;&#160;&#160;PERRIN&#160;Thi&#233;rry&#160;RADIO&#160;1978-1979&#160;&#160;&#160;POMI&#201;&#160;Jean-Marc&#160;MECAN&#160;1976-1979&#160;&#160;POMIE&#160;PREVOT&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;QUESNEL&#160;Fabrice &#160;MECAN&#160;1979&#160;&#160;&#160;QUENET&#160;&#160;FUS&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;RENARD&#160;Jean Pierre&#160;ELEC&#160;&#160;&#160;&#160;RULON&#160;Jean&#160;&#160;&#160;1966&#160;&#160;&#160;SALET&#160;Michel&#160;TRAFI1874-1875MICHEL06&#160;SANDONA&#160;Laurent&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;SAUVAGE&#160;&#160;ELEC&#160;&#160;&#160;&#160;SCHMITT&#160;Bernard&#160;DET&#160;&#160;1981-Fin&#160;&#160;bernards7&#160;SCHOENFELD&#160;&#160;TRANS&#160;&#160;&#160;&#160;SCHUFT&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;SEGUIN&#160;&#160;asp&#160;&#160;&#160;&#160;SERVENTIC&#160;Michel&#160;ELARM&#160;&#160;&#160;&#160;SILLAN&#160;Pacha&#160;CF&#160; 1997&#160;&#160;&#160;SIMONE&#160;&#160;MOTEL&#160;1978-1979&#160;&#160;&#160;SIMONNOT&#160;Eric&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;SOURDET&amp;quot;Pacha en second&amp;quot;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;SOUTADE&#160;Thierry&#160;MECAN&#160;1976&#160;&#160;&#160;TABARY&#160;&#160;TRAFI&#160;&#160;&#160;&#160;TARREAU&#160;Dominique&#160;MECAN&#160;&#160;1976&#160;&#160;&#160;TAVERNE&#160;Jean Charles&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;THOUNY&#160;Serge&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;TURBIN&#160;Didier&#160;DEASM&#160;&#160;1977-1979&#160;&#160;Turbin&#160;&#160;VALETTE&#160;&#160;MECAN&#160;Aspi&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;VAREAUXPacha&#160;&#160; CF&#160; 1979&#160;&#160;&#160;&#160;VASSEUR&#160;Didier&#160;FOURRIER&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;VENET&#160;&#160;SECU&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;VERSE&#160;&#160;MECAN&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;VIDAL ? (surnom ?)&#160;&#160;INFIRM ?&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;VOGEL&#160;Dominique&#160;ELARM&#160;&#160;&#160;&#160;</description>
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     <title>Duquesnes - par Pierrot le 02/02/2008 @ 10:37</title>
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     <description>Abraham DUQUESNE, un de nos plus grands hommes de mer, naquit &#224; Dieppe en 1610. Son p&#232;re &#233;tait un marin exp&#233;riment&#233; qui parvint, par son propre m&#233;rite, au grade de capitaine de vaisseau. Il &#233;leva lui-m&#234;me son fils dans la carri&#232;re maritime. Dou&#233; d'une aptitude et d'un courage peu ordinaire, le jeune Duquesne r&#233;pondit parfaitement aux soins dont il &#233;tait l'objet. Apr&#232;s s'&#234;tre instruit dans la th&#233;orie de son art, il voulut s'exercer &#224; la pratique de la navigation et servit dans la marine de guerre et de commerce, sous la direction de son p&#232;re. C'est ainsi qu'il devint de bonne heure un sous-officier de marine instruit et distingu&#233;, laissant d&#233;j&#224; pressentir ce qu'il serait un jour et les &#233;minents services qu'il rendrait &#224; sa patrie.La premi&#232;re occasion o&#249; le jeune capitaine se fit remarquer par sa bravoure et son habilet&#233;, fut la reprise des &#238;les de L&#233;rins, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat sur les Espagnols. Le commandant de l'exp&#233;dition, l'archev&#234;que de Bordeaux, qui avait de grands talents militaires, le signala alors &#224; Richelieu, comme un homme de grand avenir et l'un des meilleurs capitaines.Pendant le si&#232;ge de Sainte-Marguerite, il apprit la mort de son p&#232;re. Ce dernier fut pris par les Espagnols avec le vaisseau qu'il montait et mourut &#224; Dunkerque, par suite de ses blessures. D&#232;s ce jour notre h&#233;ros voua aux Espagnols une haine implacable et r&#233;solut de venger, par ses exploits, la perte cruelle qu'ils venaient de lui faire &#233;prouver. L'occasion de leur faire ressentir les effets, ne tarda pas &#224; se pr&#233;senter, et il se signala contre eux en plusieurs rencontres.En 1638, le capitaine Duquesne fut charg&#233; avec le chevalier Paul, d'aller relever et sauver plusieurs b&#226;timents fran&#231;ais, &#233;chou&#233;s sous le canon de Saint-S&#233;bastien et qu'on &#233;tait sur le point d'incendier pour ne pas l'abandonner &#224; l'ennemi. Duquesne et son compagnon se tir&#232;rent &#224; merveille de cette mission difficile et ramen&#232;rent les b&#226;timents fran&#231;ais. Peu apr&#232;s, &#224; la bataille navale de Gattari, Duquesne d&#233;cida la victoire en allant incendier avec un br&#251;lot, le vaisseau amiral espagnol. L'aspect du p&#233;ril ne l'&#233;pouvante pas, il calcul les chances de succ&#232;s, interroge le vent, se glisse au milieu des Espagnols, jette les grappins sur le vaisseau le plus important, qui devient la proie des flammes. En 1639, il seconda activement les nouvelles op&#233;rations de l'archev&#234;que de Bordeaux sur les c&#244;tes de Biscaye et eut une part glorieuse &#224; la prise de Laredo et Santona. A cette derni&#232;re affaire, il eut la m&#226;choire broy&#233;e par une mousquetade, en allant attaquer un gros galion avec quelques chaloupes arm&#233;es. En 1643, Duquesne accompagna le nouveau grand ma&#238;tre de la navigation, Arnaud de Maill&#233;-Br&#233;z&#233;, dans ses exp&#233;ditions navales sur les c&#244;tes d'Espagne, et se couvrit de gloire dans les combats livr&#233;s dans les parages du cap de Gata et &#224; la hauteur de Carthag&#232;ne.Mais la paix venait d'&#234;tre sign&#233;e, et Duquesne ne pouvant rester inactif, demanda et obtint l'autorisation de passer au service de la Su&#232;de, alors alli&#233;e &#224; la France. Il se rendit donc en Su&#232;de o&#249; l'avait pr&#233;c&#233;d&#233;e sa r&#233;putation et le souvenir de son p&#232;re qui avait autrefois servi sur les vaisseaux de la reine Christine. La Su&#232;de &#233;tait alors en guerre avec le Danemarck. &#201;lev&#233; au grade de major-g&#233;n&#233;ral, puis vice-amiral, Duquesne mit en fuite la flotte de Gothembourg. Dans une seconde affaire, il dispersa les vaisseaux danois, tua leur g&#233;n&#233;ral et se serait infailliblement empar&#233; de l'intr&#233;pide roi du Danemark, Christian, qui commandait sa flotte en personne, si ce dernier, bless&#233; la veille du combat par un &#233;clat de bois, ne s'&#233;tait vu contraint d'abandonner le th&#233;&#226;tre de la bataille, pour se faire transporter &#224; terre. dans cette action Duquesne commanda en chef et put d&#233;ployer dans l'ardeur du combat, qui fut terrible et dura deux jours entiers, tous les talents d'un habile tacticien. La paix &#233;tait conclue entre la Su&#232;de et le Danemarck, quand le cardinal Mazarin forma le projet d'envoyer une escadre contre les Napolitains. Il voulut en confier le commandement &#224; Duquesne et rappela le c&#233;l&#232;bre marin, qui ob&#233;it sans retard &#224; cet ordre. Mais une difficult&#233; se pr&#233;senta. Par suite des troubles qui accompagn&#232;rent la minorit&#233; de Louis XIV et de l'incurie des ministres, nos forces navales &#233;taient alors presque an&#233;anties. La marine fran&#231;aise, que le g&#233;nie de Richelieu avait fait subitement surgir de nos ports, &#233;tait fort d&#233;chue de son premier lustre. Duquesne arme &#224; ses frais une flottille et la dirige vers Bordeaux, qui s'&#233;tait r&#233;volt&#233; contre l'autorit&#233; royale et avait pris le parti de Cond&#233; et des espagnols m&#234;l&#233;s aux guerres civiles de la Fronde. Duquesne est rencontr&#233; dans la travers&#233;e par une escadre anglaise, dont le commandant le somme imm&#233;diatement de baisser son pavillon devant le sien.