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2°1
année 2006/2007

7. Devant le palais de l'Elysée, Faubourg St-Honoré, Paris 8ème-1946

3 nouvelles:

- L'Attaque des oiseaux ou Le Mystère des ballons protecteurs / The bird's attack or The protecting balloon mystery par Walid ABDERRAHMANI (Mots migrateurs choisis : abricot/valser/bijou, peach-coloured/to waltz/jewel)

- La demoiselle de L'Elysée / Jewels, Citron and young Lady par Yoann PRUVOST (Mots migrateurs choisis : Valser, Abricots, bijoux)

- Le Souvenir des Ballons / Memory of Balloons par Anubha VERMA (Mots migrateurs choisis : Abricot / peach-coloured, Valser / to waltz, Bijou / jewel)

L'Attaque des oiseaux ou Le Mystère des ballons protecteurs

Un an est passé et pourtant je ne peux pas m'empêcher de repenser chaque jour à ce qui c'est passé. On a longtemps essayé de cacher cette histoire trop irréelle pour des gens " raisonnables " mais pourtant bien vrai. Je décide donc de vous la raconter, malgré les risques puis vous serez ensuite libre de me croire ou non.

C'était un lundi de décembre 1946 et je me promenais selon mon habitude au Faubourg St Honoré. J'étais épuisée, exténuée par une demi-journée de travail dans l'atelier de tissage dans lequel j'étais employée. Notre chère patronne nous avait gracieusement donné un " après-midi " libre, en échange de quoi nous devions travailler sans aucune pause. Eh bien ce jour-là, elle aurait du nous faire travailler ! Le garde était à son piquet, prés de l'Elysée. Coiffé d'un casque à plume, il portait le fusil à son épaule, des gants et un uniforme. Il s'appelait R*** et n'était pas un mauvais bougre puisque il était marié et avait des enfants (il m'a raconté cela alors que je lui avais juste demandé quel jour on était !) mais il avait une voix rauque assez désagréable et était grognon. Je regardai ma montre : il était 16h30. Plus loin, je voyais plusieurs personnes passant sur le passage clouté et une voiture s'apprêtant à tourner vers les Champs Elysée. Bien qu'on fût presque en hiver, le soleil brillait et la ville paraissait plus vivante que d'habitude. Sur le trottoir, je vis un pigeon, une patte coupée, qui se dandinait plutôt qu'il ne marchait. Je pensai que Paris était la plus belle ville du monde ou du moins la ville qui avait le plus de pigeons.

Avant de passer le garde, j'entendis une femme qui l'interpellait:
- Vite ! Prenez un ballon !
Je me retournai : alors une vieille dame vêtue d'un pardessus noir et couverte de bijoux plus étranges les uns que les autres fit son apparition. L'un d'eux était un collier fait en plumes d'oiseaux gris. Elle tenait, avec un bâton, plusieurs ballons, aussi étincelants qu'une machine à coudre en métal. Le garde, surpris au départ par son arrivée soudaine, voulut la faire partir mais elle tenait absolument à lui en donner un, car elle affirmait qu'en regardant la position des astres, elle avait découvert que quelque chose de terrible allait se passer et que la seule façon de s'en prémunir était de tenir un de ses ballons. Le garde, qui voulait qu'elle le laisse tranquille le plus rapidement possible, lui en prit un. Puis cette dame vint vers moi en me proposant la même chose. Pleine de compassion, j'acceptai un de ces ballons et voulus même la payer, car je pensais que c'était une pauvre femme sans domicile et mentalement déficiente, mais elle s'en alla rapidement en donnant ses ballons à tous ceux qu'elle rencontrait, bien que certains refusassent catégoriquement. Je regardai le mien : il était de couleur abricot comme les autres ballons et brillait d'une lueur inhabituelle. Peu de temps après le départ de la dame, l'air devint irrespirable, comme avant un orage. J'eus un mauvais pressentiment, peut-être était-ce la dame aux bijoux à plumes qui m'avait influencée. J'avais envie de courir jusqu'à chez moi, mais j'étais vraiment fatiguée.

