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La théologie pratique. Analyses et prospectives, Élisabeth Parmentier (dir.), Presses Universitaires de Strasbourg, 2008, 317 p., 20€.
Les enseignant(e)s-chercheur(e)s en théologie pratique de la Faculté de Théologie Catholique et de la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Strasbourg, réunis dans le «Groupe de recherche en théologie pratique et herméneutique»(GREPH), ont conçu un ouvrage destiné à clarifier les enjeux méthodologiques et épistémologiques concernant la théologie pratique. Cette jeune discipline n’est souvent considérée que comme une application de la théologie pour la vie en Église, ou comme un simple lien entre les disciplines. Son lieu épistémologique propre ici affirmé est l’analyse des pratiques de la religion chrétienne dans ses multiples expressions, et la réflexion concernant la communication de l’Évangile dans le monde contemporain. Elle a en vue une critique réciproque et prospective de la théologie et de ses lieux de mise en œuvre.
L’équipe de 10 auteurs se compose des enseignant(e)s-chercheur(e)s en théologie pratique d’une même université mais de théologie protestante et de théologie catholique, dans le souci de montrer comment fonctionne une communauté de recherche dans un contexte précis, la théologie pratique étant contextuelle et marquée par la culture.
La première partie explore les enjeux méthodologiques à partir des lieux-clé que sont: les analyses des pratiques, l’expérience comme interrogation, la corrélation comme nouage, l’herméneutique biblique. La seconde partie montre les évolutions dans quelques chantiers représentatifs de la théologie pratique, en présentant un état de la recherche au passage du 20è au 21è siècle. Deux chapitres à chaque fois se présentent en regard l’un de l’autre, avec une approche protestante et une approche catholique: la «postmodernité»en perspective protestante, et ses répercussions sur le croire dans un pays traditionnellement catholique; la direction spirituelle dans ses évolutions catholiques et l’accompagnement pastoral protestant; les fondements liturgiques catholiques et la ritualité sous l’angle protestant; les évolutions catéchétiques contemporaines et la catéchèse d’initiation catholique. Le dernier chapitre se présente en solitaire. Portant sur la diaconie, il se situe à la charnière entre le travail théologique et l’engagement social, l’Église ouvrant sur un horizon non ecclésial. L’ouvrage est dédié à Bernard Kaempf, décédé le 15 juin 2008, auteur de deux chapitres et directeur d’une Introduction à la théologie pratique qui fut en 1997 un ouvrage de référence pour la discipline en francophonie.
Liste des auteurs: Gilbert Adler, Christine Aulenbacher, Denis Fricker, Richard Gossin, Isabelle Grellier, Bernard Kaempf, Robert Moldo, Elisabeth Parmentier, Alain Roy, François Wernert.
Élisabeth Parmentier, Michel Deneken, Catholiques et protestants, théologiens du Christ au XXè siècle, Paris, Mame-Desclée, coll. Jésus et Jésus-Christ N°96, 2009, 565 p, 38,50 €.
En 1977 fut inaugurée la collection «Jésus et Jésus-Christ», destinée à la recherche en christologie, dirigée par le Professeur Joseph Doré, qui deviendra archévêque de Strasbourg. Cette collection s’est illustrée par de nombreuses études de spécialistes mettant à la disposition des étudiants et des chercheurs la pensée christologique d’auteurs très divers. Cet ouvrage propose un parcours différent, en exposant dix «tandems»de théologiens protestants-catholiques, organisés selon un ordre chronologique: A. Schweitzer-R. Guardini; K. Barth-H. Urs von Balthasar; R. Bultmann-K. Rahner; G. Ebeling-L. Bouyer; W. Pannenberg-W. Kasper; D. Sölle-E. Schillebeeckx; E. Jüngel-A. Gesché; J. Moltmann-J. Ratzinger; J.H Cone-L. Boff; G. Theissen-J. Moingt.
Les deux auteurs, chacun étant rédacteur pour sa propre tradition ecclésiale, n’ont pas recherché la convergence œcuménique. Les lecteurs sont invités à découvrir dans le côte-à-côte comment et où les «signes des temps»permettent aux intuitions de ces grands théologiens de se rejoindre ou de tracer des sillons très personnels. Chaque théologien est présenté à partir de son expérience biographique, au fil des textes qui dans son œuvre portent sur la christologie, et l’apport est illustré par un texte original. L’ouvrage est d’introduction, apéritif à une découverte à approfondir.
La collection «Jésus et Jésus-Christ»est sur le point d’aboutir au centième volume. Le Directeur et l’éditeur projettent de publier les résultats d’un double colloque, dont une partie, à l’Université de Strasbourg, sera consacrée à «Jésus», les 18 et 19 novembre 2010, une autre à la Faculté de théologie catholique de Paris, étudiant «Christ», le 23-24 mars 2011.
Michel Deneken, Élisabeth Parmentier, Pourquoi prêcher. Plaidoyers catholique et protestant pour la prédication, Genève, Labor et Fides, coll. Pratiques N°25, 2010, 272 p.
La prédication a-t-elle encore une pertinence, dans un monde de multiples «paroles»plus médiatiques et plus attrayantes? Les auteurs plaident pour cette occasion qui permet de parler publiquement de Dieu, de manière personnelle, en formulant les questions et les besoins de reconnaissance et d’espérance des auditeurs contemporains. Après un état des lieux de la recherche homilétique luthéro-réformée et catholique depuis les années 1990, sont posées les questions auxquelles se voit confronté chaque prédicateur: qu’est-ce que prêcher? Qui prêche? À qui? Une partie prospective finale présente des propositions pour une véritable actualité de la «bonne nouvelle»et conclut sur les lieux d’accord et de désaccord. La double perspective, catholique et protestante, ne vise pas à une homilétique indifférenciée, mais rééquilibre les tendances de chaque tradition. M. Deneken dément le préjugé que l’homélie catholique ne serait que l’antichambre du sacrement, en montrant comment l’Église catholique a développé le souci de la proclamation de la parole évangélique. É. Parmentier veut échapper à la prédication comme rite ou parole explicative-catéchétique, pour renouer avec sa dynamique performative.
L’éditeur Labor et Fides multiplie actuellement les efforts pour offrir au lectorat francophone une réception de la recherche homilétique. Après la traduction de l’Américain Fred Craddock Prêcher (coll. Pratiques N°4, 1991) et de l’homilétique de Bonhoeffer (La Parole de la prédication, N°8, 1992), l’étude de Bernard Reymond De vive voix. Oraliture et prédication (N°18, 1998), il vient de publier une traduction de l’Américain Thomas Long (Pratiques de la prédication, N°24, 2009), qui constitue un complément pratique à ce volume N°25.
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