Goules et Sarcouï

par Nicolas BROUX, Maxime CAUSSANEL et Eric MOREL

 

La promenade proposée par les guides Frank et Marc fut longue et fatigante mais très intéressante géologiquement. Depuis le col des Goules, elle nous mena par de beaux chemins en sous-bois très pentus à " la grotte " résultant des extractions opérées par les carriers sur le flanc du Grand Sarcoui.

Nous montâmes ensuite au sommet du puy des Goules, qui offrait de très belles vues panoramiques sur les puys alentours, au sol étrangement mou et spongieux (dû a la couche de mousse) puis nous descendîmes dans le cratère de ce volcan. A cet endroit le guide nous exposa la formation (voir si dessous) et les caractéristiques du puy des Goules et du Sarcoui.

La descente fortement escarpée fut pittoresque.

Le Sarcoui est issu d'une seule éruption accompagnée de plusieurs centaines d'explosions. Ce volcan culmine à 1147 mètres. En premier lieu est apparu un cône de scories et des coulées de lave fluide.
La remonté magmatique ayant croisé une nappe phréatique (eau souterraine), ce cône a été ensuite entaillé par une série d’explosions qui ont ouvert un maar . Ce cratère était entouré d’un anneau de tuf constitué de particules volcaniques. Une section dans cet anneau montre de bas en haut : d'abord, beaucoup de blocs arrachés au sous-sol, puis au fur et à mesure que nous montons dans la coupe, des niveaux de plus en plus riches en scories, en cendres et des bombes volcaniques en croûte de pain, caractéristiques d'un trempage brutale du magma au contact de l'eau-vapeur.
Ce cratère a été ultérieurement comblé par une lave trachytique visqueuse qui s’accumule en un superbe dôme légèrement aplati formant le Sarcoui actuel.

Une caverne est creusée dans le dôme du Sarcoui. Il s’agit d’une carrière du Moyen-Age, d’où l’on extrayait la roche volcanique gris clair pour la fabrication des sarcophages. Le nom du puy vient de cette activité. On trouve des carrières similaires dans les dômes du Clierzou et de l’Aumône.

Cette roche, le trachyte à biotite (très proche de la domite du Puy de Dôme), est issu d’un magma pâteux qui ne coule pas.


Avec ses 1146 mètres d’altitude, le puy de Goules est un volcan possédant un magnifique cratère bien dessiné résultant d’une phase d'activité effusive. En effet, le magma, qui monte depuis sa zone de formation entre la lithosphère et l'asthénosphère, est une roche fondue riche en gaz dissous. Lorsque le magma arrive, enfin, à la surface de la Terre, les gaz alors contenus dans la lave s'échappent à cause de la dépressurisation. La détente des gaz, comme lors de l'ouverture d'une bouteille de champagne s'exprime par la formation de bulles de gaz, qui pulvérisent le magma en lambeaux et fragments de lave. Les empreintes de ces bulles sont d'ailleurs visibles sur la surface de ces fragments de lave, qu'on appelle scorie. Ces fragments variés s'accumulent en couches autour de la bouche éruptive, formant le cône du volcan

A la base de ce cône de scories, des langues de roche noire, le basalte, correspondent aux anciennes échapées de magma partiellement dégazées, formant des coulées de lave très fluide.

C’est un cratère circulaire dont la profondeur atteint seulement une trentaine de mètres car il a été comblé par les projections des volcans voisins, Chopine et Pariou. Les bords de ce cratère sont dénudés par endroits et laissent apparaître les pouzzolanes rougeâtres sur lesquelles essaient de s’accrocher une végétation soumise aux pleins vents d’ouest. Il est à noter ce contraste de végétation entre l’intérieur du cratère à l’ouest abrité des vents et couverts d’arbustes et cette dernière partie dénudée. Cette répartition des végétations est très répandue autour des cratères de la chaîne des puys.