&amp;quot;Le pavillon fran&#231;ais, r&#233;pond fi&#232;rement Duquesne, ne sera jamais d&#233;shonor&#233;, tant que je l'aurai &#224; ma garde : le canon d&#233;cidera; et la fiert&#233; anglaise pourra bien c&#233;der aujourd'hui &#224; la valeur fran&#231;aise&amp;quot; En effet, le canon d&#233;cida, et apr&#232;s un combat meurtrier, les Anglais prirent la fuite. Apr&#232;s s'&#234;tre fait radouber (r&#233;parer) &#224; Brest, il revint aupr&#232;s de Bordeaux, trouva la flotte espagnole qui voulait s'opposer &#224; son passage, la for&#231;a &#224; se retirer, et, gr&#226;ce &#224; ses efforts contraignit la ville &#224; se rendre. Pour r&#233;compenser sa valeur et ses &#233;minents services, Anne d'Autriche, qui gouvernait alors pour Louis XIV, enfant, nomma Duquesne chef d'escadre, et, en attendant que ses frais d'armement lui fussent rembours&#233;s, d&#233;tacha du domaine de la couronne, le ch&#226;teau de l'&#238;le d'Indret, pr&#232;s de Nantes Dans la guerre qui &#233;clata en 1672, entre la France et les Provinces-Unies et particuli&#232;rement dans la bataille qui fut gagn&#233;e contre les Hollandais, par le vice-amiral Jean d'Estr&#233;es, le 30 mai 1673, Duquesne se couvrit de lauriers; mais ce qui mit le comble &#224; sa gloire et lui acquit un renom immortel, ce fut la campagne qu'il soutint en 1676, contre le fameux Ruyter, le c&#233;l&#232;bre amiral hollandais, qui disait souvent &amp;quot; Je ne crains au monde qu'un homme de mer, c'est M. Duquesne&amp;quot; Les Espagnols ayant r&#233;clam&#233;, lors du soul&#232;vement de Messine, les secours des Hollandais, l'amiral Ruyter fut charg&#233; de conduire leur flotte dans la M&#233;diterran&#233;e. Comme il stationnait dans la mer de Sicile, il fut interrog&#233; par un capitaine anglais sur ce qu'il faisait l&#224;, avec sa flotte : J'attend le brave Duquesne, lui avait-il r&#233;pondu.Duquesne, en effet, venait d'&#234;tre d&#233;sign&#233; pour combattre Ruyter et ses hollandais. Il fit voile de Toulon pour Messine, le 17 d&#233;cembre 1675, avec vingt vaisseaux et six br&#251;lots. C'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'il allait commander en chef pour la gloire de la France, dit L&#233;on Gu&#233;rin : on l'allait voir rev&#234;tu du commandement supr&#234;me d'une arm&#233;e navale, on l'allait voir utiliser, pour ses propres desseins, son exp&#233;rience consomm&#233;e, la merveilleuse s&#251;ret&#233; de son coup d'oeil, l'&#233;nergique et puissante domination de son sang froid entre le ciel et les flots, dans la temp&#234;te des batailles; on l'allait voir &#224; travers la fum&#233;e, les boulets, la mitraille, se d&#233;velopper dans la libre &#233;tendue de son g&#233;nie. Quel beau jour ce dut &#234;tre pour le marin qui avait fait ses premi&#232;res campagnes au temps de la surintendance de Richelieu, et qui, apr&#232;s avoir ensuite victorieusement command&#233; en qualit&#233; d'amiral de Su&#232;de, &#233;tait revenu au premier bruit des guerres navales de son pays, r&#233;clamer son poste en France, quelques inf&#233;rieurs qu&amp;quot;il f&#251;t &#224; ses services et &#224; son m&#233;rite ! Quel beau jour ce dut &#234;tre pour le vieux Duquesne, que celui o&#249; il aborda pavillon pour aller se mesurer avec la plus grande illustration navale du temps ! Et quelle joie aussi se f&#251;t, ce jour-l&#224;, pour les jeunes comme pour les anciens du m&#233;tier, d'avoir pour amiral, m&#234;me passag&#232;rement, ce doyen v&#233;n&#233;r&#233;, admir&#233;, aim&#233;, malgr&#233; sa rudesse de formes, mais non de coeur ! Il n'&#233;tait pas un marin en France, du matelot au chef d'escadre, qui n'ambitionn&#226;t de pouvoir dire plus tard &amp;quot; j'ai servi en 1676, sous Duquesne contre Ruyter. &amp;quot; Ces deux h&#233;ro&#239;ques marins se rencontr&#232;rent enfin dans la mer de Sicile. Un premier combat s'engagea entre eux pr&#232;s des &#238;les Lipari ou de Stromboli ; Duquesne remporta une victoire compl&#232;te, et Louis XIV en fut si &#233;merveill&#233;, qu'il &#233;crivit de sa propre main, la lettre suivante au vainqueur.&amp;quot; Monsieur Duquesne, je n'ai pas &#233;t&#233; surpris de ce que vous avez fait pour la gloire de mes armes contre la flotte des ennemis aupr&#232;s de Liparre. Je n'attendais pas moins de votre valeur et de votre exp&#233;rience &#224; la mer. Je suis bien aise seulement de vous assurer que j'en suis pleinement satisfait et que j'en conserverai agr&#233;ablement le souvenir. Cependant je veux que cette lettre, &#233;crite de ma main, vous en soit un gage et qu'elle r&#233;ponde que vous recevrez des effets de ma bienveillance en toutes les occasions qui se pr&#233;senteront, et, sur ce, je prie Dieu de vous avoir en sa sainte et digne garde&amp;quot; &amp;quot;Louis&amp;quot;Mais le duel m&#233;morable o&#249; les deux plus grands marins du dix-septi&#232;me si&#232;cle vinrent lutter de science, de bravoure et de g&#233;nie, eut lieu le 22 avril, car la bataille des &#238;les Lipari n'avait &#233;t&#233; que le pr&#233;lude de cette derni&#232;re. Les grands rivaux arriv&#232;rent donc en pr&#233;sence, Duquesne avait trente vaisseaux de guerre et huit br&#251;lots, Ruyter avec vingt-neuf vaisseaux, neuf gal&#232;res et quatre br&#251;lots. Le combat commen&#231;a avec tant de furie des deux c&#244;t&#233;s, qu'on eut dit qu'en se h&#226;tant ainsi, les deux arm&#233;es craignaient de voir arriver trop t&#244;t la chute du jour. Il semblait que la mer de Sicile fut chang&#233;e en un mont Gibel flamboyant, car tout &#233;tait en flammes entrem&#234;l&#233;es d'une &#233;paisse fum&#233;e.L'avant-garde de Duquesne, confi&#233; au chef d'escadre d'Almeiras faiblit au moment o&#249; celui-ci fut tu&#233; d'un coup de canon; Duquesne s'en aper&#231;ut, vint &#224; son secours, et d&#233;s lors le feu s'engagea dans toute la ligne. Le Saint-Esprit et la Concorde, les deux vaisseaux amiraux s'&#233;tant rencontr&#233;s, une lutte meurtri&#232;re et implacable s'engagea entre eux. Pendant longtemps on ne sut de quel c&#244;t&#233; la victoire allait se d&#233;cider. Enfin, la Concorde, apr&#232;s avoir montr&#233; dans son feu un trouble inattendu, revira de bord et se mit en pleine retraite : c'est qu'un boulet venait d'emporter le devant du pied gauche et de casser les deux os de la jambe droite de Ruyter qui, en tombant, s'est outre bless&#233; &#224; la t&#234;te. &amp;quot; Courage, mes enfants, courage ! &amp;quot; cria-t-il en tombant. Le vice amiral d'Haan, apr&#232;s des efforts d&#233;sesp&#233;r&#233;s, rallia le reste de l'arm&#233;e hollandaise &#224; la tomb&#233;e de la nuit et rentra avec elle &#224; Syracuse. Duquesne resta jusqu'au lendemain matin, tous ses fanaux allum&#233;s, sur le lieu de son triomphe ; puis il alla provoquer les ennemis dans le port o&#249; ils s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s, sans les d&#233;cider &#224; en sortir. Telle fut cette grande victoire de l'Etna ou du mont Gibel, qui consacra d&#233;finitivement la gloire maritime de Duquesne. Ruyter mourut sept jours apr&#232;s des suites de sa blessure. Le 2 juin, une nouvelle bataille s'engageait, en vue de Palerme, entre les vainqueurs et la flotte hispano-hollandaise. Douze vaisseaux ennemis, incendi&#233;s par les br&#251;lots de Duquesne, saut&#232;rent avec tous ceux qui les montaient. Les Fran&#231;ais n'eurent que des pertes relativement insignifiantes. En revenant, Duquesne rencontra la fr&#233;gate qui ramenait en Hollande les restes mortels de son glorieux rival, cette fr&#233;gate tomba aux mains des Fran&#231;ais. Le capitaine fut amen&#233; devant Duquesne et lui pr&#233;senta son &#233;p&#233;e ; mais