Tout à coup le ciel s'assombrit "Ah ! Il va pleuvoir" pensais-je. Mais en regardant le ciel je vis, et quelle ne fut pas ma stupeur, que les nuages étaient en fait des milliers d'oiseaux de toute sorte : des pigeons, des colombes, des corbeaux et même des hirondelles ! Ils semblaient valser dans les airs, en émettant des joyeux piaillements. Ils formaient toutes sortes de figures géométriques ensemble (autant de cercles que de carrés). Ils s'arrêtèrent d'un mouvement et nous observèrent. Cette atmosphère devint insupportable, comme pour beaucoup de personnes qui se trouvaient là. C'est alors qu'ils lancèrent leur attaque. Ils plongèrent directement vers ceux qui ne tenaient pas de ballons et les massacrèrent. Toutes les voitures qui se trouvaient là furent littéralement démontées. Le garde lâcha son ballon d'effroi devant ce spectacle morbide et essaya de tirer mais les oiseaux se ruèrent sur lui et l'achevèrent dans son piquet. Je crus revivre les bombardements allemands sur mon village. Ces dix minutes où les oiseaux détruisirent tout me parurent des heures mais je tenais fermement le ballon. Une fois qu'ils furent partis je pus constater les dégâts : les vitrines des magasins étaient brisées, les lampes des réverbères en morceaux, des corps gisaient au loin… Devant cet effroyable constat, je m'évanouis jusqu'à ce que l'ambulance vienne me chercher avec d'autres.

Je me suis réveillée au dortoir de l'hôpital avec toutes les personnes qui se trouvaient près de l'Elysée, ou presque. Beaucoup étaient en état de choc. Pourtant, aucun des hospitalisés n'était blessé, et les seules égratignures qu'il y avait étaient dues à une fuite désespérée qui avait fait tomber les fuyards. Des infirmières sont venues nous servir le dîner mais je n'avais pas du tout faim, comme beaucoup d'autres. En plus il y avait de la dinde, comme si je n'avais pas vu assez de volatiles comme ça ! Toute cette histoire m'avait donné mal à la tête et je ne pus dormir sans penser aux horreurs qui s'étaient passées cette journée. Je rêvais qu'un oiseau géant me poursuivait. Le lendemain, je fus réveillée en sursaut à 7h30 par une personne qui criait : " Aaah ! Un oiseau géant ! ".C'était un homme d'environ quarante ans qui avait un chapeau et portait une veste noire comme un corbeau. Les infirmiers accoururent lui demander ce qu'il avait vu : " Là bas…un…un orange oiseau, euh… un oiseau orange abricot ! ".Il prétendait qu'il faisait au moins trois mètres et qu'il brillait. Le directeur de l'hôpital ne l'a évidement pas cru, même avec la plume de ce mystérieux oiseau qu'il montrait à tout le monde. Le directeur appela immédiatement son ami qui s'occupait d'un asile de fous, où l'homme fut conduit dix minutes plus tard " Je ne suis pas fou ! C'est la réalité ! " Pendant qu'il se débattait, la plume lui sauta des mains. Après leur départ, j'allai la ramasser discrètement. Bizarrement, il avait exactement la même couleur que les ballons et brilla d'une lueur étrange. Je la cachai dans mon sac à main. Le lendemain j'ai pus regagner mon domicile puisque je pouvais à présent parler normalement.

Ils me gardèrent en observation et une semaine plus tard, à peu près remis, je lus les faits cités dans le journal : il y avait dix morts en tout, ils étaient tous des chasseurs d'oiseaux. Les journalistes, connaissant l'affaire des ballons, ont cherché partout la vieille dame aux ballons mais ne l'ont pas trouvée. La police quant à elle, est allée à son domicile mais n'a trouvé qu'un amas de plumes de toute sortes, une marmite encore sur le feu, et un livre écrit en langage inconnu. Le garde a été remplacé par un provincial à qui on n'a pas raconté le destin tragique de son prédécesseur. Je me souviens d'ailleurs à présent que j'avais vu dans les champs de Gally, la veille de l'incident, le garde abattre une caille. Mr le président de la république***, en rentrant à l'Elysée après un voyage de négociations dans un pays étranger, a décrété que ce qui s'était passé n'était que le fruit du hasard et a demandé à des scientifiques de le prouver, ce qu'aucun n'a réussi à faire et à ensuite camouflé l'affaire. J'ai reçu peu de temps après, une lettre de couleur orange où était inclus une plume et où figuraient ces simples mots: je vous l'avais dit.

The bird's attack or The protecting balloon mystery

One year has passed but I can't live without thinking of this event which marked my life. Some people tried to hide this story, which was too unreal for sensible people, but true. I am going to tell you that, even if it's risky and after you will be able to believe me or not.

On this Monday of September 1946, I walked in Faubourg St Honoré. I was tired, exhausted by a half-day of work in the wearing mill where I worked. Our dear boss had given us a "free afternoon", and so we had to work without rest. But this day, she should have kept us! The guardian was in his picket, near the Elysée. He had a helmet with feathers, a spear, gloves and a suit. His name was R*** and he wasn't evil because he was married and he had children (he told me that even though I just asked him what day we were!) but he had a disagreeable husky voice and was grumpy. I looked at my watch, it was 4.30 pm. In this street several people passed on the pedestrian walk and a car which went to the Champs Elysée. Even if we were nearly in winter, the sun was shining and the city seemed very alive. On the pavement, a pigeon missing one leg walked like a penguin. I though that Paris was the most beautiful city in the world or the city with the largest number of pigeons.

