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Le Lemptegy : datation relative d'événements volcaniques

par Souad BEZZEGHOUD, Mathilde EBERMAYER, Marie MIR, Fanny GAUTIER et Florence TESSERAUD.

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Voyage géologique des élèves de S en Auvergne,
octobre 2007

(Tous les termes spécialisés sont expliqués dans le lexique de géologie !)

Le géographe Jean-Etienne Guettan avait remarqué que les habitations auvergnates étaient en roches volcaniques et, après observation de la forme des Puys, il ajouta que la plupart étaient d'origine volcanique car en forme de cônes avec cratère. Puis, en 1902 la Montagne Pelée explosa, donc on remarqua qu'un volcan pouvait être en forme de dôme. Ainsi les puys en dôme d'Auvergne reçurent l'appellation officielle de volcans.

Les terrains de la chaîne des Puys sont des héritages du Moyen-Age donc des terrains privés. Le site de Lemptegy est aussi une exploitation privée qui exploite, depuis la première Guerre Mondiale, les scories basaltiques (nommées pouzzolanes dans l'industrie du bâtiment).

Le Lemptégy n°1 est né il y a 30.000ans, d'une seule éruption qui a duré plusieurs semaines. Le magma remonta directement à la surface. Ce magma peu chargé en silice produisit après dégazage une lave liquide qui donna de longues coulées. La surface de la coulée est très irrégulière, en croûte de pain, le cœur de la coulée forme un orgue dont les colonnes sont perpendiculaires au sol. Cette roche est sombre, c'est du basalte ne contenant que 45% de silice.

Sous la force du jaillissement, la cheminée projetait aussi des fragments de lave en l'air, fragments qui durcirent en tournoyant dans les airs alors qu'ils étaient encore ductile. Ainsi se figèrent des blocs (64mm ou plus), des lapillis (64 à 2mm) ou des cendres (moins de 2mm). Les blocs retombent à proximité de la cheminée limités par leur poids.
Les petits blocs contournés sont nommés scories, les blocs ayant une forme typée (en fuseau, boule, choux-fleur et même bouse de vache) sont appelés bombes. Leur accumulation crée le cône, à cratère bien marqué, comme tous ceux de volcans en phase effusive.

Le fragment de granite a été arraché à la paroi de la cheminée
Le Lemptégy a son cratère égueulé : une coulée a emporté toutes les scories qui se déposaient sur elle, comme un tapis roulant. La première couche (photo ci-dessous) est formée par les scories de Lemptégy n°1. Les scories sont devenues rouges quand le fer qu'elles contiennent s'est oxydé au contact de l'air sous la température élevée dégagée par la cheminée en activité.

Ce premier cône a été écartelé, cassé par des failles normales, en même temps qu’il était aspergé par un puy voisin, le puy des Gouttes. Pendant une phase d'érosion qui aplanit le premier cratère, le magma stocké dans la chambre magmatique s'est un peu refroidi et s'est chargé en silice (SiO2) car des minéraux peu siliceux ont commencé à précipiter au fond de la chambre. Ce magma étant devenu moins dense, remonta à son tour en surface, formant le Lemptégy 2.
Celui-ci a été à son tour enseveli sous les cendres et lapillis de trachyte (roche volcanique claire car enrichie en silice : 59%) émis successivement par deux autres de ses proches voisins : d’abord, du côté sud, par le puy de Côme, il y a 11.500ans (sous un climat glaciaire) et du côté nord, par le puy Chopine, voici 9.500 ans, alors que le réchauffement interglaciaire avait permis la réinstallation d’une couverture forestière. Celui-ci a libéré une nuée ardente comme en témoigne des morceaux de bois brûlés. On ne remarque pas de paléosol (sol ancien) donc il n'a pas eu le temps de se former et on peut en déduire que les phases se sont succédées dans une même période d'activité.