ce dernier ne voulut pas la prendre ; il passa sur l'autre bord, entra dans la chambre o&#249; &#233;tait enferm&#233; le coeur de son illustre adversaire, et s'approchant de la boite o&#249; il &#233;tait d&#233;pos&#233;, il leva les mains au ciel en s'&#233;criant: &amp;quot; Voil&#224; les restes d'un grand homme, il a trouv&#233; la mort au milieu des hasards qu'il a tant brav&#233;s &amp;quot; Puis, se retournant vers le capitaine : &amp;quot; Allez, monsieur, votre mission est trop respectable pour que l'on vous arr&#234;te &amp;quot; Et la fr&#233;gate continua sa route sous la sauvegarde du g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais. Louis XIV ne voulut pas demeurer en reste ; il envoya l'ordre sur toutes les c&#244;tes de France de saluer au passage, par des vol&#233;es d'artillerie, le vaisseau qui portait les reste du grand marin. En apprenant sa mort, le roi avait dit : &amp;quot; C'&#233;tait un ennemi redoutable, je d&#233;plore sa mort cependant. Cet homme faisait honneur &#224; l'humanit&#233; &amp;quot; il dit aussi : &amp;quot; Si la Hollande a perdu son Ruyter, la France en a trouv&#233; un dans Duquesne. &amp;quot;Le corps de Ruyter, de celui que les matelots appelaient le bon p&#232;re, fut transporter en Hollande, il fut inhum&#233; &#224; Amsterdam avec les plus grands honneurs et au milieu du deuil g&#233;n&#233;ral.Voulant r&#233;compenser les services &#233;clatants de Duquesne, Louis XIV lui donna, pour lui et sa post&#233;rit&#233;, la terre de Bouchet, pr&#232;s d'Etampes, l'une des plus belles du royaume; il l'&#233;rigea en marquisa avec cette condition qu'elle s'appelerait la terre du Quesne, pour immortaliser la m&#233;moire de ce grand homme.En 1682, Louis XIV voulant ch&#226;tier les pirates barbaresques pour leurs brigandages et les insultes qu'il avaient fait &#233;prouver &#224; nos vaisseaux, envoya Duquesne sur les c&#244;tes d'Afrique. Il fut joint aux &#238;les Bal&#233;ares par un ing&#233;nieur nomm&#233; Petit-Renaud, qui lui amenait cinq galiotes &#224; bombes, construites par lui d'apr&#232;s un nouveau proc&#233;d&#233;. Peu apr&#232;s Duquesne rallia quelques b&#226;timents qui croisaient sur les c&#244;tes d'Afrique sous la conduite de Tourville et de L&#233;vy. Le 21 ao&#251;t, on commen&#231;a &#224; bombarder Alger ; le premier essai des nouvelles galiotes ne fut pas heureux et ne r&#233;pondit pas aux promesses de l'inventeur.Cependant Duquesne, malgr&#233; les plaintes et les murmures qui s'&#233;levaient autour de lui, facilita une nouvelle &#233;preuve, et, cette fois, l'effet des galiotes fut vraiment effroyable. Une pluie de feu couvrit bient&#244;t la ville, &#224; la grande terreur des habitants, qui ne trouvaient refuge nulle part. Le mauvais temps for&#231;a Duquesne &#224; suspendre ses op&#233;rations et &#224; s'&#233;loigner; mais, au printemps de l'ann&#233;e suivante, il reparut avec sa flotte devant Alger, et le bombardement recommen&#231;a plus terrible encore. Les galiotes &#224; bombes caus&#232;rent un si &#233;pouvantable d&#233;g&#226;t que la population toute enti&#232;re se souleva et for&#231;a de dey Baba-Hassan &#224; implorer la cl&#233;mence du vainqueur. Un courageux missionnaire, nomm&#233; Levacher, et qui avait rempli les fonctions de consul d'Alger, fut envoy&#233; par le dey vers Duquesne pour traiter de la paix. Avant d'entrer dans aucun accommodement, Duquesne exige qu'on lui rende tous les chr&#233;tiens fran&#231;ais et m&#234;me ceux des autres nations qui avaient &#233;t&#233; pris sur les navires portant pavillon de France. On lui en amena &#224; bord cent quarante-deux, au nombre desquels &#233;tait un capitaine de la marine royale nomm&#233; de Beaujeu. Duquesne ayant dit qu'il savait qu'il y en avait davantage dans Alger, et qu'il n'accordait que cinq jours pour les avoir, on lui en amena encore cinq cent quarante-six, et ce fut alors seulement qu'il consentit &#224; entendre parler de trait&#233;. La paix semblait &#234;tre conclue quand le dey, Baba-Hassan ayant &#233;t&#233; tu&#233; dans une nouvelle insurrection et remplac&#233; par Mezzo-Morto, tout fut remis en question. La flotte fran&#231;aise recommen&#231;a le bombardement qui continua &#224; diverses reprises, jusqu'au 18 ao&#251;t 1683. C'est dans cette reprise du second bombardement qu'on fut t&#233;moin de plusieurs actes atroces de barbarie commis par les Alg&#233;riens. Dans leur rage impuissante, ils se saisirent de quelques esclaves fran&#231;ais et les attach&#232;rent &#224; la bouche de leurs canons. Les membres de ces malheureux arrivaient en lambeaux jusque sur nos vaisseaux. Entre ces victimes, il convient de citer tout particuli&#232;rement le p&#232;re Levacher qui, comme nous l'avons dit, s'&#233;tait employ&#233; &#224; ramener la paix et &#233;tait venu dans la ville. Le dey pr&#233;tendant qu'il correspondait avec Duquesne au moyen de signaux, le fit arr&#234;ter, puis il lui laissa le choix entre la mort ou l'apostasie, c'est-&#224;-dire se faire mahom&#233;tan. Inutile d'ajouter que le noble religieux n'h&#233;sita pas et pr&#233;f&#233;ra la mort. Il fut mis dans un mortier et tir&#233; en guise d'obus... Citons ici un autre &#233;pisode dramatique et touchant du si&#232;ge.Un fran&#231;ais, du nom de Choiseul, fait nagu&#232;re prisonnier et auquel on r&#233;servait le triste sort de ses compagnons, fut reconnu par un corsaire alg&#233;rien, que le chevalier Lori avait autrefois pris dans ses courses, et que lui et ses officiers, au nombre desquels &#233;tait, &#224; cette &#233;poque, le malheureux Choiseul, avaient fort bien trait&#233; tout le temps de sa captivit&#233;. L'Alg&#233;rien court &#224; Choiseul, l'embrasse et lui promet d'obtenir sa gr&#226;ce. Mais il avait trop compt&#233; sur son influence et sur ses pri&#232;res; on refuse obstin&#233;ment de lui rendre son ami. Choiseul reste attach&#233; &#224; la bouche du canon auquel tout &#224; l'heure on va mettre le feu. Son sort semble &#234;tre d&#233;cid&#233;, son tour est venu, et ses membres &#233;cras&#233;s vont aller remplir d'horreur les Fran&#231;ais jusque sur leurs vaisseaux. Mais alors le g&#233;n&#233;reux Alg&#233;rien se jette sur lui &#224; corps perdu, le serre &#233;troitement dans ses bras, et dit au canonnier qui tient la m&#232;che pr&#234;te : &amp;quot; Tire ! puisque je ne puis sauver la vie &#224; mon bienfaiteur, j'aurai du moins la consolation de mourir avec lui. &amp;quot; Le dey t&#233;moin de ce spectacle, en fut touch&#233; lui-m&#234;me et fit gr&#226;ce &#224; Choiseul. Apr&#232;s une exp&#233;dition qui avait dur&#233; pr&#232;s de deux mois, Duquesne laissa Tourville &#224; la t&#234;te de quelques vaisseaux pour bloquer la ville et revint &#224; Toulon; mais bient&#244;t un envoy&#233; du nouveau dey vint &#224; Versailles implorer la cl&#233;mence du roi de France, et le trait&#233; de paix fut conclu en 1683. Mezzo-Morto s'engageait &#224; rendre tous les Fran&#231;ais esclaves sur le territoire d'Alger ou ses d&#233;pendances; &#224; interdire aux corsaires de s'approcher de plus de dix lieues des c&#244;tes de France, et &#224; ne retenir en esclavage aucun des prisonniers fran&#231;ais faits par les ennemis de la France et amen&#233;s &#224; Alger; &#224; rel&#226;cher les Fran&#231;ais pris sur les vaisseaux &#233;trangers, d&#233;s qu'ils auraient fait conna&#238;tre leur origine; &#224; porter secours &#224; tout vaisseau fran&#231;ais, &#224; ne rien charger aux vaisseaux fran&#231;ais contre leur volont&#233; et &#224; les saluer d'un plus grand nombre de coups de canon que les navires appartenant &#224; d'autres nations; enfin, &#224; accorder, en cas de rupture de ce trait&#233;, conclu pour cent ans, aux