
|
Labyrinthe au sol dans la cathédrale de Chartres |
|
labyrinthe au sol dans la cathédrale d'Amien |
|
Labyrinthe gravé sur une pierre
La gravure est de dimensions modestes: environ 15cm x 20 cm. La pierre plate sur laquelle elle est gravée est un shiste très dur légèrement bleuté qui ne se trouve pas dans la région. Elle a une épaisseur d'environ 6 cm et pèse une dizaine de kilos. Elle a été trouvée enfouie devant la porte d'une maison de Cristinace construite au milieu du 19ème siècle. Le fait que la pierre sur laquelle la gravure a été faite soit restée à l'état brute (ses bords n'ont pas été taillés) semble indiquer qu'elle était destinée à être incluse dans un mur ou dans le sol d'une construction (maison, temple ou église). D'après un ethnologue, consulté, elle pourrait avoir été placée devant la porte de la maison, à titre propitiatoire (c'est à dire pour rendre les dieux propices), et proviendrait d'un autre lieu: les belles pierres voyagent beaucoup en Corse. Le dessin gravé évoque le tracé d'un labyrinthe. Des pierres gravées du même type sont souvent trouvées sur les murs ou sur le sol d'églises datant du Moyen Age. La figure du labyrinthe, que l'on retrouve dans la plupart des civilisations, est associée à des puissances mystérieuses, investie de pouvoirs magique ou spirituels. Les labyrinthes gravés sur le sol des églises étaient à la fois la signature de confréries initiatiques, et de constructeurs: ancètres de la Franc-Maçonnerie. A titre d'exemple deux photos de labyrinthes gravés sur le sol de deux églises du 12ème siècle sont montrés ci-dessous.
A partir de ces deux exemples, on peut définir les caractéristiques principales de ces labyrinthes initiatiques. 1°- Le domaine magique que le candidat doit atteindre est situé au centre du labyrinthe; il est vierge de tout chemin et souvent décoré d'un symbole (ici une fleur). 2°- Le chemin à suivre s'inscrit dans des figures concentriques au domaine magique: des cercles concentriques à Chartres, des octogones à Amien, des rectangles à Cristinacce. 3°- La topologie du chemin à suivre laisse apparaître "en trompe l'oeuil" deux lignes perpendiculaires qui s'arrêtent à la frontière du domaine magique. Elles symbolisent la fausse apparence des choses: ce ne sont pas des chemins mais de fausses illusions de chemins. Certes le labyrinthe gravé sur la pierre trouvée à Cristinacce est beaucoup plus sommaire: il est rectangulaire, donc plus facile à graver et ne comporte que trois niveaux concentriques; mais il reproduit les trois caractéristiques essentielles des labyrinthes initiatiques définis ci-dessus: le domaine magique au centre, les figures concentriques, et les deux lignes perpendiculaires qui s'arrêtent à la fronctière du domaine magique. Le chemin à suivre n'est pas indiqué, seules ses fausses apparences sont gravées dans la pierre. Le message semble donc être: "pour trouver ton chemin, ne t'arrêtes pas à l'apparence des choses". Ce symbole labyrinthique est certainement la signature d'une conférie initiatique. L'âge de cette gravure sur pierre est incertaine. Deux hypothèses sont possibles: 1°- Il existait en Corse, au 19ème siècle (à la date de construction de la maison), des sociétés secrètes initiatiques reliées à la Franc-Maçonnerie tels que par exemple les Carbonari (société secrète d'origine Italienne) dont certains membres poursuivis par les gendarmes, se cachaient dans la montagne et auraient peut-être gravé ce symbole Maçonnique pour "passer le temps". 2°- La pierre gravée peut provenir d'un site archéologique. Dans ce cas, l'âge de la gravure pourait être beaucoup plus grand. En effet, la tradition des labyrinthes est plus ancienne que la Grèce Antique et même que la civilisation Egyptienne. Les symboles labyrinthiques remontent à l'âge du bronze, voire même au Néolithique.
|