7 + 1 - 2 = 6
7 puis 8 tapisseries NOMBRE ET ORDRE DES TAPISSERIES
En m'appuyant sur les écrits de George Sand et de Prosper Mérimée, je pense que la tenture originelle de La Dame à la Licorne était constituée de 7 tapisseries et l'histoire tissée de Mary Tudor pourrait être reconstituée ainsi : 1- Le Trône n°1 : elle est Reine de France (tapisserie disparue) 2- Le Goût : Mary est reine de France. Confiante, elle envoie quelques perles et diamants à son frère Henry VIII. 3- L'Ouïe : Louis XII est mort. Pendant quarante jours et autant de nuits, Mary, 'Reine Blanche', est cloîtrée à Cluny. 4- La Vue : elle craint son retour en Angleterre. Pour apaiser la colère de son frère, elle lui envoie un diamant, le 'Miroir de Naples'. Elle est assise, non sur un trône, mais sur un banc. 5- L'Odorat : Mary n'est pas enceinte, elle n'est donc plus reine. Elle pleure et défait sa couronne royale. 6- Le Toucher - La Tente (Mon seul désir) : Mary a le pardon de son frère. Elle peut regagner l'Angleterre. Elle attend à Calais le bateau pour Douvres. C'est l'instant de formuler son désir, celui de Mary, celui d'Antoine Le Viste, et pourquoi pas celui du peintre, comme une conclusion (selon le principe de réalité) et un espoir (selon le principe de plaisir). Deux remarques qui désignent l'accomplissement d'un cycle : Mary porte une robe rouge comme celle qu'elle portait à son arrivée à Abbeville et le collier qu'elle dépose dans le coffre est celui qui orne son cou dans Le Goût, première tapisserie de notre série. C'en est bien fini ! 7- Le Trône n°2 : elle est Duchesse-Reine ; duchesse de Suffolk et reine-douairière de France. (tapisserie disparue)
Il faudrait, aujourd'hui, retisser ces deux tapisseries qui nous manquent tant !
Au
Moyen Âge, les sens étaient hiérarchisés :
Composition
savamment réfléchie : Les
pièces où Mary est assise sont réparties harmonieusement
en 1, 4 et 7, | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
M A R Y |
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Le
Goût | L'Ouïe | La
Vue | L'Odorat | Le
Toucher | |
C L A U D E
| ![]() | ![]() | Contentement et tristesse --------- Qui sourit ? Qui pleure ? Et pourquoi ? | ![]() | ![]() |
La 8ème tapisserie, que j'appellerai Pavie, où Mary est absente, actuellement nommée Le Toucher n'est dessinée et tissée qu'après 1525. Cette pièce surnuméraire évoque la défaite française de Pavie, les menaces d'invasion de la France et la grande colère d'Antoine Le Viste et de ses amis politiques. Antoine et le peintre répondent avec cette tapisserie méprisante pour le roi, ancien captif et parjure. Je pense que le même artiste (Jean Perréal ?) a conçu quatre séries de tapisseries fort célèbres : La Chasse à la Licorne des Cloisters à New York, La Dame à la Licorne de Cluny, L'Histoire de Persée d'une collection privée et Les Femmes illustres (ou vertueuses) du Boston Museum of Fine Arts.
Dessins de Maurice Sand (reproduits à l'envers) Pourquoi ces deux tapisseries que je persiste à nommer Trônes ont-elles disparues ? Dans tous les cas, il ne s'agit que de raisons essentiellement humaines : bêtise crasse, manque d'intelligence, inculture et ignorance de l'importance artistique, historique de cette tenture. Distinguons
des raisons 'matérielles' : Distinguons
aussi des raisons 'idéologiques' :
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Helmut
NICKEL, conservateur des armes et armures
au Metropolitan Museum of Art de New York écrit en
1984 : " In designing a set of
tapestries an odd number would lend itself more naturally to a symmetrical arrangement
than an even one." Soit : "Lors de la conception
d'un ensemble de tapisseries, un nombre impair se prête plus naturellement
à une disposition symétrique. " Un parallèle avec la tenture de La Chasse à la licorne (peut-être du même artiste) fournira une autre solution plus acceptable par tous. Il saute aux yeux que la tenture des Cloisters est formé de deux ensembles : 5 tapisseries centrales relatant la chasse à la licorne et la Passion christique : elles sont de même style et forment assurément un tout homogène, ce que soulignent les critiques. Les deux tapisseries extrêmes, de style différent, ont été ajoutées plus tard et leur interprétation les intègrent bien dans le récit de la Passion. Peut-être en est-il de même avec La Dame à la licorne : une tenture initiale de 5 tapisseries sur le thème affiché des Cinq Sens (en réalité la part française de la vie de la reine de France, Mary d'Angleterre) ; puis une sixième tapisserie, dix ans plus tard, du même style, pour évoquer la défaite de Pavie et la colère d'Antoine Le Viste et de l'artiste. Dans les deux cas, la modalité initiale du nombre impair demeure. Helmut
NICKEL, "About the Sequence of the Tapestries in The Hunt of the Unicorn
and The Lady with the Unicorn", Metropolitan Museum of Art Journal,
n° 17, 1984, pp. 9-14
Le château de Boussac (Creuse)
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