n&#233;gociants fran&#231;ais qui se trouvaient en Alg&#233;rie, un d&#233;lai de trois mois pour se retirer en quelque lieu que ce f&#251;t, sans &#234;tre nullement inqui&#233;t&#233;s.En 1644, Duquesne fut charg&#233; d'aller bombarder G&#234;nes pour punir cette r&#233;publique d'avoir, contrairement aux trait&#233;s, pr&#234;t&#233; secours aux ennemis de la France et d'avoir pr&#233;f&#233;r&#233; l'alliance du roi Charles II d'Espagne &#224; celle du roi. Duquesne appareilla de Toulon ayant &#224; son bord Seignelay, ministre de la marine. Le bombardement commen&#231;a le 18 mai. Il dura trois jours et fit de grands ravages; il cessa momentan&#233;ment et, apr&#232;s quelques pourparlers sans r&#233;sultat, il recommen&#231;a plus terrible que jamais. Le principal faubourg de la ville fut pris et ruin&#233;; la ville elle-m&#234;me allait &#234;tre d&#233;vor&#233;e par les flammes quand le vent, venant &#224; souffler, la sauva de l'an&#233;antissement. Le feu de la flotte dura jusqu'&#224; ce qu'il ne resta plus une seule bombe aux Fran&#231;ais, ils en avaient lanc&#233; 14000. Duquesne laissa &#224; Tourville le soins de bloquer le port de G&#234;nes et cingla vers les c&#244;tes de Catalogne.Mais bient&#244;t les G&#233;nois, craignant un nouveau bombardement, firent leur soumission &#224; Louis XIV. On vit arriver &#224; Versailles, au milieu d'une pompe magnifique dont l'&#233;clat rehaussait le triomphe du vainqueur, le doge (chef des anciennes r&#233;publiques de G&#234;nes et de Venise) de Venise accompagn&#233; de quatre s&#233;nateurs, pour s'humilier au pied du tr&#244;ne de France et implorer le pardon royal. On sait &#224; ce propos, que quelqu'un ayant demand&#233; au doge ce qu'il trouvait de plus surprenant dans le merveilleux palais de Versailles, celui-ci r&#233;pondit : &amp;quot; C'est de m'y voir. &amp;quot; L'exp&#233;dition contre G&#234;nes fut la derni&#232;re de Duquesne. Apr&#232;s une vie glorieusement remplie, apr&#232;s tant de travaux, il devait aspirer au repos et go&#251;ter la paix au sein de sa famille; mais le h&#233;ros pouvait &#224; peine se r&#233;signer &#224; la retraite. Louis XIV lui dit : &amp;quot;M. Duquesne, un homme qui a servi aussi longtemps et aussi utilement que vous doit se reposer. Ceux qui vont commander dans la marine suivront vos le&#231;ons et vos exemples; ce sera encore vous qui conduirez nos flottes.&amp;quot; Ses quatre fils, h&#233;ritiers de valeur, l'entouraient de soins, de respect et d'amour; mais ce bonheur ne dura pas longtemps. Duquesne et ses enfants &#233;taient protestants; aussi apr&#232;s la r&#233;vocation de l'&#233;dit de Nantes, ses fils durent quitter la France, ils se r&#233;fugi&#232;rent en Suisse, o&#249; Duquesne avait achet&#233; une propri&#233;t&#233; quelques temps auparavant. Lui seul, de tous les protestants fran&#231;ais, fut except&#233; de la commune proscription, il resta donc dans sa patrie et y conserva son grade et ses honneurs. Ce fut sa religion qui emp&#234;cha Duquesne d'obtenir les grades &#233;lev&#233;s auxquels il avait le droit de pr&#233;tendre, et dont il &#233;tait si digne, il ne fut nomm&#233; que lieutenant-g&#233;n&#233;ral des arm&#233;es navales, et lorsqu'apr&#232;s une de ses victoires le c&#233;l&#232;bre marin vint &#224; la cour rendre compte de ses op&#233;rations, le roi lui dit avec regret : &amp;quot;Je voudrais, Monsieur, r&#233;compenser vos services comme ils m&#233;riteraient de l'&#234;tre; mais vous &#234;tes protestant, et vous connaissez mes id&#233;es l&#224;-dessus.&amp;quot; Duquesne mourut &#224; Paris le 2 f&#233;vrier 1688 &#226;g&#233; de soixante-dix-huit ans, apr&#232;s en voir consacr&#233; soixante au service de son pays. A ses derniers moments, il fit jurer &#224; son fils a&#238;n&#233; Henri, de ne jamais servir contre la France. On ne montra pas d'abord pour la d&#233;pouille mortelle du vainqueur de Ruyter le respect qu'on avait t&#233;moign&#233; pour ses vieux jours. On a peine &#224; comprendre, dit un biographe, que la France n'ait pas &#233;lev&#233; un tombeau &#224; celui qui avait acquis &#224; ce royaume l'empire de la mer. Mais plus tard, des r&#233;parations ont &#233;t&#233; faites &#224; la m&#233;moire de l'illustre marin : Louis XIV ordonna que son portrait fut plac&#233; dans les appartements royaux, et, en 1844, la ville de Dieppe lui &#233;leva une statue de bronze dont l'inauguration se fit au milieu de f&#234;tes brillantes et de l'all&#233;gresse g&#233;n&#233;rale. </description>
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     <title>Jean BART - par Pierrot le 02/02/2008 @ 09:19</title>
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     <description>Vie anecdotique De JEAN BART.&#160;Nulle vie n'est plus fertile en anecdotes que celle de Jean Bart; mais quelques historiens croient devoir les mettre en doute : il semblerait &#224; leurs yeux, qu'elles d&#233;pr&#233;cient le grand marin. Nous avouons que nous ne partageons pas cette mani&#232;re de voir; tout ce qu'on raconte de Jean Bart ne saurait nuire &#224; sa r&#233;putation et n'a rien qui &#233;tonne de la part d'un homme plus &#224; l'aise avec ses matelots sur le pont d'un navire qu'au milieu des courtisans l&#233;gers.Chap&#238;tre IJean Bart, le marin le plus populaire de France et qui est devenu un type, une personnification comme Bayard pour la chevalerie, naquit &#224; Dunkerque le 20 octobre 1650. Il n'&#233;tait pas le fils d'un pauvre p&#234;cheur comme on l'a r&#233;p&#233;t&#233; mais d'un vaillant corsaire, d'un armateur.Le p&#232;re de Jean BART avait acquis une honorable position dans la bourgeoisie de Dunkerque, et celle de sa m&#232;re, Catherine Janssens, y joussait d'une consid&#233;ration m&#233;rit&#233;e.La carri&#232;re de Jan Bart se d&#233;cida de bonne heure; tout jeune encore, il ne r&#234;vait que de combats et abordages. Embarqu&#233; d&#232;s l'&#226;ge de douze ans, il devint, quelques ann&#233;es plus tard, second ma&#238;tre &#224; bord d'une brigantine (petit b&#226;timent de la M&#233;diterran&#233;e) qui portait le nom &#233;pique de Cochon gras et qui it pour mission de croiser dans la Manche et de surveiller les mouvements des Anglais.Jean Bart fut plac&#233; comme volontaire dans la marine hollandaise, qui occupait alors le premier rang parmi celles du monde. Ce fut l&#224; qu'il re&#231;ut les premiers enseignements nautiques et qu'il apprit, sous Ruyter, le dur et noble m&#233;tier dans le quel il devait bient&#244;t se signaler.Les Hollandais, enivr&#233;s de leurs succ&#232;s, os&#232;rent insulter leurs voisins, il firent frapper plusieurs m&#233;dailles injurieuses pour les souverains. Une repr&#233;sentait la Hollande appuy&#233;e sur des troph&#233;es, avec une inscription qui annon&#231;ait qu'elle avait r&#233;tabli plusieurs rois sure leur tr&#244;ne, nettoy&#233; les mers, assur&#233; le repos de l'Europe par la force de ses armes. Messieurs les Hollandais ne manquaient pas de jactance: ils avaient fait repr&#233;senter le roi d'Angleterre, comme un prince fain&#233;ant et voluptueux; ils se vantaient d'avoir arr&#234;t&#233; le roi de France dans ses conqu&#234;tes, et firent encore frapper une m&#233;daille, sur laquelle on voyait Josu&#233; Benningue, un de leurs ministres, ayant un soleil au-dessus de sa t&#234;te, et pour devise ces mots : Conspectu meo stetit sol, signifiant : &#224; mon aspect le soleil s'arr&#234;ta. Ils voulaient exprimer par l&#224;, que la Hollande avait arr&#234;t&#233; la course de Louis XIV, dont la devise &#233;tait le soleil.Les Hollandais marquaient enfin la plus grande ingratitude &#224; la France, qui les avait toujours prot&#233;g&#233;s, leur avait m&#234;me fourni les moyens de secouer le