Just in front of the guardian, I heard a woman who called him
- Quick! Take a balloon!
I turned and saw an old woman with a black overcoat and strange and gloomy jewels. One of them was a necklace with grey feathers. She was holding some balloons, with a branch, which gleamed as a metal sewing machine. The guardian was first surprised by her and he told her to go out but she absolutely wanted to give one because she had found by looking at stars that a terrible event would take place and to protect from it we had to hold one of her balloons. The guardian, was very upset, he took one. After she gave me one of them. I was very kind, so I also took one and I even wanted to pay her because I thought she was a poor mentally deficient woman without a house but she went away and she gave her balloons to the people she met and some people refused them. I watched mine: it was a peach-coloured one as all the others and it was unusually gleaming. After the old woman went out, I couldn't breathe, as before a storm. I had a foreboding, maybe because of the old woman and her strange story. I wanted to run to my house, but I couldn't, I was too tired.

Suddenly the sky darkened. "It's going to rain" I thought. But when I looked at the sky, I saw, and it was amazing, thousands of birds of all types: pigeons, doves, crows and even swallows! They seemed to waltz in the air, and they emitted happy squawkings. They did several geometrical figures (squares and circles). They turned several times around the Elysée. They stopped suddenly and watched us. This atmosphere was horrible and the people present there thought like me. Then they attacked. They went directly to the people who didn't hold a balloon and killed them. All cars were broken. The guardian was so scared that he slackened the balloon and he tried to shoot the birds but they rushed on him and finished him in the picket. I thought that I was back in the days when the Germans bombed my village. These ten minutes when the birds destroyed all the things seemed like hours to me, but I held my balloon. After they went out I could see the damage: the shop windows were smashed, the streetlamps in pieces, there were corpses on the floor… When I saw that, I fell and after the ambulance brought me with others.

I woke up in the hospital dormitory with all the people who were at the Elysée, with almost ten people. A lot of them were shocked but they weren't hurt, they had just some bruises because they had fallen when they ran away. Nurses gave us food but I wasn't hungry. In fact there was turkey for dinner, and I had bad memories of birds! I had a headache and I couldn't sleep without thinking of the horrible things of the day. I dreamed that a giant bird wanted to kill me. The day after, I woke up at 7.30 am because a person yelled:"Aaah! A giant bird!" He was around forty years old, wore a hat and a suit as black as a crow. The nurses came to tell him what he saw: "Away…a…a bird peach, well…a peach coloured bird!" He pretended that it was three meters large and it was gleaming. The hospital director didn't believe him, even if he had the mysterious bird feather. He showed it to everybody. The director phoned his friend who was in charge of a mental home, where the man was driven, ten minutes after. "I'm not crazy! It's true". When he struggled, he lost his feather. After they left, I picked it up discreetly. I hide it in my handbag. Oddly, it had the same colour as the balloon and gleamed of a strange light. The day after I could return to my home because I could speak normally.

They kept me in observation a week and after, when I was totally recovered, I read the acts in the newspaper: there were ten deaths, all bird hunters. The journalist, who knew the balloon affair, searched everywhere the old woman but they didn't find her. The police went to her home but they just found a jumble of feathers of different birds, a pot on the fire and a book written in an unknown language. The guardian was replaced by a provincial who wasn't informed of the tragic end of his predecessor. I remember now that I had seen in Gally field, the guardian kill a quail. Mr the president***, when he went again to the Elysée, after a travel of negotiation in another country announced that what had happened was just hazard and he asked scientists to prove it, and nobody did it. So he camouflaged these facts. Sometimes after I received a peach-coloured letter in which there were a feather and these words: I told you.

