Poisson en avril, pain blanc en juin

7 juin 2006

nullSuite de Je l’ai échappé belle !

Mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse, avec ça… !
Il fusillera d’un doigt le tableau. Accroché au mur comme une tique sousl’oreille d’un bâtard.
Je lui aurais tendu le bourbon de bienvenue, et me retiendrai de le lui balancer en pleine figure… Son “avec ça” le mĂ©riterait, non ? Mais ce sera une familiaritĂ© trop hâtive.

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Un chemin de foi… ou suffit-il d’y croire ?

7 juin 2006

nullNe dit-on pas ” ponctualitĂ© d’amoureux ” ? Eh bien ! cet homme-lĂ  courait la gueuse, ou il en dĂ©sespĂ©rait plus d’une. Deux heures pleines que j’arpentais le couloir, du palier Ă  son bureau. Mais s’il espĂ©rait me dĂ©courager et me voir renoncer maintenant, il en serait pour ses frais. Fut-il le roi des Perses, Ă  prĂ©sent que je l’avais ferrĂ© j’allais remonter ma ligne jusqu’à dĂ©couvrir sa face de rat !

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Je l’ai Ă©chappĂ© belle

7 juin 2006

nullJ’ai tout fait pour ne pas en arriver lĂ  ! DĂ©sĹ“uvrement. Insomnie. IntempĂ©rance. Introspection. Rien n’y a fait… Rien n’y fait ! Depuis deux nuits et deux jours j’ai l’intellect au point mort, ça rĂ©sonne creux dans ma boĂ®te Ă  pensĂ©es.

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Le Caravage

7 juin 2006

nullJe ne savais ce que seraient les prisons de Rome dans les temps futurs… Et quels seraient les crimes qui vaudraient encore d’entendre les claquements cruels de leurs serrures, d’avaler l’infâme gruau chaque trois jours, et de subir la morsure des rats, quand ce n’étaient certaines nuit les appétits de quelque porte-clés pochard et puant ?
Je croupissais dans mon cachot depuis la Saint-Barnabé, avec la promesse de la juridiction de ne pas m’en voir sortir avant la Saint-Amédée. Tant de mois de paille, d’humidité et de cafards à cause d’un lapin larciné. Un peu aussi pour me faire les dents sur son râble mais surtout pour en mariner la peau, décoction dont je tirais une colle qui lors mêlée à de la poudre de craie me donnait un excellent apprêt blanc à enduire ma toile vierge.

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Yan Pei Ming

7 juin 2006

nullPeindre…

J’ai toujours Ă©tĂ© intĂ©ressĂ© par la peinture d’après modèle. Mais il est vrai que pendant plusieurs annĂ©es, j’ai plutĂ´t peint des tĂŞtes ou des visages anonymes. Un jour je me suis dit que je passais Ă  cĂ´tĂ© de l’essentiel et j’ai axĂ© mon travail sur le portrait rĂ©el.

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Un certain Leonardo di ser Piero da Vinci

7 juin 2006

nullLa bâtisse était cossue et l’une des grandes dépendances servait d’atelier à un certain Leonardo di ser Piero da Vinci, dit Léonard de Vinci.
Au dĂ©but de l’annĂ©e 1505, mon maĂ®tre Enguerrand Quarton - Ă  qui l’on doit la cĂ©lèbre PietĂ  de Villeneuve-lès-Avignon – m’envoya Ă  Florence afin de lui rendre compte de l’art contemporain italien. Le souffle quasi Ă©teint, mon très vieux maĂ®tre ne voulait point mourir sans qu’on lui rendĂ®t compte de ces Ĺ“uvres oĂą l’art du portrait y excellait ; une fusion, disait-on, unique en son genre, du poids de la tradition et du dessin rĂ©aliste, oĂą transparaissait dans le portrait le vĂ©cu personnel.

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Entre la poire et le fromage

7 juin 2006

null” Non ! Vraiment ! Tu l’as perdu ?
- Si je te le dis…
- Ben ! Commence z’en un autre…
- Avant d’avoir terminé celui-ci ? Jamais. C’est que c’est sacré, un journal.
- Bah ! Ça n’est jamais qu’un bouquin avec des pages blanches…
- Qui ne demandent qu’à être griffées par les mots de ton propre sang, n’oublie jamais ça ! Non, un journal, tu dois aller jusqu’au bout. Le remplacer à mi chemin, ce serait comme si… comme si tu trompais une femme.
- Tu trouves pas que tu pousses le cabochon un peu loin, dis ?
- Un peu… Peut-ĂŞtre… N’empĂŞche… Allez ! PĂ©dale ! “

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Rêvez, rêvez… il en restera toujours quelque chose

6 juin 2006

nullSuite et fin de la nouvelle intitulée : Galerie out, café in

J’accordais à mon manque d’inspiration de se baguenauder sous la férule de mon index qui, pataugeant du rouge au blanc, brisait un à un les ronds sur le stuc que d’anciens culs de verres avaient souillé. Bien que le jour prenait le temps pour ficher son camp, la large vitrine du café jaunissait du dehors, mise en joue par les deux lampadaires du coin de la rue.

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Galerie out, café in

6 juin 2006

nullLa carotte pendouillait au bout de son fil électrique effiloché et clignotait de fatigue. Une pluie de fin de semaine noircissait la façade grise du vieux bistrot. Derrière les vitres embuées, la silhouette du père Michel traînait savates d’une table au zinc, et du zinc à une table ; l’heure était à l’éponge sur le marbre et au vidage des cendriers. J’étais en avance. J’avais préféré arpenter les rues plutôt que piétiner le plancher de l’atelier. Iris venait de s’attaquer à plus de deux milles pages : Les enfants de la Terre… C’est dire que nous n’étions pas encore coucher.

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Ma petite exposition…

6 juin 2006

null… ou le plaisir reçu par qui prend le temps de s’abandonner.

Je me demandais vraiment ce que je faisais là ! À ma droite, le maire finissait de serrer une main, tandis que le photographe l’enjoignait de me coller d’un peu plus près. De l’autre côté, le foulard exhalant un Chanel bon marché, l’amère directrice grimaçait un sourire, désespérée de voir jamais le petit oiseau sortir. Depuis plus d’un quart d’heure, nous étions sur la plus haute marche du dénivelé qui descendait vers le cœur de la galerie.

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