joug de l'Espagne. Ils faisaient tous leurs efforts pour armer l'Europe contre cette puissance.Louis XIV, trop fier pour ne pas r&#233;primer leur insolence, fit publier, le 16 avril 1671, un manifeste, par lequel il leur d&#233;clarait la guerre, et en expliquait les raisons. Le roi d'Angleterre que les Hollandais avaient insult&#233;, joignit ses forces &#224; celle du roi de France. On fit des pr&#233;paratis de part et d'autre.Les Hollandais, voyant qu'ils allaient avoir &#224; combattre les deux puissances les plus formidables d'Europe, cherch&#232;rent &#224; rassembler tous ceux qui avaient marqu&#233; du talent pour la marine. Ils offrirent de l'emploi &#224; Jean Bart. Il n'avait alors que vingt et un ans et quelques mois;il ne s'&#233;tait jamais trouv&#233; &#224; m&#234;me de recevoir de ces pr&#233;ceptes n&#233;cessaires au commun des hommes, pour les guider dans leur conduite ; il n'avait &#233;tudi&#233; que la marine, ne savait que marine. Le g&#233;nie et le jugement lui indiqu&#232;rent ce qu'il devait faire dans cette circonstance. Il refusa les offres qu'on lui faisait, et ne voulut pas se couvrir de la honte attach&#233;e &#224; tous ceux qui portent les armes contre leur Patrie, il s'enfuit et retourna &#224; Dunkerque.Il se mit sur un vaisseau corsaire, montra tant de valeur qu'il se fit remarquer. Ce corsaire ne sortait jamais de Dunkerque, qu'il ne fit des prises consid&#233;rables. Les officiers et les matelots convenaient que c'&#233;tait &#224; lui qu'ils &#233;taient en partie redevables de leurs succ&#232;s ; qu'il les encourageait tous par son exemple.Son nom n'&#233;tait encore connu que dans le port de Dunkerque. Sa r&#233;putation ne s'&#233;tendait pas au-del&#224;; bient&#244;t elle fit un bruit qui se r&#233;pandit jusqu'&#224; la cour. En 1675, il vit que ses prises lui avaient procur&#233; une somme assez consid&#233;rable, et r&#233;solut d'employer ses talents pour lui m&#234;me. Il &#233;quipa &#224; ses frais une galiote, (b&#226;timent de moyenne grandeur) la monta de deux pi&#232;ces de canon, de trente-six hommes; alla en course, rencontra devant le Texel (&#238;le du Zuyderz&#233;e) une fr&#233;gate de dix-huit canons, de soixante-cinq hommes. Il eut la hardiesse de l'attaquer, monta &#224; l'abordage, s'en rendit ma&#238;tre, l'amena &#224; Dunkerque et fit d'autres prises qui le mirent en &#233;tat de s'associer avec plusieurs armateurs de ce port. Ils arm&#232;rent une fr&#233;gate de dix pi&#232;ces de canon ; Jean Bart la monta. A peine &#233;tait-il sorti du port de Dunkerque, qu'il en rencontra une hollandaise de douze pi&#232;ces de canon, nomm&#233;e l'Esp&#233;rance, il l'attaqua, la prit apr&#232;s un combat de quelques heures, alla ensuite croiser dans la mer Baltique, tomba sur une flotte marchande compos&#233;e d'un nombre consid&#233;rable de vaisseaux, escort&#233;e par deux fr&#233;gates, l'une de douze pi&#232;ces de canon, l'autre de dix-huit. Il aborda celle-ci, la prit, mit l'autre en fuite, d&#233;truisit une partie de la flotte et s'empara de l'autre. Ces exploits encourag&#232;rent les armateurs qui s'&#233;taient associ&#233;s avec lui ; ils firent construire cinq fr&#233;gates. Jean Bart en monta une qui se nommait la Palme, de dix-huit canons. &#201;tant chef de cette petite escadre, il fit mettre &#224; la voile le 23 mars 1676, rencontra un vaisseau hollandais de dix pi&#232;ces de canon, s'en empara et l'envoya &#224; Dunkerque. Cette prise fut estim&#233;e cinquante mille &#233;cus. Quelques jours apr&#232;s, il rencontra huit vaisseaux marchands qui venaient de Londres et &#233;taient charg&#233;s de diverses marchandises. Ils &#233;taient escort&#233;s par trois vaisseaux de guerre : l'un de Z&#233;lande, mont&#233; de dix-huit canons, les deux autres d'Ostende, mont&#233;s de vingt-quatre et de vingt-huit. Sit&#244;t qu'il les aper&#231;ut, il donna ordre &#224; une de ses fr&#233;gates d'attaquer les vaisseaux marchands et s'&#233;lan&#231;a sur les. trois qui les escortaient. Il monta d'abord &#224; l'abordage du vais&#173;seau z&#233;landais, abattit le capitaine &#224; ses pieds, for&#231;a l'&#233;quipage effray&#233; de se rendre, se h&#226;ta d'avancer contre le vaisseau osten&#173;dais de vingt-huit pi&#232;ces de canon ; mais celui-ci prit la fuite et l'autre, qui &#233;tait de vingt-quatre, suivit son exemple. Jean Bart conduisit les huit vaisseaux marchands &#224; Dunkerque, avec le vaisseau z&#233;landais qu'il avait pris &#224; l'abordage. Il y avait laiss&#233; le corps du capitaine qui &#233;tait tomb&#233; sous ses coups. Le lieute&#173;nant le fit embaumer et le conduisit en Hollande. Cette victoire fit beaucoup d'honneur &#224; Jean Bart : les trois capitaines ennemis &#233;taient regard&#233;s comme de tr&#232;s braves officiers.Jean Bart arrivait toujours &#224; Dunkerque avec des prises con&#173;sid&#233;rables, apr&#232;s s'&#234;tre rendu ma&#238;tre ou avoir mis en fuite les vaisseaux d'escorte. Au mois de mai 1677, il rencontra seize vaisseaux marchands richement charg&#233;s, qui allaient de Hol&#173;lande en Angleterre et &#233;taient escort&#233;s par une fr&#233;gate de vingt-quatre pi&#232;ces de canon. Il attaqua cette fr&#233;gate avec son intr&#233;pi&#173;dit&#233; ordinaire : celui qui la commandait &#233;tant courageux, opposa une r&#233;sistance opini&#226;tre. Cette r&#233;sistance excitait le courage de Jean Bart : il animait ses matelots par son exemple ; enfin, apr&#232;s un combat de trois heures, il se rendit ma&#238;tre de la fr&#233;gate hol&#173;landaise, prit les vaisseaux marchands et les amena &#224; Dunkerque. Trop vif et trop bouillant pour rester dans l'inaction, il se remit en course au mois de septembre de la m&#234;me ann&#233;e, avec la m&#234;me fr&#233;gate, qu'il avait fait radouber; il en rencontra une, nomm&#233;e le Neptune, de trente-six canons, avec un &#233;quipage assez consi&#173;d&#233;rable qui escortait plusieurs vaisseaux marchands. L'intr&#233;pide Jean Bart ne balance pas &#224; l'attaquer, l'aborde, renverse sous ses coups tous ceux qu'il rencontre, jette l'&#233;pouvante dans le vaisseau ennemi, s'en rend ma&#238;tre, enl&#232;ve les vaisseaux marchands et les conduit en France avec la fr&#233;gate ennemie. Louis XIV, inform&#233; des belles actions de ce redoutable marin, lui envoie une m&#233;daille et une cha&#238;ne d'or.Le vaisseau la Palme, que Jean Bart avait coutume de monter et avec lequel il s'&#233;tait tant de fois pr&#233;cipit&#233; au milieu des hasards, se trouvant hors d'&#233;tat de servir,, par la multitude des coups de canon qu'il avait re&#231;us, il en prit un autre, nomm&#233; le Dauphin, de quatorze pi&#232;ces de canon. Au mois de mars 1678, il rencon&#173;tra un vaisseau hollandais, nomin&#233; le Scherdan, de trente-deux pi&#232;ces de canon, qui servait de garde-c&#244;te devant le Texel. Ce vaisseau, se fiant sur ses forces, alla &#224; lui, l&#226;cha sa bord&#233;e et crut qu'il allait enlever le Dauphin ; il se r&#233;jouissait d&#233;j&#224; de la gloire d'avoir pris le redoutable Jean Bart. La sup&#233;riorit&#233; du nombre des canons et des hommes ne jette point la crainte dans l'&#226;me d'un v&#233;ritable guerrier, il est incapable d'en sentir. Jean Bart ordonne qu'on monte &#224; l'abordage ; commande et combat. Il re&#231;oit plusieurs blessures, renverse ceux qui lui r&#233;sistent, s'&#233;&#173;lance sur le commandant du vaisseau ennemi, l'abat et s'empare de son b&#226;timent.L'Angleterre s'&#233;tait, depuis plusieurs ann&#233;es, d&#233;tach&#233;e de la France pour s'unir contre elle &#224; la Hollande et &#224; l'Espagne ; par cette r&#233;union, la mer fut couverte d'un plus grand nombre de vaisseaux ennemis, et