La demoiselle de l'Elysée

Un escalier sombre, un couloir crasseux menant à une cave lugubre située en dessous de l'immeuble n°13 de la rue Vaugis, dans le 12ème arrondissement de Paris. Voilà où se trouvait le " QG " de Lily et Oliver. Lily, une orpheline de 16 ans, elle a perdu ses parents durant la guerre et s'est enfuie de l'orphelinat St Briand, lieu minable que tout le monde semblait avoir oublié excepté les bonnes sœurs qui s'en occupaient… Il se situait en banlieue à quelques minutes de Paris, ce qui avait été tentant pour Lily qui s'y sentait mal il fallait l'avouer. Oliver quant à lui ne s'est jamais séparé de Lily, elle est tout pour lui, on ne sait ce qui unit ces deux jeunes êtres si différents, Oliver est irlandais, du moins c'est ce que les sœurs de St Briand s'acharnaient à lui rappeler lorsqu'il faisait des bêtises, le menaçant de le renvoyer en Irlande. L'Irlande, il voulait bien y aller mais pas sans Lily. Il a 19 ans, plutôt joli garçon, il est taillé comme une armoire normande et a le don de dissuader tout intrus de ne pas chercher des noises à Lily ! Cela faisait déjà un an qu'ils s'étaient enfuis de l'Orphelinat, depuis, ils vivaient de petits et banals vols à l 'étalage…

Ils avaient une technique bien à eux, Oliver occupait le marchand en faisant tomber une ou deux oranges, une barquette d'abricots ou autre. Le marchand s'énervait, Oliver du haut de son mètre quatre-vingts calmait le vendeur et Lily s'excusait en aidant le marchand à ramasser ses biens. Très habile, elle empruntait quelques marchandises au passage.

Mais…
Pour ses 16ans, elle voulait marquer le coup comme elle disait…
Oliver, lui n'en revenait pas. Jusqu'à présent, se prendre la tête avec un marchand de fruits et légumes, cela allait, même remettre les individus nuisibles à leur place il pouvait le faire, mais là!
- Oui, tu as bien entendu, L'Elysée, n'est ce pas tentant ? dit Lily, un air farouche dans les yeux.
Oliver avait toujours été de la partie et il ne voulait pas la décevoir, il opina de la tête. Lily y pensait déjà depuis quelques temps, elle avait tout préparé, du moins théoriquement. Elle entrerait dans l'Elysée déguisée en écolière sous prétexte d'un exposé ; puis, une fois la visite commencée, elle raflerait tout ce qui lui passerait sous la main…
Puis, elle disparaîtrait en voiture avec Oliver qui l'attendrait au bout de la rue…
Mais tout d'abord il fallait faire un repérage des lieux.

Le lendemain, ils étaient partis dans la voiture d'Oliver, du moins une voiture qu'il avait empruntée à la casse et rafistolée du mieux qu'il avait pu. C'était un modèle Citroën de 1937, une légende de son époque à présent révolu, certes elle ne passait pas inaperçue mais Lily n'avait pas réussi à persuader Oliver de s'en séparer. Elle avait un teint grisâtre, mélange de crasse et de d'huile. Par endroits, la peinture était décollée laissant place à des immondes traînées de rouille. Arrivés dans le 8eme arrondissement, ils garèrent l'épave, comme l'appelait Lily, le long d'un trottoir. A deux rues de là s'élevait l'Elysée, avec ses barrières dorées. Après avoir fait consciencieusement le tour du bâtiment une quinzaine de fois, Lily y rentra seule, afin de prendre un rendez-vous pour un exposé. Sachant qu'il fallait mériter une entrée dans l'Elysée, elle s'était détachée les cheveux, s'était maquillée légèrement les yeux et s'était poudré le visage … Elle alla donc a là loge, tomba sur un soldat en uniforme qui malgré le respect qu'il avait pour son commandant lui organisa tout de suite une visite accompagnée pour un exposé sur les multiples dorures que comportait l'intérieur de l'Elysée, et ne refusa pas un café lors de sa permission…
Ils passèrent le restant de l'après midi à noter l'heure de la relève et à chronométré le temps que cela prenait. A 17h58 le garde en poste devant L'Elysée partait vers la loge et un autre soldat le remplaçait à 18h.

