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Exposition NAISSANCES

octobre 2005 -
août 2006

au Musée de l'Homme

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L’exposition « Naissances » met en évidence la situation de diversité culturelle dans laquelle, dans notre société comme dans bien d’autres, est vécu l’enfantement. Elle retrace, en trois grandes étapes, le déroulement de la naissance :
- l'accouchement et la venue au monde du bébé.
- les rites et les soins à la mère et au nouveau-né, à la naissance et pendant les premières semaines qui suivent.
- la naissance sociale : dation du nom, annonce de l’événement, visites et cérémonies qui intègrent le nouveau-né à sa communauté.

Associant des objets usuels et exceptionnels, des images fixes et animées et des témoignages sonores, son objectif est de constituer un miroir où se croisent les naissances d'aujourd'hui et les naissances d'hier, mais aussi les pratiques en vigueur ici en France métropolitaine avec les traditions culturelles venues d’ailleurs : Maghreb, Afrique, Vietnam, La Réunion.
Ouverte sur la diversité culturelle, cette exposition s’offre également au regard des visiteurs sous l’angle de la diversité des approches : anthropologique, biologique, sociologique, littéraire, artistique, philosophique…

Voici comment cette exposition a été ressentie par un des élèves de Seconde 8, Arnaud POULAIN, qui a sélectionné les scènes qui l'ont le plus touché (extraits du site du musée de l'homme)

Autour de la naissance :
Rites et soins de la mère : La réclusion, l'isolement, voire la réclusion prolongée de la mère et de son bébé, est une constante retrouvée dans toutes les civilisations, visant à la fois la protection de la mère et de son enfant, mais correspondant aussi au souci des hommes de se protéger de la souillure féminine et des méfaits d'un être, d'un esprit non encore socialisé:

Amulettes islamo-africaines et africaines de seuil

Chambre de maternité
Se reconstituer, se protéger, se purifier : Chaque soin corporel, chaque prise de nourriture, chaque interdit, vise à fortifier, à protéger et à purifier la mère et l'enfant avant leur retour à la vie sociale ordinaire. L'administration de remèdes, l'usage d'amulettes à même le corps ou sous le berceau, les aspersions d'eau " bénite " sont tous aussi des rites, sans lesquels la vie serait compromise et l'ordre social menacé.

Ensemble d'objets cosmétiques et thérapeutiques féminins

Repas de l'accouchée

Devenir mère :
un moment qui initie la construction jour après jour d'une relation unique, celle de la mère et de son enfant.

Les relevailles : Puis vient le moment du retour dans la vie normale.


Le journal de bébé tenu par maman

L'art d'accommoder les bébés : Des affiches et des livres de puériculture d'ici et d'ailleurs rendent compte des pratiques recommandées par les institutions. Ils sont accompagnés d'objet qui témoignent de l'importance des soins donnés au nouveau-né : laver, habiller, nourrir, gérer les déchets, endormir, masser et façonner, soigner. La manière de "gouverner les enfants" se transmet de mère en fille, d'accoucheuse à jeune accouchée. Depuis la fin du 19ème siècle, des manuels pédagogiques sont édités à l'attention des mères. On voit en cent ans certaines consignes s'inverser, d'autres se maintenir, se durcir ou s'assouplir : par exemple, depuis quelques années, il est interdit de coucher les enfants sur le ventre sous peine d'augmenter le risque de mort subite du nourrisson.

Les soins rythment la journée du nouveau-né. A chaque soin corporel prodigué au nouveau-né s'adjoint une dimension symbolique et sociale qui vise à façonner l'enfant à l'image que s'en fait la société à laquelle il appartient. Aux pratiques hygiénistes, aux tentatives de re-symbolisation d'aujourd'hui, aux modes répondent les intentions et les pratiques des sociétés traditionnelles (pratiques qui perdurent, se combinent et s'ajustent aux apports de la médecine et de la puériculture).

Les naissances particulières : Le risque zéro n'existe pas. L'enfant prématuré, de la mort à la vie, entre technologie et chaleur parentale. Les jumeaux, l'enfant handicapé, entre horreur et statut valorisé. Ici et maintenant, la mort de l'enfant, devenue rare, est vécue comme un échec du corps médical et de la mère. De quelle manière faire son deuil ? En repoussant cet enfant dans les limbes ou au contraire en le faisant vivre ? Ici un enfouissement à la va-vite du cadavre en dehors du cimetière, là des cérémonies, des portraits, des objets, des chants. En France, l'inscription sur le livret de famille de l'enfant mort-né, à terme ou prématuré, est une pratique récente.

La famille : Comme dans un jeu de chaises musicales, une naissance donne une nouvelle place à chaque membre de la famille : un frère devient " tonton ", une mère devient grand-mère, un enfant unique devient grand frère ou grande sœur.

Une naissance donne une nouvelle place à chaque membre de la famille.

Toutes les familles ne sont pas construites sur le même modèle. Selon l'idée que nous nous faisons de l'époque, de la culture et de la structure sociale qui correspondent à ces photos, nous n'en faisons pas la même lecture.