Jean-Bart trouva plus souvent occasion de combattre, de remporter des victoires et de faire des prises. Il coula bas, fit &#233;chouer, br&#251;la et amena au port de Dunkerque un nombre incroyable de vaisseaux : les Registres de la Marine en sont remplis.La paix &#233;tant sign&#233;e avec toutes les puissances, vers la fin de 1678, le roi, qui avait souvent entendu vanter le grand courage et la grande capacit&#233; de Jean-Bart, voulut l'avoir &#224; son service, il le fit lieutenant de vaisseau. (8 janvier 1679.)L'Espagne ayant refus&#233; de c&#233;der &#224; la France les &#233;quivalents pour les places qu'elle lui avait rendues &#224; la paix, Louis XIV r&#233;solut de se faire justice par lui-m&#234;me ; il fit entrer des troupes sur les terres d'Espagne et prit plusieurs places. L'Espagne, malgr&#233; la faiblesse o&#249; elle se trouvait alors, d&#233;clara la guerre &#224; la France, en 1683. Elle esp&#233;rait que toutes les autres puissances de l'Europe se r&#233;uniraient &#224; elle pour arr&#234;ter les projets ambitieux qu'on attribuait &#224; Louis XIV. Elle se trompa : la Hollande refusa de se pr&#234;ter aux sollicitations du prince d'Orange ; Charles II, roi d'Angleterre, ne voulait point rompre avec la France ; l'empereur &#233;tait occup&#233; contre les Turcs. Louis XIV retourna toutes ses forces de terre et de mer contre les Espagnols. Jean-Bart eut le commandement d'une fr&#233;gate, avec ordre de croiser dans la M&#233;diterran&#233;e. Il rencontra un vaisseau de guerre espagnol dans lequel il y avait trois cent cinquante soldats espagnols, l'attaqua, le prit et le conduisit &#224; Brest. Peu de temps apr&#232;s, il s'embarqua avec le sieur d'Amblimont, sur le vaisseau le Mod&#233;r&#233;, faisant partie de la flotte qui devait aller attaquer celle des Espagnols aux environs de Cadix. Les deux arm&#233;es navales se rencontr&#232;rent et se livr&#232;rent un combat furieux. Jean Bart y fit des prodiges de valeur et prit deux vaisseaux de guerre espagnols, quoiqu'il e&#251;t &#233;t&#233; bless&#233; &#224; la cuisse.En 1689, il monta une fr&#233;gate de vingt-quatre pi&#232;ces de canon, partit de Dunkerque avec le chevalier de Forbin, qui en montait une de seize. Ils avaient re&#231;u ordre d'escorter plusieurs vaisseaux marchands, charg&#233;s pour le compte du roi, et qui allaient &#224; Brest. Pendant le trajet, ils rencontr&#232;rent un corsaire hollandais de quatorze pi&#232;ces de canon, lui donn&#232;rent la chasse, le joignirent et mont&#232;rent &#224; l'abordage. Le corsaire se battit en d&#233;sesp&#233;r&#233;, il ne se rendit qu'apr&#232;s avoir perdu la plus grande partie de son &#233;quipage. Jean Bart et le chevalier de Forbin le conduisirent &#224; Brest avec les vaisseaux qu'ils escortaient. Ils re&#231;urent ordre d'aller au Havre, pour escorter vingt autres vaisseaux marchands qui &#233;taient pr&#234;ts &#224; partir. Au milieu de la Manche, par le travers des Casquets, ils rencontr&#232;rent deux vaisseaux de guerre anglais, de cinquante pi&#232;ces de canon. Le prince d'Orange, qui &#233;tait mont&#233; depuis peu sur le tr&#244;ne d'Angleterre, avait engag&#233; cette puissance &#224; se d&#233;clarer contre Louis XIV.A force de voiles, les deux vaisseaux anglais arriv&#232;rent sur la flotte fran&#231;aise. Le chevalier de Forbin conseilla &#224; Jean Bart de prendre le large. Jean Bart lui dit qu'il ne se couvrirait jamais de la honte d'avoir fui devant l'ennemi. Il commandait la flotte, il fallut ob&#233;ir. Jean Bart et Forbin arm&#232;rent trois des plus forts vaisseaux marchands, prirent des matelots dans les autres, leur donn&#232;rent ordre d'attaquer un des deux vaisseaux ennemis, afin de l'occuper pendant qu'ils combattraient contre l'autre. Jean Bart dit au chevalier de le seconder et alla &#224; pleines voiles sur un des vaisseaux anglais ; mais le vent, qui devint calme &#224; l'instant, lui fit faire un faux abordage : son beaupr&#233; s'embarrassa dans les haubans du vaisseau ennemi. Le chevalier de Forbin vint promptement &#224; son secours ; Jean Bart se d&#233;gagea. Ils attaqu&#232;rent l'ennemi avec tant de fureur, qu'ils le forc&#232;rent &#224; abandonner son pont et le gaillard, ils se voyaient au moment de s'en rendre ma&#238;tres; mais le second vaisseau anglais vint &#224; son secours ! Les trois vaisseaux marchands, au lieu de lui livrer combat, comme on en &#233;tait convenu, l&#226;ch&#232;rent prise. Ce vaisseau attaqua les deux fr&#233;gates fran&#231;aises, &#224; la petite port&#233;e du fusil, ce qui fit changer l'ordre du combat, qui devint alors terrible. Jean Bart et le che&#173;valier de Forbin se battirent comme deux lions en fureur, pour donner le temps aux vaisseaux marchands de fuir. Enfin, la plus grande partie de l'&#233;quipage des fr&#233;gates fran&#231;aises p&#233;rit. Les deux capitaines furent bless&#233;s et leurs vaisseaux ras&#233;s de l'avant &#224; l'ar&#173;ri&#232;re. Ils se rendirent ne pouvant plus se d&#233;fendre. La victoire co&#251;ta cher aux Anglais : ils perdirent une quantit&#233; prodigieuse de matelots et d'officiers, du nombre desquels fut le capitaine. Le contre-ma&#238;tre prit le commandement des deux vaisseaux, condui&#173;sit Jean Bart et le chevalier de Forbin &#224; Plymouth avec leurs fr&#233;&#173;gates et traita les prisonniers fort durement. Il &#233;tait f&#226;ch&#233; de voir que leur courage et leur opini&#226;tret&#233; lui avaient co&#251;t&#233; tr&#232;s cher et avaient facilit&#233; aux b&#226;timents marchands le moyen de s'enfuir &#224; la Rochelle. On d&#233;pouilla le chevalier de Forbin et on laissa Jean Bart avec ses habits, parce qu'il parlait anglais. Le gouverneur de Plymouth donna d'abord des marques de consid&#233;ration &#224; ces deux officiers, il les fit manger avec lui, les traita m&#234;me magni&#173;fiquement ; mais il ne fit pas rendre les habits au chevalier de Forbin. Le repas &#233;tant achev&#233;, il les fit conduire dans une petite auberge, o&#249; on les enferma dans une chambre dont les fen&#234;tres &#233;taient grill&#233;es ; on mit en outre des gardes &#224; la porte. On crut qu'on ne pouvait assez prendre de pr&#233;cautions pour retenir en prison un homme aussi entreprenant que Jean-Bart.Une pareille situation ne pouvait manquer d'impatienter deux hommes tels que Jean Bart et Forbin : ils s'occupaient sans cesse &#224; chercher les moyens de sortir de captivit&#233;. Le hasard les leur procura. Un matelot ostendais, parent de Jean Bart, conduisait un petit b&#226;timent de sa nation ; il fut tellement battu par la temp&#234;te qu'il se trouva oblig&#233; de rel&#226;cher &#224; Plymouth pour se refaire, Il apprit que Jean Bart y &#233;tait d&#233;tenu, demanda et obtint la permission de l'aller voir. Forbin et Jean Bart lui communiqu&#232;rent le projet qu'ils avaient form&#233; de s'&#233;vader et lui offrirent douze cents livres, s'il voulait bien leur pr&#234;ter du secours. Cette somme le tenta; il leur apporta une lime pour limer une des grilles do leurs fen&#234;tres. Ils mirent dans leur complot un chirurgien qui pansait leurs blessures ; il &#233;tait fran&#231;ais, avait &#233;t&#233; pris sur un vaisseau de cette nation, et d&#233;sirait beaucoup s'en retourner en France. Deux mousses, charg&#233;s d'avoir soin d'eux, furent gagn&#233;s par leurs promesses, ils les servirent avec z&#232;le. Au bout de onze Tours, les mousses dirent aux prisonniers qu'ils pouvaient partir, qu'ayant trouv&#233; un batelier ivre, &#233;tendu dans son canot, ils l'avaient transport&#233; dans un autre, et conduit le sien dans un endroit &#233;cart&#233; du port ; qu'ils pourraient s'y embarquer pendant la nuit sans &#234;tre aper&#231;us. Ils pri&#232;rent le