Le lendemain, Lily se dirigeait vers l'Elysée, d'un pas assuré, elle avait ses cheveux attachés, un short d'écolière et des souliers. Heureusement que le soldat de la loge avait changé car il ne l'aurait pas reconnue. Une femme l'attendait à la loge, elle était grande, maigre, toussait sans arrêts et en était presque à cracher du sang. Elle avait les lèvres pincées, un regard dédaigneux envers Lily, et lui faisait clairement comprendre qu'elle la dérangeait dans son travail ; cette femme était là surtout pour faire le chien de garde et veiller à ce que Lily ne touche à rien. La visite commença pièce par pièce, de temps en temps, Lily faisait semblant de s'intéresser aux peintures qui pourtant ne signifiait rien pour elle car on ne lui avait jamais appris à apprécier l'art. Mais la secrétaire, c'était le surnom que lui avait donné Lily car elle ne devait pas être M. le Président, ne la regardait jamais, elle l'ignorait complètement et chaque fois que quelqu'un arrivait, elle s'éloignait de Lily pour qu'aucune relation ne soit faite entre elles ; avait-elle honte d'être réduite à faire la visite guidé de l'Elysée ? Lily n'allait pas s'en plaindre, elle posait une question, la femme tournait la tête de mépris et Lily attrapait avec dextérité un chandelier en or, un cendrier brillant de mille feux, des bijoux oubliés par mégarde, une horloge, tout y passa, elle enfouissait ces trésors dans un sac qu'elle portait en bandoulière. Elle allait s'emparer d'une autre horloge lorsque la secrétaire s'écria:
- Mais…ho qu'elle chipie !!! Voulez-vous rendre cela tout de suite !
Son regard se porta alors vers le sac de Lily qui était dangereusement incliné sous le poids des ses richesses. Le sang de Lily ne fit qu'un tour, elle bouscula la secrétaire qui s'étala de tout son long par terre, s'emmêlant les pieds dans tous les tapis qui recouvraient le sol.

Lily se précipita dans vers la sortie, il fallait s'en aller et vite, elle entendait encore la secrétaire hurler à la mort, elle s'était peut être fait mal en tombant. Lily ne s'en souciait guerre, elle courait dans les couloirs sans fin de l'Elysée, elle jetait des regards frénétiques sa montre, il n'était pas 17h15, mais il fallait sortir… Elle entendait des soldats crier dans les pièces à côté elle accéléra puis, voyant une pièce vide sur sa gauche, elle s'y engouffra, ferma la porte à clef, s'adossant à la porte pour reprendre son souffle, mais sentis la poignée tourner dans le vide, les gardes étaient déjà là ! D'un rapide coup d'œil, elle scruta la pièce ne trouvant aucune sortie à part la fenêtre, elle engagea sa tête au travers, pour s'apercevoir qu'elle donnait sur la cour intérieure, devant L'Elysée. Les soldats tentaient de forcer la porte, elle sortit donc par la fenêtre, arriva vite devant la rue, il restait un problème majeur. Le soldat de garde, devant l'Elysée scrutait tout les passants, d'un air suspicieux… Elle s'engagea la tête haute sur le trottoir devant l'Elysée le soldat était au garde-à-vous, arrivé à sa hauteur, elle ferma les yeux, le soldat allait l'apercevoir d'un moment à l'autre, il était grand, un peu âgé, portait bien l'uniforme et n'avait pas l'air de plaisanter…
Mais… Lily entendit une voix à côté d'elle, une marchande de ballons marchait à ses cotés, dans le caniveau. Elle scandait la couleur de ses ballons en les tenant au-dessus de sa tête. Lily jeta un regard au soldat, il ne la voyait pas, il regardait les ballons valser dans les airs.

Elle se tenait là, entre un garde prêt à l'arrêter à tout moment, et une vieille dame, qui aurait tout fait pour lui vendre un de ses ballons. Elle avait un manteau marron, crasseux, Lily aurait bien voulu lui acheter un ballon mais si elle s'arrêtait le garde aurait le temps de l'attraper et de la mettre dans ces cachots puants, grouillants de rats morts ou vivants. Non, elle devait continuer de marcher, le trottoir semblait se dérober sous ses pieds, allait-elle arriver à la voiture, à l'autre bout de la rue ? Elle ferma les yeux et continua de marcher…

Jewels, Citroën and young Lady

Black Stairs, a shadow corridor to go in a dark oppressive room, under the number 13 of Vaugis Street in Paris. That was the place of Lily's HQ. Lily was an orphan, she is sixteen years old, she lost her parents during the second World War. When she was 15 years old, she escaped from the orphanage St Briant where she was persecuted...

Oliver was Lily's best friend, maybe more than a friend....He was tall, strong, with blues eyes and a long blond hair, he was 19 years old. He was in the orphanage with Lily, that was all he knew. He is Irish, he has never know his parents. One year ago, they escaped from the orphanage, and now, for her birthday, Lily wanted to mark the occasion and so to enter the Palais de L'Elysée to stole everything in here! Oliver didn't agree, but as always, he accepted. He would wait for Lily in the Citröen, car which Oliver steal when he escaped from the orphanage. The day arrived and they had to be ready!

A day after Lily's decision to house break the Elysée, the two young burglars made a reconnaissance around the Elysée, they noted the hours of the changing of the guard... Then, Lily disguised her self in a young teenager and succeeded to book a guide tour but only in two days...

The day before the house breaking, Lily was sure of herself but Oliver was very tense.Nobody could stop Lily.

