Préparer un BTS par apprentissage en Ardèche Nous avons rencontré Marie-Julie LLANAS, apprentie, qui prépare son BTSA ACSE (Gestion Production) chez Vivarais Formation à Tournon sur Rhône et Cédric TRAVERSIER, son maître d’apprentissage et agriculteur à Plats dans l’Ardèche. Ils ont bien voulu répondre à nos questions. Marie Julie, quel est votre parcours scolaire ? Après un Bac S et deux ans de faculté de Biologie/Chimie à Valence, je ne trouvais pas ma voie, le milieu agricole m’attirait, aussi j’ai décidé de tenter un BTS, et me voila en train de préparer un ACSE en apprentissage au GAEC Traversier. Pourquoi l’apprentissage ? Je ne suis pas issue du milieu agricole et l’apprentissage m’a permis de venir sur le terrain, de me rendre compte sur place des conditions de travail et ainsi de connaître et approfondir le métier d’agriculteur. En plus, je mets ainsi en pratique ce que nous enseignent les « profs ». Quels sont les avantages de l’apprentissage ? Comme mon maître d’apprentissage appartient à un GAEC où plusieurs productions sont présentes, j’ai pu appréhender ces trois productions (NDLR : productions d’œufs, porcs naisseurs engraisseur et bovin lait), j’ai aussi pu travailler avec les trois personnes responsables de chaque atelier, même si j’ai plus passé de temps sur l’élevage bovin, j’ai découvert d’autres choses. L’apprentissage permet aussi de découvrir toutes les facettes du métier d’agriculteur, l’organisation, la gestion, les techniques propres à chaque atelier, la conduite du matériel. Cela donne du sens à la formation théorique que l’on reçoit chez Vivarais Formation. Sans oublier le côté pécuniaire, je suis salariée, je perçois un salaire ce qui m’a donné de l’indépendance. Et quels sont les inconvénients de l’apprentissage ? Pour moi, c’est le retour d’alternance en centre, les semaines sur l’exploitation me plaisent et, lorsqu’il s’agit de revenir à des horaires scolaires, il me faut me réadapter! Marie-Julie entre son maître d’apprentissage et son professeur 
Cédric, le fait d’avoir, vous aussi, « pratiqué » l’apprentissage vous a-t-il aidé dans votre décision ? Très certainement, même si mon apprentissage s’est déroulé d’une façon, disons plus familiale, à la reprise de l’atelier porcs, le GAEC familial avait besoin de main-d’œuvre aussi j’ai effectué mon apprentissage à la maison. Lorsque Marie-Julie nous a interrogés, nous avons réfléchi et nous avons décidé de la prendre en contrat d’apprentissage. Quels sont pour vous, maître d’apprentissage, les avantages de l’apprentissage ? Même si c’est une personne qui travaille sur l’exploitation, à un coût moindre, nous pensons que c’est une façon intéressante de connaître et d’apprendre le métier et, si l’apprenti est motivé, et Marie-Julie l’est, c’est un plaisir de faire découvrir le métier d’agriculteur et d’aborder avec elle l’aspect économique de nos différents ateliers de production. Nous avons essayé de lui montrer les trois productions du GAEC, il est vrai que nous n’avons pas eu le temps d’approfondir chaque secteur, mais à la fin de l’apprentissage Marie-Julie aura déjà une bonne approche globale de mon métier. Et les inconvénients de l’apprentissage ? Un peu comme pour Marie-Julie, c’est l’organisation du travail par quinzaine (ou par semaine) et le va-et-vient de l’apprenti entre le travail sur l’exploitation et le centre. Lorsque Marie-Julie est au centre, avec une personne en moins il faut réorganiser les tâches de chacun. Cependant cette première expérience s’est bien déroulée et si l’apprenti est content c’est l’essentiel, nous sommes prêts à renouveler cette pratique. Donnons la parole à la responsable de formation, Christine Chabanas. Marie-Julie et Cédric, son maître d’apprentissage, ont abordé l’essentiel. Faire un BTSA ACSE (Gestion Production) en alternance (par apprentissage) est un exercice pas toujours facile : il faut passer de la théorie à la pratique, se remettre « dans le bain » à chaque fois qu’on revient au centre ou sur l’exploitation. Il n’y a plus de « vacances scolaires » mais seulement quelques semaines par an comme les autres salariés. Mais c’est aussi le gage d’une expérience professionnelle valorisante sur un CV (2 ans de contrat de travail). Une rémunération progressive sur les deux ans : en moyenne un peu plus de 600 € par mois. La gratuité des études et de nombreux avantages offerts par le statut d’apprenti et, surtout, l’acquisition en plus du diplôme de réelles compétences professionnelles. Marie-Julie est bien partie pour réussir son BTS : la moitié de l’examen s’obtient en Contrôle Continu au cours des 2 ans. Son projet professionnel avance et, surtout, elle sait qu’elle peut compter après son contrat d’apprentissage sur l’expérience que lui a transmise Cédric. Quand peut-on vous contacter sur l’apprentissage ? Dans le cadre de la semaine de l’apprentissage, organisée par la région Rhône Alpes; du 25 au 29 mars prochain, Vivarais Formation organise une après midi « Portes ouvertes, découverte de l’apprentissage » et des filières proposées par l’établissement de Tournon-sur-Rhône le mercredi 26 mars à partir de 14 heures ainsi que le samedi 17 mai. C’est l’occasion de rencontrer les formateurs mais également les apprentis en BTS. N’hésitez pas à venir, contactez nous au 04 75 07 14 50 ou sur http://www.vivarais-formation- eap.org. Avec Vivarais Formation, optez pour l’apprentissage. Conditions pour être maître d’apprentissage La Chambre d’Agriculture dispose désormais d’un service en charge d’informer les agriculteurs, d’instruire et de valider l’aspect administratif d’un contrat d’apprentissage. Pour être maître d’apprentissage, il y a d’abord des conditions administratives de diplôme et d’expérience imposées par la loi. L’accueil d’un apprenti requiert pour l’Entreprise la désignation d’un maître d’apprentissage, le tuteur, qui peut être le chef d’exploitation. L’employeur est réputé remplir la condition de compétence professionnelle si : • il est titulaire d’un diplôme ou d’un titre professionnel correspondant à la finalité du titre préparé par l’apprenti et d’un niveau au moins équivalent ; ET • il peut justifier de 3 années d’exercice d’une activité professionnelle en relation avec la qualification préparée par l’apprenti. OU • il peut justifier d’un niveau minimal de qualification déterminée par le comité départemental de la formation professionnelle, de la promotion sociale et de l’emploi ; ET • il a exercé durant 5 années une activité professionnelle en relation avec la qualification préparée par l’apprenti. Par ailleurs, il y a des qualités essentielles à avoir : écoute, diagnostic, pédagogie, rigueur, lien avec la théorie en centre. Une formation de une journée est même proposée chaque année aux tuteurs afin qu’ils développent ces qualités : accueillir, accompagner et évaluer son apprenti. |