chirurgien de dire au matelot ostendais de porter du pain, de la bi&#232;re, du fromage, un uneboussole, un compas, une carte marine dans le canot que les mousses avaient mis &#224; l'&#233;cart et de tenir tout pr&#234;t pour minuit. Les deux prisonniers se h&#226;t&#232;rent de limer la grille d'une de leurs fen&#234;tres, et sit&#244;t que le matelot ostendais eut jet&#233; une pierre par cette fen&#234;tre, comme ils en &#233;taient convenus, ils attach&#232;rent leurs draps aux d&#233;bris de la grille, descendirent, trouv&#232;rent le matelot qui les attendait, se rendirent promptement au canot avec le chirurgien et les deux mousses. Le chevalier de Forbin, qui n'&#233;tait pas encore gu&#233;ri de ses blessures, se chargea du gouvernail. Jean Bart prit le grand aviron, un des mousses prit le petit. En traversant la rade. ils rencontr&#232;rent plusieurs anglais qui croisaient. On cria &#171; O&#249; va le canot ? &#187; Jean Bart, qui, comme nous l'avons dit, savait l'anglais, r&#233;pondit : &#171; P&#234;cheur. &#187;Un brouillard fort &#233;pais, qui s'&#233;tait &#233;lev&#233; pendant la nuit, favorisa leur fuite. Ils mirent deux jours et demi &#224; traverser la Manche. Jean Bart &#233;tait jeune et vigoureux, il rama pendant tout ce temps avec un courage qui &#233;tonna le chevalier de Forbin : il ne discontinuait que pour manger, ce qu'il faisait m&#234;me avec beaucoup de pr&#233;cipitation. Ils arriv&#232;rent enfin sur les c&#244;tes de Bretagne, apr&#232;s avoir fait soixante-quatre lieues, abord&#232;rent pr&#232;s d'un village &#224; six lieues de Saint-Malo. Ils y trouv&#232;rent une brigade de six hommes, charg&#233;s d'arr&#234;ter les religionnaires qui passaient en Angleterre. Un de ces soldats reconnut le chevalier de Forbin, alla &#224; lui, le salua, lui dit que le bruit s'&#233;tait r&#233;pandu qu'ils &#233;taient morts, Jean Bart et lui. Ils all&#232;rent &#224; Saint-Malo et trouv&#232;rent plusieurs marchands qui leur offrirent de l'argent.Le chevalier de Forbin se rendit &#224; la cour ; Jean Bart, qui n'y avait aucun appui, ne voulut pas y aller, il craignait qu'on ne leur reproch&#226;t de s'&#234;tre mal d&#233;fendus ; mais la renomm&#233;e les y avait devanc&#233;s. Ceux qui formaient l'&#233;quipage des vaisseaux marchands avaient fait conna&#238;tre la valeur de Forbin et de Jean Bart, persuad&#233;s que c'&#233;tait &#224; elle seule qu'ils &#233;taient redevables de leur conservation, que ces deux braves officiers s'&#233;taient sacrifi&#233;s pour les sauver. Le chevalier de Forbin, instruit des sentiments du roi &#224; leur &#233;gard, alla chez M. de Seignelay, ministre de la marine. Ce seigneur le re&#231;ut avec beaucoup d'empressement, le pr&#233;senta au roi, qui lui marqua des bont&#233;s et lui demanda les d&#233;tails do son aventure. Il lui donna quatre cents &#233;cus de gratification. Le chevalier de Forbin assure qu'il dit au roi que Jean Bart avait partag&#233; les dangers avec lui, que sa valeur &#233;tait &#224; toute &#233;preuve, enfinqu'il &#233;tait digne des attentions et des bont&#233;s de Sa Majest&#233;. Le Monarque sut bon gr&#233; au chevalier de Forbin de rendre justice &#224; Jean Bart, il dit &#224; M. de Louvois qui &#233;tait alors aupr&#232;s de lui : — Le chevalier de Forbin fait une action qui n'a gu&#232;re d'exemple &#224; ma Cour.II le fit capitaine de vaisseau, donna le m&#234;me grade &#224; Jean Bart et lui envoya la m&#234;me gratification. Cette action m&#233;riterait effectivement de grands &#233;loges si on pouvait en croire le chevalier de Forbin ; mais il est suspect lorsqu'il parle de lui, comme on le verra dans la suite.C'est pendant un des combats de l'ann&#233;e 1688 que Jean Bart ayant vu son fils, un enfant de douze ans, p&#226;lir aux premi&#232;res vol&#233;es du canon, dit aux matelots qui l'entouraient : Attachez-le au grand m&#226;t, il faut qu'il s'accoutume &#224; cette musique ! et on l'y laissa jusqu'&#224; la fin de l'action.Sous l'influence d'une impression premi&#232;re, cette action, dit un &#233;crivain, semble porter l'empreinte d'une cruaut&#233; effrayante; mais lorsqu'on se repr&#233;sente la bouillante intr&#233;pidit&#233; de notre h&#233;ros, l'ascendant qu'elle devait exercer &#233;videmment sur son &#201;quipage, les sublimes souvenirs du courage h&#233;r&#233;ditaire dans la Camille des Bart, on con&#231;oit alors qu'au milieu d'un feu meurtrier, Jean Bart, dans un moment de s&#233;v&#232;re exaltation, pour donner un exemple salutaire aux hommes sous son commandement, ait &#233;touff&#233; un moment le cri de la nature en pr&#233;f&#233;rant, pour son fils, Li mort &#224; la l&#226;chet&#233;. La le&#231;on profita, car cet enfant fut, plus tard, an de nos bons officiers de mer, et parvint au grade de vice-amiral.Rome vit autrefois le consul Brutus, immolant les sentiments paternels au salut de la patrie, condamner lui-m&#234;me &#224; mort ses deux fils, convaincus de complicit&#233; pour le r&#233;tablissement des Tarquins, et assister &#224; leur supplice.En 1690, le roi fit faire un armement consid&#233;rable &#224; Brest et en donna le commandement au comte de Tourville, qu'il fit vice-amiral. Jean Bart, qui &#233;tait alors &#224; Dunkerque, eut ordre de monter l'Alcyon, de quarante canons , de deux cents hommes d'&#233;quipage, et d'aller joindre la flotte de Brest. Elle se trouva compos&#233;e de soixante-dix-huit vaisseaux de guerre et de vingt et un br&#251;lots. Elle mit &#224; la voile le 23 juin 1690 et entra dans la Manche le 29. Le 4 juillet, le comte de Tourville chercha quelqu’un qui f&#251;t assez hardi, et en m&#234;me temps assez adroit pour aller reconna&#238;tre l'ennemi. Jean Bart se pr&#233;senta, il se mit dans une petite chaloupe avec des filets et avan&#231;a, pendant la nuit, vers les ennemis. On cria : &#171; Qui vive! &#187; Il r&#233;pondit en anglais : &#171; P&#234;cheur ! &#187; On le laissa tranquille : il examina alors avec attention la position des ennemis, et revint en rendre compte &#224; M. de Tourville. Leur arm&#233;e n'&#233;tait compos&#233;e que de cinquante sept vaisseaux de guerre, de trente petits b&#226;timents, tant fr&#233;gates que br&#251;lots. Elle &#233;tait au vent, rang&#233;e sur une m&#234;me ligne, les vaisseaux n'&#233;tant &#233;loign&#233;s que d'un demi c&#226;ble les uns des autres. Les Hollandais avaient l'avant-garde ; l'amiral Rouge d'Angleterre faisait le corps de bataille, l'amiral Bleu, de la m&#234;me nation, faisait l'arri&#232;re-garde. Tous leurs vaisseaux &#233;taient plus forts que ceux de France : il y en avait plus de douze de cent pi&#232;ces de canon, les autres &#233;taient &#224; proportion. Comme cons&#233;quence de ce renseignement, M. le comte de Tourville se pr&#233;para au combat ; il rangea son arm&#233;e en ordre de bataille, alla aux ennemis et les attaqua sur les neuf heures du matin. Pendant ce combat, qui dura une partie de la journ&#233;e, les Hollandais montr&#232;rent beaucoup plus de courage que les Anglais. Six de leurs gros vaisseaux furent d&#233;m&#226;t&#233;s et cribl&#233;s, ils en firent &#233;chouer plusieurs autres que les Fran&#231;ais br&#251;l&#232;rent ; leur perte monta enfin &#224; quinze vaisseaux, les deux tiers de leurs &#233;quipages furent tu&#233;s ou mis hors de combat. Du c&#244;t&#233; des Fran&#231;ais, il n'y eut que quatre cents hommes de tu&#233;s, et environ cinq cents de bless&#233;s.Apr&#232;s le combat, les deux flottes alli&#233;es se retir&#232;rent dans la Tamise pour se radouber. Les &#201;tats de Hollande, instruits de la d&#233;faite de leur marine, arm&#232;rent promptement quatorze gros vaisseaux et les firent passer dans la Tamise pour y joindre les autres. L'arm&#233;e