The fatefull day arrived.Oliver dropped Lily in front of the Elysée and waited for her in the car at the far end of the street. Lily stopped walking in front of the Elysée, took a deeply breath and entered. She waited for the guide a moment in the big Hall and then, a thin and tall girl arrived, she was the guide an she didn't look very nice, with a stern glance, she seemed to be very strict, and ugly woman!

She started the visit without saying anything and Lily followed her, looking everywhere. All these jewels, all this gold everywhere drew her attention. She was hypnotised, she didn't listen to the ugly guide when she said something! Lily began stealing one or two jewels, then she took a little Clock made in gold, she put all of these beautiful things in her school bag...

But at one moment, the ugly guide shouted: "Hey!!!What did you steal ???" Lily was paralised, if the police caught her, she would come back to the orphanage and would never see Oliver again! No, suddenly, she jostled the guide and ran away, she could hear the guide shouting, but she continued to run, she entered a room, wanted to take a breath but she saw the door handle move...The guards were here, so, she jumped through the window, arrived on the main ground, she was lucky, the street wasn't far away, Oliver and freedom were waiting for her...

She got out of the Elysée, but on the pavement, a guard was looking at everybody, Lily couldn't do anything, she continued to walk... When she arrived next to the guard, she closed her eyes, and walked a little bit faster, but nothing happened...The guard didn't do aything, he was looking at some balloons, which were waltzing in the air like little apricots waltzing in their trees.Lily was on the pavement, between a guard and a balloon seller, and at the end of the street, Lily could see Oliver, in the old Citroën...

She walked on the pavement, the guard didn't see her, she goes enter the car, kiss Oliver and the left far away...

Le souvenir des ballons

Les yeux rivés sur des ballons, le garde profitait de cette belle journée ensoleillée d'octobre 1946. Il remarqua que malgré ses habits chauds, le vendeur semblait grelotter par cette matinée froide. Mais la sentinelle était surtout émerveillée par le bouquet coloré aérien devant ce palais qui au contraire était gris et froid. M. Maragorn surveillait tous les jours le palais de l'Elysée dans le huitième arrondissement de Paris et depuis ce temps là, il n'avait jamais vue passer un marchand de couleurs par le faubourg St. Honoré. A force de les fixer, M. Maragorn plongea dans ses souvenirs.

En effet, ces ballons, l'emmenèrent bien loin, au temps de son enfance. Il repensa à son grand amour, Isabelle. Au début ils étaient amis, les meilleurs amis du monde même. Ils s'adoraient énormément et ne pouvaient se passer l'un de l'autre. Dès la fin de l'école, ils allaient jouer tous les deux dans leur cachette préférée. Isabelle habitait à trois rues de chez Philippe, dans une grande maison. Seulement, cette belle amitié finit par se transformer en un amour d'enfance.

Il l'aimait vraiment et pour le lui prouver il lui offrait toujours un abricot qu'il venait de prendre dans le panier de sa mère. Isabelle aimait beaucoup les abricots. Ce fut le tout premier cadeau qu'il offrit à sa " fiancée ". Il lui en offrait un toutes les semaines quand ils étaient petits. Mais un jour, il changea de cadeau et lui donna des ballons. Avant, il ne pouvait pas en acheter il était trop petit pour avoir de l'argent de poche. Dorénavant, il achetait deux ballons toutes les semaines avec ses 10 francs par mois. Isabelle était très flattée et lui disait de garder cet argent pour autre chose mais rien n'y faisait Philippe aimait lui faire plaisir. Il en achetait un rouge, couleur de l'amour et un de la couleur préféré de Isabelle, le vert. Plus le temps passait plus leur amour grandissait. Isabelle embellissait d'années en années. Elle disait que c'était l'amour que lui portait Philippe. Ils étaient heureux ensemble, souriants, joyeux. Leur amour d'enfance ne s'arrêta donc pas là.

Cependant en 1914 la guerre fut déclarée à la Prusse. Philippe n'avait encore que 17 ans mais dès ses 18 ans, il fut obligé d'aller combattre au front, malgré lui. Cette nouvelle, brisa le jeune couple. Cette rupture imposée affecta beaucoup Isabelle. Elle fut très touchée par ce départ et se rendit compte à quel point elle aimait Philippe, de même pour Philippe qui lui était au front depuis maintenant un an. Trois ans passèrent, on annonçait la fin de la guerre. Isabelle et la famille de Philippe attendaient impatiemment le retour du soldat. Après avoir reçu une lettre qui lui apprenait son retour quelques semaines plus tard, Isabelle fut fort soulagée et heureuse de savoir que Philippe revenait bientôt mais elle se gardait de la montrer.

A son arrivée au village, Philippe alla directement voir Isabelle pour prendre de ses nouvelles et lui dire combien il l'aimait. Ce n'est qu'après qu'il rentra chez lui pour voir ses parents. A cette occasion, le village décida d'organiser une fête pour célébrer la fin de la guerre et le retour de tous les soldats, sans oublier ceux morts pour l'honneur du pays.

Philippe attendait cette soirée avec effervescence. Il était tout émoustillé à l'idée de pouvoir danser avec Isabelle après tant d'années passées loin d'elle. Il était décidé, déterminé, il allait la demander en mariage après le bal, mais il le gardait en lui comme un secret pour que ce soit une belle et particulière surprise. Le soir venu il fut stupéfait par la splendeur d'Isabelle. Elle était tellement belle dans sa longue robe violette toute pailletée et avec la broche qu'il lui avait offerte, elle était magnifique, ravissante. Ils étaient si beaux, si adorables tous les deux. Ils étaient la joie, le bonheur de vivre comme un rayon de soleil qui apparaît un jour de pluie. Leur amour paraissait éternel, perpétuel... Ils ont valsé toute la nuit, tels des êtres bénis des anges. Philippe attendait la fin pour lui faire la surprise bien qu'il eût voulu que cette soirée durât éternellement.

Il ne put attendre la fin du bal, ils allèrent tous les deux sur l'estrade. Mais Isabelle ne comprenait pas ce que faisait Philippe. Elle avait un air angélique, innocente et en même temps ignorante, naïve. Enfin il décida de parler et demanda le silence, puis se mit à genoux et sortit une petite boîte. Isabelle comprit à l'instant même et devint rouge comme un cœur. Là il prononça les mots suivants : " Mlle Rwen voulez-vous vous unir à moi, en m'épousant ? ". Elle encore figée, émerveillée car elle attendait ce moment depuis le départ de Philippe à la guerre répondit : " Oui, je le désire ! ". Puis, le silence qui régnait dans toute la salle fut interrompu par les applaudissements des villageois. Ce fut le tout premier bijou qu'il lui offrit, une bague de fiançailles.

Ils envisagèrent de se marier le plus tôt possible, précisément dans deux semaines. Les préparatifs commencèrent très vite. Le jour du mariage s'approchait à grand pas et ces deux semaines s'écoulèrent rapidement. Ils attendaient tous les deux ce moment avec hâte. Ce jour fut le plus beau jour de leur vie. En plus ils étaient jeunes, ils n'avaient que vingt-deux ans et avaient toute leur existence devant eux pour vivre des moments remarquables et inoubliables. Ce jour là, ils se rappelèrent cet amour d'enfance qui dure, persiste et qui ne finit jamais.

Ils vécurent ensemble pendant vingt et un ans, en s'aimant toujours autant aimés. Ils eurent deux magnifiques filles, dont une était maintenant mariée. Philippe offrait régulièrement des ballons à Isabelle. Ils avaient fondé une famille et construit une petite vie charmante et agréable. Seulement en 1940, Isabelle tomba malade ce que, tout comme son mari, elle ne jugea pas important, mais ce fut fatal. Quelques mois passèrent, son état s'aggravait irrémédiablement. Malheureusement Isabelle décéda à la suite d'une maladie inconnue des médecins. Ce brusque départ affecta énormément Philippe dont la vie était bouleversée. Seule la mort put séparer cet amour vrai, pur et éternel. Mais avec le temps, il se ressaisit et recommença à vivre comme avant.

Ses souvenirs furent brusquement interrompus. Il revint à la réalité quand une jeune demoiselle passant devant le palais de l'Elysée s'arrêta pour demander comment parvenir a l'église Ste Marie-Madeleine. Il lui indiqua le chemin et tout de suite après, encore un peu dans ses souvenirs, il accourut vers le marchand de ballons qui se trouvait un peu plus loin maintenant. Il l'arrêta tout essoufflé et lui acheta deux ballons un rouge et l'autre vert comme ceux qu'il offrait à Isabelle, auparavant. Ces ballons, il les offrit à sa femme qui dormait désormais au paradis, en lâchant dans le ciel bleu. Puis, il en acheta encore deux de la même couleur, pour la jeune fille.

Memory of balloons

As his eyes were riveting on the balloons, the guard was enjoying this lovely day of October 1946. He noticed that despite his warm clothes the stallholder was shivering in this cold morning. But above all the sentry was marvelled by the colourful bunch of balloons in front of the palace of Elysée in the eighth arrondissement of Paris. And until then, he had never seen a street-vendor going by the Faubourg St. Honoré. By dint of fixing them, Mr. Maragorn singed straight into his memories.