fran&#231;aise regagna les c&#244;tes de France; on d&#233;barqua les bless&#233;s et les malades &#224; Honfleur et au Havre.Pendant que M. de Tourville faisait r&#233;parer ses Vaisseaux, Jean Bart fit promptement radouber le sien, qui n'avait &#233;t&#233; que fort l&#233;g&#232;rement endommag&#233;, quoiqu'il se f&#251;t battu longtemps avec un courage qui effrayait les ennemis et excitait le courage de ceux qui &#233;taient avec lui. Il alla croiser sur les c&#244;tes de Hollande, d&#233;truisit la p&#234;che des Hollandais et coula bas presque tous leurs vaisseaux p&#234;cheurs. Les &#201;tats de Hollande se plaignirent beaucoup ; mais leurs plaintes faisaient l'&#233;loge de Jean Bart. Ce ne fut pas assez pour lui d'avoir fait sentir les effets de son activit&#233; &#224; une partie des ennemis de sa nation, il voulut encore montrer son courage &#224; une autre. En revenant &#224; Dunkerque, il rencontra deux vaisseaux anglais qui transportaient en Angleterre quatre cent cinquante soldats danois, il les attaqua sur le champ et les emmena avec lui. Il alla ensuite &#224; Brest joindre la flotte : on le d&#233;tacha avec quatre autres vaisseaux de guerre pour aller en Irlande appuyer ceux qui tenaient le parti du roi Jacques. Pendant ce temps, le comte de Tourville fit une descente en Angleterre, br&#251;la- douze vaisseaux ennemis qui &#233;taient dans la baie de Tingmouth et retourna &#224; Brest vers le milieu du mois d'ao&#251;t 1690.Le roi avait fait charger &#224; Hambourg deux vaisseaux de poudre, de cuivre, de plomb, d'armes, etc. Ils &#233;taient rest&#233;s &#224; l'Elbe, o&#249; on les radoubait. On eut peur que les Hollandais n'en fussent inform&#233;s et ne s'en emparassent ; on chercha quelqu'un qui f&#251;t capable de les escorter et de les d&#233;fendre : Jean Bart fut nomm&#233; pour cette exp&#233;dition. Il partit sur le champ et se rendit &#224; Hambourg ; l&#224;, il apprit que les deux vaisseaux n'&#233;taient pas encore pr&#234;ts. Trop actif pour rester dans l'inaction, il alla croiser sur ces c&#244;tes et ran&#231;onna pour quarante-cinq mille &#233;cus de b&#226;timents qui revenaient de la p&#234;che de la baleine, retourna &#224; Dunkerque avec ces ran&#231;ons et les deux navires charg&#233;s de marchands, et brava plusieurs vaisseaux de guerre hollandais que les ennemis avaient envoy&#233;s sur son passage pour l'arr&#234;ter.Louis XIV, instruit que les ennemis faisaient tous leurs efforts pour r&#233;parer la perte qu'ils avaient essuy&#233;e dans la Manche l’ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, envoya ordre &#224; M. le comte de Tourville de faire tous les pr&#233;paratifs qu'il croirait n&#233;cessaires pour leur r&#233;sister. Le comte se rendit &#224; Brest, fit la revue de la flotte, de ses &#233;quipages et se tint pr&#234;t &#224; partir. Jean Bart fut charg&#233; de commander le vaisseau l'Entendu, dans l'escadre Bleu : il &#233;tait de soixante six pi&#232;ces de canon, et de quatre cents hommes d'&#233;quipage; mais il ne se passa rien de remarquable cette ann&#233;e &#171;entre la flotte des ennemis et celle de France. Jean Bart se retira &#224; Dunkerque pour attendre les ordres du roi. Les Hollandais et les Anglais bloqu&#232;rent ce port de mani&#232;re qu'ils emp&#234;chaient les gros vaisseaux d'y entrer et d'en sortir. Jean Bart, impatient de se voir ainsi enferm&#233;, r&#233;solut de tout tenter pour sortir de cette insupportable oisivet&#233;. Il fit proposer &#224; M. de Pontchartrain, alors ministre de la marine et successeur de M. de Seignelay, d'armer une escadre de petits vaisseaux, il assura co ministre qu'il passerait avec cette escadre par les intervalles des vaisseaux ennemis, qu'il gagnerait la pleine mer et irait interrompre le commerce que les Anglais et les Hollandais faisaient avec trop de tranquillit&#233; dans le Nord. M. de Pontchartrain go&#251;ta d'abord son projet et lui manda de faire l'armement qu'il proposait, il lui fit m&#234;me tenir l'argent qui pouvait lui &#234;tre n&#233;cessaire. La cour a toujours &#233;t&#233; remplie d'envieux : il s'en trouva alors qui virent avec d&#233;pit qu'un homme d'une naissance relativement obscure fixait l'attention du ministre et &#233;tait charg&#233; d'une exp&#233;dition de la plus grande importance. Ils dirent que le projet de Jean Bart &#233;tait impraticable et qu'il engageait le roi &#224; faire des d&#233;penses inutiles. Le ministre les crut trop facilement, il &#233;crivit d'une mani&#232;re un peu dure &#224; Jean Bart, lui ordonnant de discontinuer l'armement.Un homme d'un caract&#232;re moins ferme serait rest&#233; accabl&#233; sous le coup que l'envie lui portait; mais Jean Bart fit une r&#233;ponse concert&#233;e avec le chevalier de Forbin. Il manda au ministre que son projet &#233;tait si bien combin&#233; qu'il ne doutait pas de la r&#233;ussite, il lui pr&#233;senta les moyens qu'il emploierait pour y parvenir, se chargea de tous les &#233;v&#233;nements et assura que les int&#233;r&#234;ts du roi demandaient qu'on le laiss&#226;t continuer. M. de Pontchartrain c&#233;da &#224; ses raisons et lui r&#233;pondit d'une mani&#232;re obligeante, l'engageant &#224; continuer. L'armement &#233;tant achev&#233;, ils mirent &#224; la voile pendant la nuit. Jean Bart, qui &#233;tait &#224; la t&#234;te de l'escadre, dit aux autres capitaines de le suivre et de l'imiter. Il passa parun des intervalles qui &#233;taient entre les vaisseaux ennemis, l&#226;cha ses deux bord&#233;es de canon, et les autres l'imit&#232;rent. Jean Bart &#233;taient en pleine mer, et les ennemis, dans leur surprise, n'avaient pas encore song&#233; &#224; l'attaquer. Au point du jour, il se trouva hors de leur vue. Vers le soir, il aper&#231;ut quatre vaisseaux qui suivaient la m&#234;me route que lui. Il crut d'abord qu'ils avaient &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;s de ceux qui faisaient le blocus de Dunkerque, il les envoya reconna&#238;tre et apprit que c'&#233;taient trois vaisseaux marchands anglais richement charg&#233;s pour la Russie et escort&#233;s par un vaisseau de guerre. Il les serra de pr&#232;s pendant la nuit, attaqua d&#232;s le point du jour le vaisseau de guerre, le prit sans essuyer beaucoup de r&#233;sistance et s'empara des trois vaisseaux marchands. Jean Bart avait re&#231;u ordre de la cour de br&#251;ler tous les vaisseaux ennemis qu'il prendrait ; mais Patoulet, intendant de Dunkerque, &#233;tait occup&#233; de ses int&#233;r&#234;ts ; il modifia ses ordres, lui fit entendre que l'intention de la cour &#233;tait d'en excepter les prises d'une certaine importance et lui donna m&#234;me un commissaire avec ordre de lui remettre les prises qui seraient d'un prix un peu consid&#233;rable. Comme les quatre vaisseaux valaient au moins quatre millions, le commissaire de l'intendant s'en empara, les fit amariner et conduire par une fr&#233;gate &#224; Berghem en Norv&#232;ge.Deux jours apr&#232;s, l'escadre de Jean Bart rencontra encore la flotte hollandaise de la p&#234;che aux harengs, qui n'&#233;tait escort&#233;e que par an vaisseau de guerre. Les Hollandais la croyaient en s&#251;ret&#233;, imaginant que les Anglais, qui bloquaient le port de Dunkerque, emp&#234;cheraient le redoutable Jean Bart d'en sortir. Il enleva le vaisseau de guerre, br&#251;la tous les autres, prit les &#233;quipages sur ses vaisseaux et rel&#226;cha les prisonniers sur les c&#244;tes d'Angleterre. Faisant ensuite une descente sur les c&#244;tes d'&#201;cosse, il y incendia plusieurs villages, y br&#251;la quelques p&#234;cheries et rentra &#224; Dunkerque charg&#233; d'un riche butin. (fin du chap&#238;tre I)</description>
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