Indeed, these balloons took him away, far away back to his childhood days. He thought of his fond love, Isabelle. At the beginning, they were friends, even best-friends. They worshipped each other a lot and couldn't go without the other. As soon as school was finished, they used to go to play in their favourite hiding place. Isabelle was living in a huge house just three houses away from Philippe's. Solely, this lovely friendship was changed in a childhood love.

He really loved her and he did prove it to her by buying two balloons once a week, a red one for love and a green one, Isabelle's favourite colour. It was the first gift he gave her. She was surprised and pleased because it wasn't an ordinary present. Isabelle was flattered by this purpose and always told to Philippe to keep his money for him but, never mind, he liked to delight her. As time was going by, their love was growing. Isabelle was growing in beauty and was saying that it was the love Philippe was giving her. They were happy, smiley, joyful together and most of all they were young, just adolescents.

However in 1914, war was declared to Prussia. Philippe was only 17 but when he turned 18 he was forced to go to fight on the front, despite his will. This news broke the young couple. This compulsory split affected Isabelle a lot. She was very moved by this sudden departure and realized how much she loved him and it was the same for Philippe who had been on the front for a year now. Three years were gone and they were announcing the end of war. Isabelle and Philippe's family were waiting impatiently for the soldier's return. After receiving a letter telling them his return in a few weeks, Isabelle was relieved and happy to know that her lover was returning and that she had been right to wait and believe in him but she refrained from showing it.

As soon as he arrived, he directly went to see Isabelle, to tell her how much he loved her. At that moment all that mattered to him was to know that Isabelle was well and was still in love with him. It was only after his visit at Isabelle's home, that he went to his parent's. On this opportunity, the village decided to organize a party to celebrate the end of the war and the return of all the soldiers, without forgetting those dead for the honour of the country.

Philippe was waiting for this party with excitement. He was quite gingered up thinking that he would dance with Isabelle after all these years spent far from her. He was decided, resolved to propose to her at the end of the ball, but he was trying to keep it to himself like a secret in order to make a great and an exceptional surprise. That evening he was just amazed by Isabelle's splendour. She was so pretty in her large peach-coloured ball gown dress and with the brooch Philippe's offered to her, she was just wonderful, marvellous, ravishing. They were so lovely, so sweet together. They were joy, happiness, sunshine, a rain-bow appearing after a showery day. Their love was eternal, perpetual… They waltzed all night long, such two beings blessed by angels. Philippe was waiting for the end in order to make his surprise although he wanted this night to last forever and ever.

He couldn't wait for the end of the ball, so he decided to take Isabelle away and they went together on the stage. But, Isabelle didn't understand what was going on. She was angelic, innocent and at the same time ignorant and naïve. Finally he decided to speak and asked for silence, and then he kneeled down and got out a little box from his pocket. Instantly, she understood and became red as a heart. He pronounced the following words: "Ms. Rwen will you marry me?" She was still frozen, marvelled because she had waited for this unforgettable moment since Philippe's leaving for war and replied: "Yes, I will". And then, the silence in the entire hall was broken by the applause of the villagers. That was the first jewel he gave her, an engagement ring.

They considered getting married as soon as possible, exactly in two weeks. The preparation began very quickly. The D-Day, wedding day, was approaching at a rate of knots and these two weeks passed hastily. They were both expecting that moment with impatience. That day symbolized the most beautiful day of their life because they were going to start a new life together. Above all, they were young, they were just twenty-two and had all their life ahead of them to live unforgettable and remarkable moments. This special day, reminded them of their childhood love which lasted, persisted and never ended.

They lived for twenty-one years together, almost the age at which they got married, and always loved each other a lot. They had two marvellous girls, one is now married. Philippe regularly gave two balloons to Isabelle. They funded a family together and a little agreeable and charming life. Solely, in 1940, Isabelle went sick, and what her husband was considering trivial was in fact fatal. Few months passed, her status was worsening incurably. Unfortunately, Isabelle died of a disease unknown to the doctors. This sudden separation affected a lot Philippe whose life was bowled over. Finally, only death had been able to split this true, pure and eternal love. But, in the course of time, he regained his self-control and tried to live as before.

His memories were suddenly broken. He came back to reality when a young woman going in front of the palace of Elysée stopped to ask how to reach the church Ste Marie-Madeleine. He showed her the way to get to the church and at once, still in his memories he ran to the stallholder who was now a little bit further. He stopped there, quite exhausted, and bought two balloons one red and the other green like those he used to give Isabelle, before. These balloons, he gave them to his wife who is now sleeping in heaven, by letting them go off to the sky. Then, he bought two more again of same colour for the young woman.